Gil­bert Ro­zon et Juste pour rire pour­sui­vis

Un ar­chi­viste congé­dié leur ré­clame 732 000 $

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - MI­CHAËL NGUYEN

Un ar­chi­viste de Juste pour rire congé­dié après que Gil­bert Ro­zon a ven­du le groupe, dans la fou­lée du mou­ve­ment #MoiAus­si, a in­ten­té une pour­suite de 732 000 $ contre l’en­tre­prise et l’an­cien ma­gnat de l’hu­mour.

« Le congé­die­ment illi­cite et fau­tif [...] a eu un ef­fet trau­ma­ti­sant », af­firme An­dré Glout­nay dans la pour­suite ci­vile ren­due pu­blique hier au pa­lais de jus­tice de Mon­tréal.

M. Glout­nay est un ar­chi­viste qui était em­ployé par Juste pour rire de­puis 1993. Son tra­vail était si ap­pré­cié qu’en 2004, il avait si­gné avec Ro­zon un en­ga­ge­ment afin d’être em­ployé à vie par le Groupe Juste pour rire.

Sauf que tout a chan­gé en 2017, quand des al­lé­ga­tions d’in­con­duites sexuelles, dans la fou­lée du mou­ve­ment de dé­non­cia­tions #MoiAus­si, sont tom­bées sur la tête de Ro­zon. Un an plus tard, l’en­tre­prise était ven­due.

M. Glout­nay a pu conti­nuer son tra­vail, mais en fé­vrier 2019, la nou­velle di­rec­tion l’au­rait congé­dié sous pré­texte qu’il « ne ca­drait plus dans l’or­ga­ni­sa­tion ac­tuelle ».

Se­lon le do­cu­ment de cour, M. Glout­nay s’est fait of­frir l’équi­valent d’une an­née de sa­laire, des in­dem­ni­tés de va­cances ain­si que les ser­vices d’une firme de pla­ce­ment et tran­si­tion de car­rière, entre autres.

Sauf que cette offre n’était pas sa­tis­fai­sante pour l’ar­chi­viste, qui vou­lait gar­der son em­ploi. Il dit avoir mon­tré l’en­tente avec Ro­zon, mais sans suc­cès.

RES­PON­SA­BI­LI­TÉ NIÉE

« Juste pour rire a nié toute res­pon­sa­bi­li­té quant à l’en­ga­ge­ment dé­cou­lant de cette conven­tion », peut-on lire dans la pour­suite ci­vile.

Il ré­clame donc au tri­bu­nal d’or­don­ner sa ré­in­té­gra­tion dans le groupe Juste pour rire, ain­si que 50 000 $ en dom­mages mo­raux. Mais si Juste pour rire re­fuse, il ré­clame alors 732 000 $ de dé­dom­ma­ge­ments pour perte de sa­laire jus­qu’à ce qu’il at­teigne l’âge de la re­traite.

À moins d’un rè­gle­ment à l’amiable, l’af­faire se­ra pré­sen­tée de­vant un juge dans les pro­chaines se­maines.

GIL­BERT RO­ZON Pour­sui­vi

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