Le Journal de Montreal

Markov raconte ses problèmes en Russie

L’ex-défenseur du Candadien croit que l’agence antidopage RUSADA veut le prendre en défaut

- Jonathan Bernier JBernierJD­M jonathan.bernier @quebecorme­dia.com

Il n’y a jamais rien de clair et limpide lorsqu’il est question de politique, de sport et de dopage en Russie. La saga dans laquelle est impliqué Andreï Markov depuis quelques semaines en est un autre exemple.

Rappelons que depuis le 29 juin, l’ancien défenseur du Canadien est sous le coup d’une suspension d’un an et demi décernée par la RUSADA, l’agence antidopage russe, sous prétexte qu’il a omis de remplir et de remettre le formulaire officialis­ant sa retraite de joueur, en avril 2020.

Une sanction qui l’a obligé à renoncer au poste d’entraîneur adjoint qu’il avait déniché en mai dernier avec le HC Vityaz de Podolsk, dans la KHL, et qui l’empêche d’être impliqué de près ou de loin auprès de n’importe quelle associatio­n sportive russe, même au niveau mineur.

« Ce bout-là, c’est un peu ma faute. C’est mon erreur », a reconnu Markov en entrevue avec Le Journal, à propos du formulaire. Mais l’histoire n’est pas si simple. Selon lui, les autorités de la RUSADA l’ont dans le collimateu­r depuis qu’il s’est plaint des procédures lourdes et contraigna­ntes du système de contrôle mis en place par l’agence. Procédures auxquelles il a dû se soumettre dès son retour en Russie, dans l’uniforme du AK Bars de Kazan, à l’automne 2017.

UNE CHASSE AUX SORCIÈRES

« Ce genre de personne n’aime pas se faire dire ses quatre vérités ou qu’on lui dise que ses procédures sont stupides. Alors, depuis ce temps-là, on essaie de me prendre en défaut », a-t-il soutenu.

Qu’en est-il exactement de cette procédure ? Chaque athlète qui évolue au sein d’une fédération sportive russe doit s’inscrire au programme ADAMS, un programme dans lequel il doit énumérer dans les moindres détails ses déplacemen­ts, ses lieux de résidence et l’endroit où il peut être joint en tout temps pour les trois mois à venir.

L’athlète part en vacances en famille, il doit en aviser le programme. Ses plans changent à la dernière minute, il doit en aviser le programme. Il doit également déterminer une plage horaire quotidienn­e d’une heure au cours de laquelle il sera disponible pour un test inopiné.

« J’ai fait tout ça, a assuré l’homme de 42 ans. Mais ils n’ont pas aimé que je leur suggère que ça devrait être mieux organisé et qu’ils devraient informer les athlètes plus adéquateme­nt en les rencontran­t et en tenant des séances d’informatio­n. »

C’est à partir de ce moment, croit-il, que la chasse aux sorcières aurait commencé.

REFOULÉS PAR LA SÉCURITÉ

Au cours des trois ans pendant lesquels il a évolué dans la KHL, tous les tests de dépistage auxquels Markov s’est plié se sont révélés négatifs. En contrepart­ie, la RUSADA a inscrit deux manquement­s à son dossier.

« La première fois, les agents se sont présentés à la barrière de sécurité du complexe où j’habite. Ils n’avaient pas de pièces d’identifica­tion, alors le garde de sécurité ne les a pas laissés entrer. Au lieu de m’appeler pour que j’avertisse les gardes, ils ont rebroussé chemin et ont inscrit un manquement à mon dossier en soutenant que j’étais absent. Ce qui est faux », a raconté Markov.

« La seconde fois, c’était à mon logement en Floride. Mon nom n’apparaît pas sur les numéros d’appartemen­t dans le hall d’entrée. Ne trouvant pas mon nom, le gars est parti. Ç’aurait été quoi de m’appeler pour que je lui débarre la porte ? C’est pourtant ce qu’il a fait quand il est revenu quelques jours plus tard. »

Un troisième manquement entraîne une suspension automatiqu­e de deux ans. Or, puisqu’il se considérai­t à la retraite, Markov a cessé de produire le rapport de ses déplacemen­ts dans le système ADAMS.

Les agents ont décidé de lui rendre visite à Moscou. Il n’y était pas, ce qui lui a valu la troisième tache à son dossier.

« Ils m’ont remis la lettre puis ils ont disparu. Je n’ai plus jamais entendu parler d’eux. »

Jusqu’à ce qu’il accepte le poste d’entraîneur adjoint du HC Vityaz, plus d’un an plus tard.

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PHOTOS TIRÉE D’INSTAGRAM ET COURTOISIE Andreï Markov et trois de ses fils : les jumeaux Andreï et Mark, ainsi que le petit dernier, Alex. Ci-dessous, une copie du formulaire que l’ancien du Canadien aurait dû remplir.
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