Pour­quoi nous sur­veillons IQ

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS -

Le mi­nistre de l’Éco­no­mie Pierre Fitz­gib­bon a sem­blé vexé, cette se­maine, de nos re­por­tages sur l’in­ves­tis­se­ment de 30 M$ de fonds pu­blics au­quel il a don­né le feu vert dans Flying Whales, un pro­jet de di­ri­geables très in­cer­tain.

Mar­di, il a même re­mis en ques­tion la qua­li­té de notre tra­vail jour­na­lis­tique, en en­tre­vue au FM93 à Qué­bec.

« Fau­drait lire des vrais ar­ticles. […] Peut-être qu’il faut lire autre chose que Le Jour­nal de Qué­bec aus­si », a-t-il lan­cé.

Le ma­tin même, notre

Bu­reau par­le­men­taire à l’As­sem­blée na­tio­nale et notre Bu­reau d’en­quête ré­vé­laient que plu­sieurs ex­perts dou­taient de la via­bi­li­té du pro­jet de di­ri­geables.

Notre re­por­tage mon­trait éga­le­ment que les Qué­bé­cois ont payé trois fois plus cher qu’un par­te­naire d’af­faires chi­nois pour la même par­ti­ci­pa­tion dans le pro­jet.

Ces in­for­ma­tions n’ont pas été dé­men­ties par le gou­ver­ne­ment Le­gault. Est-ce que nous au­rions dû nous abs­te­nir de les pu­blier ?

NOTRE RÔLE

De­puis l’ap­pa­ri­tion des ré­seaux so­ciaux comme Fa­ce­book et Twit­ter, nos élus n’ont plus be­soin des jour­naux et de la té­lé­vi­sion pour trans­mettre « leurs bonnes nou­velles ».

Vous avez en­vie de n’en­tendre par­ler que des bons coups du gou­ver­ne­ment du Qué­bec ? Al­lez faire un tour sur la page Fa­ce­book de Fran­çois Le­gault ou de n’im­porte quel de ses mi­nistres, et vous se­rez ser­vis.

C’est de bonne guerre qu’ils vantent leurs pro­jets et leurs réus­sites, comme le font tous les po­li­ti­ciens.

Mais vous convien­drez que ce n’est pas l’idéal pour avoir un por­trait ob­jec­tif de la si­tua­tion. Voi­là pour­quoi le rôle des jour­na­listes pro­fes­sion­nels comme ceux du Jour­nal de Mon­tréal et du Jour­nal de Qué­bec est es­sen­tiel. Au XXIe siècle, les mé­dias sé­rieux et cré­dibles sont au mieux lors­qu’ils jouent leur rôle de chien de garde de la dé­mo­cra­tie. Lors­qu’ils mettent en lu­mière des in­for­ma­tions que cer­tains pré­fé­re­raient ne pas vous mon­trer.

Dans le cas de Flying Whales, il y a ma­ni­fes­te­ment plu­sieurs ques­tions in­quié­tantes, et c’était notre de­voir de les sou­le­ver.

CA­NARDS BOITEUX

Nous nous sommes éga­le­ment in­té­res­sés, de­puis quelques mois, aux « ca­nards boiteux » qué­bé­cois, sept gros pro­jets ris­qués fi­nan­cés avec des fonds pu­blics, comme la mine de dia­mants Stor­no­way

et l’avion CSe­ries de Bom­bar­dier.

Là en­core, au­rions-nous dû re­gar­der ailleurs ? Ab­so­lu­ment pas, et le temps nous a don­né rai­son. Lun­di, notre jour­na­liste Jean-Fran­çois Cloutier rap­por­tait que trois des sept ca­nards boiteux iden­ti­fiés en juin der­nier s’étaient de­puis pla­cés à l’abri de leurs créan­ciers.

Sou­hai­tons que le pro­jet de di­ri­geables Flying Whales ne se dé­gonfle pas. Pierre Fitz­gib­bon le croit « très struc­tu­rant pour le Qué­bec » et « po­ten­tiel­le­ment ex­tra­or­di­naire ». Il faut le croire sur pa­role, car il re­fuse de nous mon­trer les plus ré­centes ana­lyses.

Le gou­ver­ne­ment du Qué­bec a été très clair, lun­di der­nier, dans sa vo­lon­té de dis­tri­buer en­core plus de mil­liards et de prendre en­core plus de risques via

In­ves­tis­se­ment Qué­bec (IQ).

L’or­ga­nisme se­ra comme un gros plat de bon­bons. Des mil­liers d’en­tre­pre­neurs vou­dront leur part.

Comp­tez sur nous pour sur­veiller qui pi­ge­ra dans le plat de bon­bons. Je vous in­vite donc à lire, en page 31, la nou­velle chro­nique du di­rec­teur de la re­cherche de l’Agence QMI, Jean-Fran­çois Gi­beault, pour sa­voir à qui pro­fite votre ar­gent.

Jean-Louis For­tin Di­rec­teur du Bu­reau d’en­quête

PHO­TO COUR­TOI­SIE

Une image du di­ri­geable Flying Whales, dont il n’existe au­cun pro­to­type.

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