Le Journal de Montreal

Le sens de la vo­ca­tion

- JO­NA­THAN TRU­DEAU

Au mo­ment où j’écris ces lignes, ma conjointe ef­fec­tue une pé­riode de garde de 24 heures à l’hô­pi­tal.

Par­fois, les gens se disent sur­pris de sa­voir que des mé­de­cins tra­vaillent pen­dant toute une jour­née, sou­vent sans même avoir le temps de dor­mir ne se­rait-ce qu’un ins­tant dans leur mi­nus­cule chambre de garde.

Pour ma conjointe, mes deux jeunes en­fants et moi, ce­la fait par­tie de notre réa­li­té. Ma­man tra­vaille fort, et en­vi­ron une fois par se­maine, elle doit de­meu­rer toute la jour­née et toute la nuit à l’hô­pi­tal.

Mais au­jourd’hui et pour les pro­chaines se­maines, pro­chains mois, cette nor­ma­li­té cède le pas à l’in­quié­tude am­biante.

VO­CA­TION

Beau­coup de sucre a été cas­sé sur le dos des mé­de­cins au cours des der­nières an­nées. On les di­sait pa­res­seux, trop à l’ar­gent, ex­ploi­teurs du sys­tème. Par­fois à rai­son, sou­vent à tort.

Mais pen­dant ce temps, on ou­bliait à quel point la très grande ma­jo­ri­té de ces hommes et femmes sont ani­més par un sens de la vo­ca­tion hors du com­mun. Nous le consta­tons au­jourd’hui plus que ja­mais.

Je le dis pour les mé­de­cins, mais c’est évi­dem­ment aus­si vrai pour les in­fir­mières et les in­fir­miers ou pour les pré­po­sés aux bé­né­fi­ciaires. Et tant d’autres.

Toutes ces per­sonnes au­ront un rôle vi­tal à jouer dans notre ca­pa­ci­té à soi­gner notre po­pu­la­tion. Et elles le fe­ront en aug­men­tant consi­dé­ra­ble­ment le risque qu’eux-mêmes aient à com­battre le sa­ta­né vi­rus.

C’est pour­quoi nous de­vons les re­mer­cier et les en­cou­ra­ger haut et fort. Oui, vous êtes de vé­ri­tables anges gar­diens.

FA­MILLES

Il faut aus­si re­mer­cier les fa­milles des tra­vailleurs de la san­té. Vous aus­si, vous faites des sa­cri­fices. Les longues heures sans vos proches, la crainte de les voir af­fec­tés, psy­cho­lo­gi­que­ment et phy­si­que­ment. Vous par­ti­ci­pez à cet ef­fort de guerre, au sa­cri­fice de votre équi­libre et de votre quié­tude.

À vous tous, mer­ci du fond du coeur.

 ??  ??
 ??  ??

Newspapers in French

Newspapers from Canada