COM­BATTRE LE VIH PAR LES AN­TI­CORPS

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS -

C’est une étude de phase 1 et on a ob­ser­vé que les pa­tients pou­vaient vivre au moins 15 se­maines sans mé­di­ca­ments après l’in­jec­tion d’an­ti­corps. Notre ob­jec­tif à long terme, ça se­rait de pou­voir don­ner aux pa­tients une in­jec­tion tous les 6 mois et qu’ils n’aient be­soin de rien d’autre.

DR DA­NIEL E. KAUF­MANN

Une étude pu­bliée lun­di dans Na­ture Me­di­cine par une équipe in­ter­na­tio­nale comp­tant des cher­cheurs du CHUM ins­talle les bases d’un nou­veau trai­te­ment par an­ti­corps pour les gens qui vivent avec le VIH. En ces­sant le trai­te­ment an­ti­ré­tro­vi­ral ac­tuel (une pi­lule par jour) pour le rem­pla­cer, du­rant une cer­taine pé­riode, par un trai­te­ment d’an­ti­corps, on per­met aux pa­tients de vivre sans le vi­rus du­rant plu­sieurs se­maines, alors que le trai­te­ment ac­tuel im­plique que des « ré­ser­voirs vi­raux la­tents » sont dans le corps en per­ma­nence.

TRAI­TE­MENT PAR AN­TI­CORPS AN­TI-VIH

1. In­jec­tion d’une com­bi­nai­son de deux an­ti­corps an­ti-VIH. Ceux-ci s’at­ta­que­ront dé­sor­mais au vi­rus qui n’est plus li­mi­té par le trai­te­ment an­ti­ré­tro­vi­ral.

2. Les lym­pho­cytes T « CD4 » et « CD8 », des glo­bules blancs, ré­pondent spé­ci­fi­que­ment au VIH et le com­battent. En l’ab­sence du trai­te­ment an­ti­ré­tro­vi­ral, le ni­veau d’ac­ti­vi­té de ces lym­pho­cytes T aug­mente au cours de la pé­riode de trai­te­ment avec les an­ti­corps.

3. Contrai­re­ment aux mé­di­ca­ments, les an­ti­corps ne font pas que blo­quer le vi­rus, ils in­ter­agissent aus­si avec le sys­tème im­mu­ni­taire en lui don­nant des mu­ni­tions pour que le vi­rus ne ré­ap­pa­raisse pas tout de suite. Ré­sul­tat : même après plu­sieurs se­maines sans in­jec­tion ni mé­di­ca­ments, la quan­ti­té de vi­rus dans le sang des pa­tients est ré­duite à un ni­veau in­dé­tec­table.

TRAI­TE­MENT AN­TI­RÉ­TRO­VI­RAL AC­TUEL

La pi­lule prise chaque jour par les per­sonnes qui vivent avec le VIH per­met au vi­rus de de­meu­rer la­tent (en­dor­mi).

L’étude in­ter­na­tio­nale re­groupe des cher­cheurs du CHUM, Ju­lia Niessl et Da­niel E. Kauf­mann, et d’autres de la Ro­cke­fel­ler Uni­ver­si­ty (États-Unis) et de l’Uni­ver­si­té de Co­logne (Al­le­magne).

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