Le Ca­na­da : un pays hos­tile au Qué­bec

Le Journal de Montreal - - OPINIONS - MA­THIEU BOCK-CÔ­TÉ Blo­gueur au Jour­nal So­cio­logue, au­teur et chro­ni­queur ma­thieu.bock-cote @que­be­cor­me­dia.com @mbo­ck­cote

On a beau­coup par­lé, ces der­niers jours, de la contes­ta­tion de la loi 21 par la En­glish-Mon­treal School Board et de son fi­nan­ce­ment illé­gal par le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral, à tra­vers le pro­gramme de contes­ta­tion ju­di­ciaire – un fi­nan­ce­ment que la contro­verse a pous­sé la EMSB à re­fu­ser.

Plu­sieurs, et par­mi ceux-là, Fran­çois Le­gault, ont ac­cu­sé Jus­tin Tru­deau d’in­sul­ter les Qué­bé­cois. D’autres ont sou­te­nu que Jus­tin Tru­deau n’avait pas grand-chose à faire avec cette dé­ci­sion, car le pro­gramme se­rait « in­dé­pen­dant » – une telle af­fir­ma­tion mé­ri­te­rait tou­te­fois bien des nuances, no­tam­ment qu’il est idéo­lo­gi­que­ment très orien­té.

TRU­DEAU

Que Jus­tin Tru­deau soit per­son­nel­le­ment res­pon­sable de cette contes­ta­tion im­porte peu. L’es­sen­tiel est ailleurs. Ce qu’il nous faut plu­tôt re­con­naître, c’est que le ré­gime fé­dé­ral en lui-même, avec ou sans Jus­tin Tru­deau, est fon­da­men­ta­le­ment hos­tile à l’af­fir­ma­tion du Qué­bec. Il le sou­met à une cons­ti­tu­tion qu’il n’a pas si­gnée, à une Charte des droits qui en­gendre un gou­ver­ne­ment des juges an­ti­dé­mo­cra­tique et à l’idéo­lo­gie mul­ti­cul­tu­ra­liste, qui nous dia­bo­lise et nous ré­duit au sta­tut de mi­no­ri­té eth­nique dans le Ca­na­da plu­riel.

Le Ca­na­da est un pays fon­da­men­ta­le­ment hos­tile au peuple qué­bé­cois. Il pousse à sa dis­so­lu­tion po­li­tique et à sa mar­gi­na­li­sa­tion dé­mo­gra­phique.

Rien de ce qui se passe, ac­tuel­le­ment, n’est sur­pre­nant. La grande ver­tu de la loi 21, à cer­tains égards, est de rap­pe­ler aux Qué­bé­cois une vé­ri­té qu’ils vou­laient ou­blier : le Qué­bec peut bien se faire croire qu’il est libre de dé­ci­der pour lui-même dans le cadre fé­dé­ral, c’est faux.

FÉDÉRALISM­E

Il doit se dé­ployer dans l’es­pace qu’on lui concède. Di­sons-le clai­re­ment : il est po­li­ti­que­ment sou­mis à Ot­ta­wa.

Et si, tôt ou tard, la Cour su­prême dé­cide de sus­pendre la loi 21, il n’au­ra plus beau­coup de cartes dans son jeu. Il y a un prix à payer à ne pas être in­dé­pen­dant.

Que fe­ra alors Fran­çois Le­gault ?

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