Le«buzz» Nan­tel

Le Journal de Montreal - - OPINIONS - JO­NA­THAN TRU­DEAU Blo­gueur au Jour­nal Ani­ma­teur ra­dio et chro­ni­queur @JET­ru­deau

L’hu­mo­riste Guy Nan­tel est of­fi­ciel­le­ment can­di­dat à la chef­fe­rie du Par­ti qué­bé­cois. Et ça semble com­bler bien des gens. Mais pour­quoi, hein ?

Je veux dire, je n’ai ab­so­lu­ment rien contre le gars. C’est un des meilleurs hu­mo­ristes au Qué­bec. Il est non seu­le­ment drôle, mais il est in­tel­li­gent, al­lu­mé, opi­niâtre.

Mais je m’ex­plique mal le « buzz » que son saut en po­li­tique semble créer. En fait, je me de­mande si ce­la n’en dit pas très long sur la ca­pa­ci­té des par­tis po­li­tiques, peu im­porte la cou­leur, à at­ti­rer des can­di­da­tures de pres­tige.

Quand c’est ren­du qu’on s’ex­cite le poil des jambes parce qu’un ra­con­teur de blagues dé­cide de s’aven­tu­rer à di­ri­ger un par­ti po­li­tique bien éta­bli, en es­pé­rant ga­gner une élec­tion gé­né­rale, puis fon­der un pays, me semble que ce­la in­dique que les stan­dards ont bien chan­gé.

SENS CRI­TIQUE

Je ne dis ab­so­lu­ment pas qu’un hu­mo­riste ne peut pas de­ve­nir un po­li­ti­cien. Je dis seu­le­ment que notre sens cri­tique semble prendre le bord un tan­ti­net quand une per­sonne pos­sé­dant une no­to­rié­té pu­blique, mais au­cune ex­pé­rience réel­le­ment per­ti­nente pour le pro­fil de l’em­ploi, dé­cide de ten­ter le coup.

De­puis jeu­di der­nier, j’ai trop peu en­ten­du de com­men­taires sur le fait que mon­sieur Nan­tel n’a pas ré­vé­lé grand­chose sur sa vi­sion du Qué­bec et du PQ. Il y a eu de belles grandes gé­né­ra­li­tés, mais peu de sub­stance.

Pas beau­coup de cri­tiques non plus sur le fait que son com­mu­ni­qué de presse était as­su­ré­ment boi­teux. « L’Équipe Nan­tal » qui avait ou­blié des es­paces et des ma­jus­cules un peu par­tout.

Un can­di­dat or­di­naire au­rait été tour­né en ri­di­cule dans la même si­tua­tion. Nan­tel au­rait été le pre­mier à rire de cette per­sonne. Mais là, si­lence ra­dio.

J’in­siste. Peut-être que mon­sieur Nan­tel s’avé­re­ra un re­dou­table po­li­ti­cien ca­pable de fé­dé­rer les Qué­bé­cois. Mais de là à lui don­ner le Bon Dieu sans confes­sion, je vais me gar­der une p’tite gêne.

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