LES AN­GLOS SONT MEILLEURS

Le Jour­nal pu­blie un pal­ma­rès pré­sen­tant des don­nées in­édites sur la di­plo­ma­tion au col­lé­gial

Le Journal de Montreal - - LA UNE - DAPH­NÉE DION-VIENS daph­[email protected]­be­cor­me­dia.com

Les cé­geps an­glo­phones af­fichent les meilleurs taux de réus­site au Québec dans ce tout nou­veau clas­se­ment du ré­seau col­lé­gial, que Le Jour­nal pu­blie­ra en to­ta­li­té de­main. Sur la pho­to, des étu­diants du cé­gep de Sainte-Foy, l’un des col­lèges fran­co­phones qui tirent le mieux leur épingle du jeu.

LE TOP 3 DES CÉ­GEPS

Pour cha­cun des trois programmes pré­uni­ver­si­taires et des dix programmes tech­niques qui comptent le plus d’ins­crip­tions, voi­ci la liste des trois cé­geps où la di­plo­ma­tion est la plus éle­vée. Les éta­blis­se­ments sont clas­sés se­lon le taux de di­plo­ma­tion moyen des cinq der­nières co­hortes d’étu­diants. Le taux de di­plo­ma­tion est cal­cu­lé deux ans après la du­rée pré­vue des études, soit après quatre ans pour un pro­gramme pré­uni­ver­si­taire et après cinq ans pour un pro­gramme tech­nique.

Les cé­geps an­glo­phones trônent en tête d’un tout nou­veau clas­se­ment réa­li­sé par Le Jour­nal à par­tir de don­nées in­édites sur la di­plo­ma­tion dans les cé­geps, qui ré­vèle de grands écarts entre les éta­blis­se­ments.

Le Pal­ma­rès des cé­geps – qui se­ra pu­blié en to­ta­li­té de­main dans un ca­hier de 16 pages – per­met de com­pa­rer les taux de di­plo­ma­tion de chaque cé­gep dans les trois programmes pré­uni­ver­si­taires les plus ré­pan­dus et les dix tech­niques les plus po­pu­laires.

La comparaiso­n est ba­sée sur les taux de di­plo­ma­tion des cinq der­nières co­hortes, pon­dé­rée se­lon le nombre d’étu­diants. Pour cha­cun des cé­geps, la moyenne au se­con­daire des étu­diants ad­mis ain­si que la pro­por­tion d’étu­diants à be­soins par­ti­cu­liers sont pré­ci­sés.

La dif­fu­sion de ces don­nées est « fon­da­men­tale », af­firme Mi­chel Perron, pro­fes­seur re­trai­té de l’Uni­ver­si­té du Québec à Chi­cou­ti­mi et du cé­gep de Jon­quière.

Tout comme la Fé­dé­ra­tion des cé­geps, cet ex­pert ré­clame un vaste chan­tier vi­sant à faire aug­men­ter le taux de di­plo­ma­tion au cé­gep, qui stagne au­tour de 64 % de­puis des an­nées.

Or pour don­ner un coup de barre, il faut d’abord mieux cer­ner les en­jeux et les dis­pa­ri­tés en­tou­rant la réus­site au col­lé­gial, af­firme M. Perron.

COM­MU­NAU­TÉ « TIS­SÉE SER­RÉE »

Ce Pal­ma­rès, ba­sé sur les don­nées du mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion, per­met de consta­ter que les cé­geps an­glo­phones ar­rivent en tête dans plu­sieurs programmes, no­tam­ment en sciences de la na­ture et en sciences hu­maines.

Le tiers des cé­geps qui fi­gurent dans les « top 3 » que nous pu­blions ci-contre sont d’ailleurs des éta­blis­se­ments an­glo­phones, alors que ces der­niers ne comptent que pour 13 % de tous les col­lèges pu­blics au Québec.

Ce constat n’étonne pas Mi­chel Perron, qui rap­pelle que le taux de di­plo­ma­tion au se­con­daire est aus­si plus éle­vé chez les an­glo­phones que les fran­co­phones.

La com­mu­nau­té « tis­sée ser­rée » et l’im­por­tance ac­cor­dée à l’école peuvent ex­pli­quer le suc­cès des an­glo­phones, tant à l’école se­con­daire qu’au cé­gep, sou­ligne-t-il.

« Le pre­mier fac­teur qui per­met de pré­dire la di­plo­ma­tion au col­lé­gial, ce sont les ré­sul­tats des étu­diants à l’école se­con­daire », pré­cise M. Perron.

Dans ce contexte, il n’est pas éton­nant que les ré­gions qui se re­trouvent en tête pour leur taux de di­plo­ma­tion au se­con­daire ar­rivent aus­si dans les pre­miers rangs pour la di­plo­ma­tion au col­lé­gial.

L’in­verse est aus­si vrai, sou­ligne cet ex­pert, qui rap­pelle que le taux de di­plo­ma­tion « est loin de dé­pendre seule­ment de ce qui se passe dans le col­lège ».

Des pro­pos ap­puyés par Si­mon La­rose, pro­fes­seur à la Fa­cul­té des sciences de l’édu­ca­tion de l’Uni­ver­si­té La­val, qui tient à sou­li­gner les li­mites d’un tel exer­cice ba­sé sur le taux de di­plo­ma­tion.

DES ÉCARTS ÉNORMES

Ces clas­se­ments per­mettent de ré­vé­ler des écarts im­por­tants entre les cé­geps pour un même pro­gramme. En sciences hu­maines, le Col­lège Daw­son di­plôme 74,5 % de ses étu­diants alors que cette pro­por­tion est de 30 % au cé­gep de Ro­se­mont.

Le fos­sé entre cé­geps est aus­si très grand dans le sec­teur tech­nique : en ges­tion de com­merces, le cé­gep de Sainte-Foy di­plôme 70,8 % de ses étu­diants com­pa­ra­ti­ve­ment à 15,2 % pour le cé­gep An­dré-Lau­ren­deau.

« Les écarts sont vrai­ment énormes, c’est frap­pant », lance Mi­chel Perron.

De son cô­té, Si­mon La­rose rap­pelle que le pro­fil des étu­diants ad­mis au col­lé­gial « va­rie consi­dé­ra­ble­ment d’un cé­gep à l’autre », en fonc­tion de la sé­lec­tion à l’en­trée, ce qui peut ex­pli­quer en bonne par­tie ces écarts (à lire de­main).

La Fé­dé­ra­tion des cé­geps re­fuse, quant à elle, de cau­tion­ner l’exer­cice. Des ob­ser­va­teurs es­pèrent tou­te­fois qu’il per­met­tra de bra­quer les pro­jec­teurs sur les dé­fis en­tou­rant la réus­site au col­lé­gial, pour mieux s’y at­ta­quer.

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