À30ans,ila « cru mou­rir » de la CO­VID-19

Le Journal de Montreal - - LA UNE - FRÉ­DÉ­RIQUE GIGUÈRE

« J’AI DÛ ME FAIRE TRANS­POR­TER EN AM­BU­LANCE TEL­LE­MENT J’ÉTAIS FAIBLE. JE NE PEN­SAIS SÉ­RIEU­SE­MENT PAS RE­VE­NIR. J’AI CRU MOU­RIR. »

– Jo­na­than Pi­card

Un jeune père de fa­mille de La­nau­dière souf­frant de la CO­VID-19 de­puis une se­maine a cru mou­rir tel­le­ment les symp­tômes du vi­rus sont forts.

« J’ai juste 30 ans, je suis un gars en forme qui s’en­traîne et je tra­vaille de la mai­son, lance Jo­na­than Pi­card, joint au té­lé­phone hier. Mar­di, la se­maine pas­sée, j’ai dû me faire trans­por­ter en am­bu­lance tel­le­ment j’étais faible. Je pen­sais sé­rieu­se­ment ne pas re­ve­nir. »

De­puis ce jour, il a eu de fortes baisses de pres­sion, des étour­dis­se­ments, de la diar­rhée, des dou­leurs mus­cu­laires et plu­sieurs épi­sodes de fièvre in­tense. Après une brève hos­pi­ta­li­sa­tion, un mé­de­cin lui a for­te­ment conseillé d’al­ler dans une cli­nique de dé­pis­tage. Le ver­dict est tom­bé di­manche soir, un peu plus de 72 heures après avoir été tes­té.

L’homme, qui vit à Saint-Jean-de-Ma­tha avec sa conjointe et leurs deux filles en bas âge, n’a tou­jours au­cune idée où il a pu contrac­ter le fa­meux vi­rus. Ses deux en­fants font l’école à la mai­son, alors qu’il tra­vaille à son compte dans le do­maine de la mise en mar­ché de pièces au­to­mo­biles et ne sort que ra­re­ment pour le bou­lot. Sa conjointe tra­vaille tou­te­fois dans un res­tau­rant et ses deux filles ont des ac­ti­vi­tés pa­ra­sco­laires.

« Chose cer­taine, je n’ai pas été en contact avec quel­qu’un qui re­ve­nait de voyage, du moins pas à ce que je sache, as­sure-t-il. Ma conjointe et mes filles ont de lé­gers symp­tômes, mais elles se re­posent et n’ont pas eu à pas­ser le test pour l’ins­tant. »

COMME UN ROI

Jo­na­than Pi­card doit donc s’iso­ler dans sa chambre de­puis quelques jours afin d’évi­ter de conta­mi­ner sa fa­mille.

« Ma conjointe vient me por­ter mes re­pas sur le bord de la porte, mes filles me glissent des des­sins sous la porte et m’en­voient des bi­sous à dis­tance, de beaux “bonne nuit” et des “je t’aime”. Je suis trai­té aux pe­tits oi­gnons », ajoute-t-il avec hu­mour.

Lors­qu’il doit uti­li­ser la salle de bain,

Jo­na­than Pi­card dés­in­fecte toutes les sur­faces avant de sor­tir et sa conjointe passe en­suite der­rière lui pour ré­pé­ter l’exer­cice.

SON CAS DO­CU­MEN­TÉ

Le père de fa­mille dit avoir été très bien pris en charge par le sys­tème de san­té de­puis le dé­but de ses symp­tômes. De­puis que son ré­sul­tat lui a été trans­mis, il re­çoit quo­ti­dien­ne­ment un ap­pel de la san­té pu­blique, qui s’en­quiert de son état.

« Ils me posent des ques­tions et ils prennent des notes, c’est tel­le­ment nou­veau comme vi­rus qu’ils do­cu­mentent cha­cun des cas, j’ima­gine », ra­conte l’en­tre­pre­neur.

M. Pi­card sou­haite que son té­moi­gnage sen­si­bi­lise la po­pu­la­tion à l’im­por­tance d’écou­ter les consignes du gou­ver­ne­ment.

« Dès que j’ai eu des symp­tômes, j’ai fait su­per at­ten­tion, dit-il. Mon père et ma grand-mère se battent [contre] le can­cer, ima­gi­nez si j’avais fait à ma tête et j’étais al­lé les voir. C’est à toutes ces per­sonnes-là qu’on doit pen­ser col­lec­ti­ve­ment. »

Jo­na­than Pi­card

PHO­TO MAR­TIN CHE­VA­LIER

Jo­na­than Pi­card est confi­né dans sa chambre à cou­cher de­puis quelques jours afin d’évi­ter de conta­mi­ner sa fa­mille.

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