Loi 40 : les baguettes en l’air

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - RI­CHARD MARTINEAU ri­[email protected]­be­cor­me­dia.com

Je me mets dans la peau du ci­toyen moyen.

Qui voit-il chia­ler contre la loi 40, à lon­gueur de jour, à la té­lé ?

Syl­vain Ma­lette, de la Fé­dé­ra­tion au­to­nome de l’en­sei­gne­ment (FAE), et Ca­the­rine Ha­rel-Bour­don, de la Com­mis­sion sco­laire de Mon­tréal (CSDM).

Et vous sa­vez ce qu’il se dit, le ci­toyen moyen ?

« Si ces deux-là sont contre cette loi, c’est qu’elle doit être bonne ! »

DÉ­FI­CIT DE CRÉ­DI­BI­LI­TÉ

C’est la vieille his­toire du gar­çon qui n’ar­rê­tait pas de crier au loup.

Il a tel­le­ment crié au loup pour rien qu’un jour, quand le loup s’est poin­té au village, les ha­bi­tants n’ont pas pris les aver­tis­se­ments du gar­çon au sé­rieux, car plus per­sonne ne le croyait.

Je ne sais pas si la loi 40 (une loi mam­mouth ex­tra­or­di­nai­re­ment com­plexe) est aus­si ca­tas­tro­phique que ses dé­trac­teurs le pré­tendent.

Mais ce que je sais, c’est que les hauts cris de mon­sieur Ma­lette et de ma­dame Ha­rel-Bour­don me laissent froid.

Je les ai vus trop sou­vent grim­per dans les ri­deaux et dé­chi­rer leur che­mise pour ac­cor­der le moindre cré­dit à leurs pro­tes­ta­tions.

Qu’a fait ma­dame Ha­rel-Bour­don contre le gas­pillage dans les com­mis­sions sco­laires, exac­te­ment ?

En 2014, alors que la CSDM qu’elle di­ri­geait était dans le trou fi­nan­ciè­re­ment, les comptes de dé­pense de ma­dame Ha­rel-Bour­don ex­plo­saient.

En 2018, elle a uti­li­sé 50 000 $ d’ar­gent pu­blic qui de­vait al­ler aux ser­vices aux élèves pour pro­duire des vi­déos pro­mo­tion­nels di­sant à quel point les com­mis­saires fai­saient un job ex­tra­or­di­naire.

PÉ­TAGE DE PLOMB

Sans ou­blier ses prises de po­si­tion contre la loi 21.

Même si cette loi adop­tée par un gou­ver­ne­ment ma­jo­ri­taire dé­mo­cra­ti­que­ment élu est ap­puyée par plus de 70 % des Qué­bé­cois, la pré­si­dente de la CSDM a an­non­cé avec tam­bours et trom­pettes qu’elle al­lait re­tar­der d’un an son ap­pli­ca­tion sur son ter­ri­toire !

Comme si c’était elle, le pre­mier mi­nistre !

Alors que 95 % des Qué­bé­cois n’al­laient même pas vo­ter aux élec­tions sco­laires !

Du cô­té de mon­sieur Ma­lette, ce n’est guère mieux.

Je ne l’ai ja­mais en­ten­du ap­prou­ver la moindre dé­ci­sion du gou­ver­ne­ment.

On di­rait un en­fant dans son stade du « Non ».

Non ! Non ! Non ! Comme si tout ce que le gou­ver­ne­ment di­sait ou dé­ci­dait était de la chnoute en boîte.

Quand le gou­ver­ne­ment a an­non­cé qu’il vou­lait im­plan­ter un cours d’édu­ca­tion fi­nan­cière obli­ga­toire en 5e se­con­daire, le pré­sident de la FAE a fait une crise mo­nu­men­tale.

Quoi ? Vous al­lez trans­for­mer nos en­fants en ca­pi­ta­listes, c’est ça ???

Euh, non… On veut juste qu’ils com­prennent comment l’éco­no­mie fonc­tionne, c’est tout.

C’est quoi un REER, comment faire un bud­get… Pour qu’ils puissent mieux gé­rer leur ar­gent.

Mais pour mon­sieur le syn­di­ca­liste, c’est comme si le « mé­chant gou­ver­ne­ment de droite » avait nom­mé le pré­sident de la Banque Royale mi­nistre de l’Édu­ca­tion.

Alors, quand on en­tend Syl­vain Ma­lette crier contre l’hor­rible loi 40, on prend ça avec un gros grain de sel.

Les prin­ci­paux dé­trac­teurs de la loi 40 ont trop sou­vent crié au loup.

MAU­VAIS PORTE-PA­ROLE

Je ne dis pas que la loi 40 est gé­niale. Je dis juste que ces deux per­sonnes sont les pires por­teurs de flam­beaux que les dé­trac­teurs de cette loi puissent trou­ver.

Plus ils crient, plus on se dit que cette loi était peut-être né­ces­saire.

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