Le Journal de Montreal

La criminalis­te arrêtée pour complicité libérée

Elle ne peut plus pratiquer le métier d’avocate

- JONATHAN TREMBLAY

L’avocate criminalis­te accusée la semaine dernière de complicité après le fait dans une affaire de meurtre d’un trafiquant de drogue vient d’être remise en liberté ce matin sous d’importante­s conditions, dont celle de ne plus exercer sa profession durant l’entièreté des procédures judiciaire­s.

Noémi Tellier, qui ne peut plus être identifiée comme avocate, était détenue depuis son arrestatio­n jeudi dernier par les policiers de la Sûreté du Québec.

La femme de 35 ans, qui était de retour en cour hier au palais de justice de Joliette, a pu être libérée dans l’attente de son procès.

Elle fait face à une accusation de complicité après le fait, car elle aurait aidé Kevin St-Pierre, père de son enfant et proche des Hells Angels, à camoufler le meurtre du trafiquant de drogue Francis Turgeon à Repentigny, dans Lanaudière, en mai 2019.

Kevin St-Pierre et James Patrice Mardy sont pour leur part accusés d’avoir tué le trafiquant indépendan­t qui aurait contracté une dette de 80 000 $ envers les Hells Angels, car il refusait de payer sa « taxe » de vente sur le territoire.

Après le crime, l’accusée aurait notamment fait des manoeuvres de contre-filature, et tenté de faire oublier un VUS qui aurait été utilisé par les coaccusés pour faire du repérage près de chez la victime.

CAUTION ET COUVRE-FEU

Pour être libérée, Tellier a dû déposer une caution personnell­e de 10 000 $. Ses parents ont chacun déposé 10 000 $ et 12 750 $, et une de ses amies a également remis 4000 $.

Elle devra jusqu’à nouvel ordre résider chez ses parents, et respecter un couvrefeu. Elle a aussi dû remettre son passeport et ne pourra pas quitter le Québec.

Tellier ne peut pas communique­r avec un ancien client, Wesley McKenzie, qui a lui-même été accusé du meurtre de Turgeon. Les chefs d’accusation portés contre lui sont cependant tombés en 2021.

Tellier n’a pas non plus le droit de communique­r avec les deux coaccusés, sauf avec St-Pierre, son ex, lorsqu’il est question de leur enfant, et en présence d’avocats en vue du procès.

Autre condition importante : elle a dû renoncer à son droit complet de pratique pour la durée des procédures dans cette affaire. Elle ne pourra pas communique­r avec des personnes ayant des antécédent­s judiciaire­s ou des instances en cours.

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PHOTO AGENCE QMI, JOËL LEMAY Noémi Tellier après s’être fait passer les menottes par la Sûreté du Québec, jeudi dernier.

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