D’ex-élus sco­laires in­quiets pour l’ave­nir en édu­ca­tion

Avec la fin abrupte de leurs man­dats, ils craignent pour la tran­si­tion de la ré­forme

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - KATHRYNE LA­MON­TAGNE — Avec la col­la­bo­ra­tion de Cé­dé­rick Ca­ron et Patrick Bel­le­rose

QUÉ­BEC | D’ex-pré­si­dents des plus im­por­tantes com­mis­sions sco­laires du Qué­bec di­gèrent dif­fi­ci­le­ment la fa­çon « ca­va­lière » dont le gou­ver­ne­ment Le­gault a abo­li leur poste.

Dans la nuit de ven­dre­di à sa­me­di, le gou­ver­ne­ment Le­gault a im­po­sé le bâillon pour faire adop­ter son pro­jet de loi sur l’abo­li­tion des com­mis­sions sco­laires.

Le gou­ver­ne­ment a aus­si de­van­cé la fin du man­dat des élus sco­laires, qui de­vaient res­ter en poste jus­qu’au 29 fé­vrier.

Sans plus d’aver­tis­se­ment, Re­né Dion est ain­si de­ve­nu ex-pré­sident de la Com­mis­sion sco­laire des Pre­mières-Sei­gneu­ries.

« C’est in­sul­tant. Ça a été une sur­prise pour tout le monde ! Au moins, on pen­sait qu’on pour­rait tra­vailler jus­qu’au 29 fé­vrier. Mais non ! il fal­lait nous ex­ter­mi­ner au plus sa­crant ! » tonne-t-il.

Bien qu’ils aient confiance en la di­rec­tion gé­né­rale de leurs com­mis­sions sco­laires res­pec­tives, qui prend le re­lais, les ex-pré­si­dents s’in­quiètent main­te­nant du sui­vi qui se­ra ac­cor­dé à leurs dos­siers.

« Je fais main­te­nant par­tie d’un co­mi­té­con­seil qui va conseiller la com­mis­sion sco­laire jus­qu’à la no­mi­na­tion des conseils d’ad­mi­nis­tra­tion, dit l’ex-présidente de la Com­mis­sion sco­laire de Mon­tréal, Ca­the­rine Ha­rel-Bour­don. Mais le pro­blème, c’est qu’on ne sait pas trop com­ment ça va fonc­tion­ner pour l’ins­tant. Nous au­rons une rencontre avec la di­rec­tion pour éta­blir les nou­velles fa­çons de pro­cé­der. »

TRAN­SI­TION ADÉ­QUATE

Ma­non Ro­bi­taille, an­cien­ne­ment à la tête de la Com­mis­sion sco­laire de la Ca­pi­tale, à Qué­bec, af­firme être en­tiè­re­ment dis­po­nible pour as­su­rer une tran­si­tion adé­quate, dans les cir­cons­tances.

« Mais ça ne m’ap­par­tient plus. Je mets tout entre leurs mains, en es­pé­rant qu’un sui­vi se fasse de ce cô­té-là. Je n’ai plus au­cun pou­voir, je n’ai plus au­cune lé­gi­ti­mi­té », rap­pelle-t-elle.

Les deux ex-pré­si­dents sont convain­cus que la ré­forme de la gou­ver­nance sco­laire ne pour­ra se faire sans heurts sur le ré­seau.

« Le gros ba­teau du monde sco­laire va ra­len­tir pen­dant deux ans. Et on va ou­blier l’es­sen­tiel, qui est la réus­site de l’élève », es­time M. Dion.

« Il va y avoir une pé­riode d’in­sta­bi­li­té dans nos or­ga­ni­sa­tions. Je sou­haite que ça n’ait pas d’im­pact… mais qui va ré­pondre aux be­soins des pa­rents, aux pa­rents qui ont des conflits avec la di­rec­tion, avec les en­sei­gnants ? » ques­tionne Mme Ro­bi­taille.

À l’As­so­cia­tion des di­rec­tions gé­né­rales des com­mis­sions sco­laires, on af­firme que les opé­ra­tions quo­ti­diennes ne se­ront pas trop af­fec­tées par cette im­por­tante ré­forme.

« Mais, évi­dem­ment, pour les pro­chaines se­maines, il y au­ra une pé­riode de tran­si­tion pour la­quelle nous de­vrons nous adap­ter », sou­ligne son pré­sident, Lu­cien Mal­tais.

PHOTO D’AR­CHIVES, SIMON CLARK

Le mi­nistre de l’Édu­ca­tion, Jean-Fran­çois Ro­berge, lors de la pé­riode des questions à l’As­sem­blée na­tio­nale, jeu­di der­nier.

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