ENTRE BONNES MAINS

Le couple qui hé­berge Alexis La­fre­nière veille à ce qu’il ne manque de rien

Le Journal de Montreal - - SPORTS - MARC DE FOY

RI­MOUS­KI | Alexis La­fre­nière loge en pen­sion chez Louis Kha­lil et Na­tha­lie Gau­thier. Ses tu­teurs sont da­van­tage té­moins de son dé­ve­lop­pe­ment que son père Hu­go et sa mère Na­tha­lie Ber­trand. Ils veillent après tout sur lui de 9 à 10 mois par an­née de­puis trois ans.

Les deux couples ont des en­fants. Les pa­rents de La­fre­nière ont aus­si une fille, Lo­ri-Jane, qui est âgée de 20 ans.

M. Kha­lil et Mme Gau­thier ont deux filles, Alexan­dra, 26 ans, et Lau­rence, 22 ans. Elles vivent à Qué­bec et à Sher­brooke. Ils ont aus­si un gar­çon, Charles, qui est éta­bli à Ri­mous­ki.

COMME SON PÈRE

Comme tous pa­rents qui voient leur en­fant quit­ter la mai­son à un jeune âge pour al­ler vivre à l’ex­té­rieur, Hu­go La­fre­nière et Na­tha­lie Ber­trand étaient ap­pré­hen­sifs lorsque leur fils est par­ti pour Ri­mous­ki.

« Pour re­prendre les pa­roles d’Hu­go, tu es son père, m’avait-il dit au dé­but », ra­conte M. Kha­lil.

« On a tou­jours agi avec Alexis comme si c’était notre en­fant qui se re­trou­vait dans une fa­mille à 600 ki­lo­mètres de chez nous. C’est comme ça que l’on vou­drait que ça se passe si c’était notre cas. »

« On le traite comme notre gar­çon, à la seule dif­fé­rence que je ne suis pas sa mère », ajoute Mme Gau­thier.

CONCI­LIER ÉTUDES ET HOCKEY

La mère d’Alexis La­fre­nière, qui est ins­ti­tu­trice de pre­mière an­née, s’en fai­sait pour ses études. Mais elle a été ras­su­rée en ap­pre­nant que Mme Gau­thier est elle-même en­sei­gnante, elle de cin­quième an­née.

« Ce n’était pas évident au dé­but, car Alexis re­ce­vait ses cours par correspond­ance », men­tionne Mme Gau­thier.

« Mais l’Océa­nic a en­ga­gé un conseiller pé­da­go­gique pour les joueurs. »

Même si M. Kha­lil est ac­tion­naire de l’équipe, sa conjointe et lui n’avaient ja­mais hé­ber­gé de joueur avant La­fre­nière. Ils es­ti­maient que la si­tua­tion ne s’y prê­tait pas quand leurs filles vi­vaient à la mai­son.

« Il ne faut pas créer des pro­blèmes là où il n’y en a pas », in­voque M. Kha­lil sous le re­gard rieur de son épouse.

BONNE SY­NER­GIE

Ges­tion­naire de por­te­feuille à la Fi­nan­cière Banque Na­tio­nale, M. Kha­lil pré­side la Fon­da­tion des dons ma­jeurs du Centre hos­pi­ta­lier ré­gio­nal de Ri­mous­ki en plus d’être pré­si­dent­fon­da­teur de la Fon­da­tion Er­nest-Si­mard, qui vient en aide aux en­fants dé­mu­nis de Ri­mous­ki et de Ma­tane ain­si que d’Afrique, où l’ab­bé Si­mard a oeu­vré pen­dant plu­sieurs an­nées.

Lorsque le président de l’Océa­nic, Éric Bou­cher, a son­dé l’in­té­rêt du couple pour lo­ger La­fre­nière, ce­lui-ci s’est in­for­mé sur le jeune ado­les­cent qu’il était alors. Mme Ber­trand ne vou­lait pas d’un jeune ar­ro­gant.

« Il ne faut pas être comme ça, pense M. Kha­lil. Car lorsque tu vas tra­ver­ser une lé­thar­gie, les par­ti­sans ne te le par­don­ne­ront pas. Si tu agis bien avec les gens, ils vont te dire de ne pas lâ­cher et ils vont t’en­cou­ra­ger à per­sé­vé­rer. »

La connexion s’est faite tout de suite entre les deux couples. Ils sont de­ve­nus bons amis et soupent en­semble chaque fois que les pa­rents de La­fre­nière vi­sitent leur gar­çon.

« Lors de notre pre­mière dis­cus­sion, ses pa­rents nous ont dit qu’ils avaient éle­vé Alexis à leur ma­nière et qu’il en irait de même pour nous », dit M. Kha­lil.

« Alexis a dû s’adap­ter à nous et on a dû s’adap­ter à lui. »

B­TI POUR CE QUI L’AT­TEND

Le jeune a évo­lué.

« Alexis a ga­gné gran­de­ment en ma­tu­ri­té men­tale et phy­sique entre 17 et 18 ans », in­dique M. Kha­lil.

« Il est fait pour ce qui l’at­tend. Je n’ai pas une grande ex­pé­rience en ma­tière de pres­sion dans le sport. Mais je re­garde Alexis au quo­ti­dien et je pense qu’il est ca­pable d’en prendre.

« Je ne l’ai ja­mais vu par­tir pour l’aré­na sans un sou­rire au vi­sage. »

« Il est tel­le­ment content », ren­ché­rit Mme Gau­thier.

« Il a en­core une belle naï­ve­té », dit-elle aus­si.

Est-il aus­si ti­mide qu’il en a l’air ?

« Ce n’est pas le plus ja­sant, mais je res­pecte ça », ré­pond-elle.

« Notre gar­çon a fran­chi les mêmes étapes. Il ne faut pas ou­blier qu’il est un jeune adulte. Il aime être en bas (au sous-sol) dans ses af­faires. On com­prend ça. Charles était pa­reil à cet âge. Alexis n’est pas dif­fé­rent des autres. »

UN GRAND MO­MENT À VIVRE

Comme tout le monde, le couple Kha­lil-Ber­trand a hâte de voir où La­fre­nière va évo­luer dans la Ligue na­tio­nale. Il vit l’aven­ture de l’in­té­rieur, au même titre que la fa­mille du jeune sur­doué.

Le couple se­ra aux cô­tés des pa­rents de La­fre­nière lors de la pre­mière ronde du re­pê­chage de la Ligue na­tio­nale en juin au Centre Bell. Il pro­jette aus­si d’as­sis­ter au pre­mier match de La­fre­nière dans la Ligue na­tio­nale.

PHO­TO MAR­TIN CHE­VA­LIER

Na­tha­lie Gau­thier et Louis Kha­lil s’oc­cupent d’Alexis La­fre­nière comme s’il s’agis­sait de leur propre gar­çon.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.