Le géant Al­stom prêt à dé­bour­ser 10 mil­liards $

La com­pa­gnie Bom­bar­dier pour­ra dé­sor­mais se concen­trer sur les jets d’af­faires

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - SYL­VAIN LA­ROCQUE

Bom­bar­dier pour­rait connaître au­jourd’hui l’une des jour­nées les plus dé­ci­sives de son his­toire alors que la mul­ti­na­tio­nale qué­bé­coise est ap­pe­lée à cé­der ses ac­ti­vi­tés fer­ro­viaires et à tour­ner la page sur les avions C Se­ries.

Le fran­çais Al­stom est prêt à dé­bour­ser jus­qu’à 7 mil­liards d’eu­ros (10 mil­liards $ CAD) pour mettre la main sur Bom­bar­dier Trans­port, la di­vi­sion fer­ro­viaire de l’en­tre­prise mont­réa­laise, a écrit hier le quo­ti­dien fi­nan­cier al­le­mand Han­dels­blatt, s’ap­puyant sur des sources ano­nymes.

À Pa­ris, le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion d’Al­stom s’est réuni hier soir afin d’étu­dier une offre pour Bom­bar­dier Trans­port, a in­di­qué l’agence Reuters. Quelques heures plus tard, à Mon­tréal, le conseil de Bom­bar­dier te­nait éga­le­ment une ren­contre pour se pen­cher sur la pro­po­si­tion.

Une an­nonce pour­rait être faite dès ce ma­tin. L’im­mi­nence d’une tran­sac­tion a fait bon­dir l’ac­tion de Bom­bar­dier, qui a ga­gné 10,6 % hier, à la Bourse de To­ron­to.

On s’at­tend éga­le­ment à ce que Bom­bar­dier confirme ce ma­tin la ces­sion à Air­bus de sa par­ti­ci­pa­tion de 33,6 % dans le pro­gramme d’avions A220, an­cien­ne­ment connu sous le nom de C Se­ries.

AIR­BUS DANS SAINT-LAURENT ?

Air­bus pour­rait éga­le­ment re­prendre une par­tie des ac­ti­vi­tés de l’usine de Bom­bar­dier si­tuée dans l’ar­ron­dis­se­ment de SaintLaure­nt, à Mon­tréal, où sont fa­bri­qués le poste de pi­lo­tage et d’autres com­po­sants de l’A220.

Les dé­tails fi­nan­ciers de cette opé­ra­tion don­ne­ront une idée de la perte de va­leur que risque de su­bir Qué­bec pour sa par­ti­ci­pa­tion de 16,4 % dans l’A220, ac­quise en 2016 moyen­nant un in­ves­tis­se­ment de 1,3 G$.

À l’ave­nir, Bom­bar­dier ne se­rait pré­sente que dans le cré­neau des avions d’af­faires. C’est tou­te­fois dans ce sec­teur que Bom­bar­dier compte le plus de tra­vailleurs au Qué­bec, soit plus de 10 000 per­sonnes.

Le conglo­mé­rat amé­ri­cain Tex­tron avait mon­tré de l’in­té­rêt pour cette di­vi­sion.

« Je pense que c’est po­si­tif », a dit hier le mi­nistre de l’Éco­no­mie, Pierre Fitz­gib­bon, à propos des an­nonces que doit faire Bom­bar­dier au­jourd’hui.

DETTE DE 12,4 G$

Avec la vente de sa di­vi­sion fer­ro­viaire, Bom­bar­dier al­lé­ge­rait sa lourde dette, qui frise les 12,4 G$. On ne sait pas quel impact au­rait une tran­sac­tion sur les pas­sifs des ré­gimes de re­traite de Bom­bar­dier, qui dé­passent 4 G$.

Il fau­dra voir comment le pre­mier mi­nistre Fran­çois Le­gault ré­agi­ra à la vente d’un des fleu­rons qué­bé­cois les plus connus dans le monde. De­puis des mois, il sou­tient que l’ave­nir de Bom­bar­dier se trouve da­van­tage dans les trains que dans les avions.

L’aven­ture de Bom­bar­dier dans le fer­ro­viaire a dé­bu­té en 1970 avec l’ac­qui­si­tion d’une firme au­tri­chienne pro­dui­sant des tram­ways et des mo­teurs de mo­to­neige. Elle s’est pour­sui­vie avec un gros contrat pour le mé­tro de Mon­tréal, en 1974, puis un autre pour le mé­tro de New York, en 1982, et avec l’achat du géant al­le­mand Ad­tranz, en 2001.

PHO­TO AFP

Des em­ployés de Bom­bar­dier réunis en fé­vrier 2019 à l’usine de Cres­pin, en France. Avec une tran­sac­tion pro­chaine, ces tra­vailleurs pour­raient re­joindre ceux de la mul­ti­na­tio­nale Al­stom, dont le siège so­cial est si­tué en ban­lieue pa­ri­sienne.

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