Le tiers des mi­nistres ne parle pas fran­çais

La ques­tion du bi­lin­guisme touche aus­si les li­bé­raux fé­dé­raux

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - MI­CHELLE LA­MARCHE

On parle beau­coup du fran­çais boi­teux de l’as­pi­rant chef conser­va­teur Pe­ter Ma­cKay, mais moins des 13 mi­nistres uni­lingues an­glo­phones sur les 36 du gou­ver­ne­ment Tru­deau.

Et si cer­tains suivent as­si­dû­ment les cours de fran­çais, d’autres ne le font pas ou ne le font plus, car ils n’ont pas l’obli­ga­tion de s’ex­pri­mer dans les deux langues of­fi­cielles.

Le pre­mier mi­nistre Tru­deau dit ac­cor­der une grande im­por­tance aux deux langues et une par­tie de son Con­seil des mi­nistres a en­ten­du le mes­sage.

« Ma for­ma­tion est en in­gé­nie­rie, en ma­thé­ma­tique, pas en langue.

Je suis un peu plus âgée, mais je m’amé­liore », a af­fir­mé en an­glais la mi­nistre des aî­nés, Deb Schulte.

« Je crois que c’est im­por­tant, mais je n’ai pas en­core eu l’op­por­tu­ni­té », s’est dé­fen­du Bill Blair, mi­nistre de la Sé­cu­ri­té pu­blique et de la Pro­tec­tion ci­vile, en s’ex­pri­mant dans la langue de Sha­kes­peare.

« Je sui­vais as­si­dû­ment mes cours quand j’étais un dé­pu­té d’ar­rière-ban. Mais je n’ai pas pu les suivre en tant que mi­nistre », a confié en an­glais son confrère du mi­nis­tère des Res­sources na­tu­relles, Sea­mus O’Rea­gan.

Ces mi­nistres n’ont au­cune obli­ga­tion de par­ler ou de com­prendre l’autre langue of­fi­cielle.

« Ils ont toutes les res­sources pour amé­lio­rer leur maî­trise de la se­conde langue of­fi­cielle que ça soit par des cours, des tu­teurs pri­vés, vrai­ment la Chambre des com­munes a des res­sources », ex­plique Sté­pha­nie Choui­nard, pro­fes­seure de sciences po­li­tiques au Col­lège royal mi­li­taire.

UNI­LINGUE FRAN­CO­PHONE

La mi­nistre du Re­ve­nu Diane Le­bou­thil­ler est la seule uni­lingue fran­co­phone au ca­bi­net. Elle ne ré­pond tou­jours pas aux ques­tions sur son mi­nis­tère en an­glais.

« Si je suis mal pris quelque part, je vais être ca­pable de me dé­brouiller, au moins là je peux dire ce que j’ai be­soin. Comme on di­sait, mon ba­ra­goui­nage est pas mal meilleur », a men­tion­né Diane Le­bou­thil­ler.

Comme le ré­vé­lait ré­cem­ment un son­dage Lé­ger fait pour Le Jour­nal,

63 % des Ca­na­diens, dont 92 % des Qué­bé­cois, sou­hai­taient que le pre­mier mi­nistre soit bi­lingue.

La ques­tion du bi­lin­guisme a aus­si mar­qué le dé­but de la cam­pagne à la di­rec­tion du Par­ti conser­va­teur du Ca­na­da. La faible maî­trise de la langue de Mo­lière par le fa­vo­ri dans cette course, Pe­ter Ma­cKay, a fait cou­ler beau­coup d’encre.

DEB SCHULTE Mi­nistre uni­lingue

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