Une meur­trière res­te­ra avec les hommes

Le risque d’éva­sion de la trans est trop éle­vé

Le Journal de Montreal - - ACTUALITÉS - MI­CHAËL NGUYEN

Une meur­trière trans spé­cia­liste de l’éva­sion a échoué dans sa ten­ta­tive d’être trans­fé­rée dans un pé­ni­ten­cier pour femmes, où la sur­veillance est moins ac­crue.

« Les éta­blis­se­ments pour femmes au Ca­na­da ne per­mettent pas ac­tuel­le­ment d’ac­cueillir des dé­te­nues avec un risque aus­si éle­vé d’éva­sion », a ex­pli­qué le juge Jean-Fran­çois Buf­fo­ni en dé­bou­tant Ja­mie Bou­la­cha­nis, cette se­maine, au pa­lais de jus­tice de Mon­tréal.

La femme trans de 46 ans a été condam­née à la pri­son à vie pour un meurtre com­mis à Ri­gaud en 1997. À l’époque, elle s’ap­pe­lait John, mais une fois condam­née, elle a eu un trai­te­ment hor­mo­nal pour de­ve­nir une femme.

Or, être une femme au pé­ni­ten­cier n’est pas facile, s’était plaint Bou­la­cha­nis.

« Je me fais po­gner la poi­trine, j’ai eu des claques sur les fesses, ça ar­rive que des hommes passent quand je prends [ma] douche... C’est stres­sant, hu­mi­liant », avait-elle té­moi­gné à la cour le mois der­nier, en de­man­dant d’être trans­fé­rée dans un autre pé­ni­ten­cier.

COMME HOUDINI

Les ser­vices cor­rec­tion­nels s’op­po­saient tou­te­fois à cette de­mande, consi­dé­rant un risque éle­vé d’éva­sion.

C’est qu’après avoir com­mis son meurtre, Bou­la­cha­nis a fui le pays pen­dant 13 ans. Et une fois ar­rê­tée, elle avait réus­si à s’éva­der d’un four­gon blin­dé, si bien qu’un agent avait com­pa­ré Bou­la­cha­nis au ma­gi­cien Houdini.

Puis, en 2015, des agents avaient trou­vé dans sa cel­lule une pa­no­plie d’équi­pe­ment ar­ti­sa­nal pou­vant ser­vir à pla­ni­fier une éva­sion.

« Le ser­vice cor­rec­tion­nel offre un mi­lieu de vie sé­cu­ri­taire à la re­qué­rante, il a mis en place plu­sieurs me­sures pour améliorer le quo­ti­dien de la re­qué­rante, il offre des ac­com­mo­de­ments », a ex­pli­qué le juge en rap­pe­lant que « la pri­son est un mi­lieu difficile pour tous ».

Si Bou­la­cha­nis sou­haite por­ter cette dé­ci­sion en ap­pel, elle a 30 jours pour le faire.

JA­MIE (JOHN) BOU­LA­CHA­NIS Meur­trière

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