Willys M-38 CDN 1952 Willys M-38 CDN 1952

En 2011, après avoir long­temps rê­vé au Willys M-38 CDN 1952 qu’il avait ai­dé à res­tau­rer 35 ans plus tôt, M. Gaé­tan J. Ga­gnon de­vient pro­prié­taire du dit vé­hi­cule.

Le Journal de Quebec - Autonet.ca - - J'AIME MON CHAR -

LA NAIS­SANCE D’UNE PAS­SION

L’his­toire du jeep mi­li­taire de M. Ga­gnon re­monte à l’époque où il étu­diait en pre­mière an­née à l’uni­ver­si­té. En 1967, l’un de ses amis, Mau­rice La­rouche, ac­quiert le vé­hi­cule qui est alors en­re­gis­tré comme étant un CJ-3A 1952. Neuf ans plus tard, quand vient le temps de le res­tau­rer, ce­lui-ci dé­couvre qu’il s’agit plu­tôt d’un M-38 CDN 1952. Er­reur qui s’ex­plique par l a grande res­sem­blance qui existe entre les deux mo­dèles, le pre­mier étant une ver­sion ci­vile et le se­cond étant une ver­sion mi­li­taire dé­ri­vée du pre­mier. Ce jeep mi­li­taire ca­na­dien est l e tout pre­mier vé­hi­cule an­cien sur le­quel M. Ga­gnon a tra­vaillé, ce qui lui con­fère une si­gni­fi­ca­tion par­ti­cu­lière. No­tons que M. La­rouche s’était quant à l ui dé­jà fait l es dents sur un Dodge 1 952 qu’il avait for­te­ment mo­di­fié, et de ma­nière as­sez in­usi­tée aux dires de M. Ga­gnon. De plus, au fil du temps, cet ami avait ac­cu­mu­lé une soixan­taine de vé­hi­cules en tout genre. M. Gaé­tan J. Ga­gnon et son Willys M-38CDN

1952.

SON WILLYS M-38 CDN 1952

Le Willys M-38 CDN 1952 de M. Ga­gnon a été construit par Ford du Canada à l’usine de Wind­sor, en On­ta­rio. En tra­vaillant sur le vé­hi­cule, M. Ga­gnon dé­couvre le nu­mé­ro d’en­re­gis­tre­ment gra­vé par l’ar­mée sur le des­sus du lon­ge­ron avant gauche du pa­re­choc. Après avoir sa­blé la pein­ture à l’en­droit frap­pé, il a l’heu­reuse sur­prise de dé­cou­vrir qu’il s’agit du 35e vé­hi­cule li­vré en 1951. «Je pos­sède pro­ba­ble­ment le der­nier sur­vi­vant des quelques M 38 CDN as­sem­blés à la fin de 1951, car la ma­jo­ri­té des M-38 CDN ont été as­sem­blés en 1952», rap­porte-t-il. Se­lon les in­for­ma­tions de M. Ga­gnon, Ford a as­sem­blé une cin­quan­taine de M-38 CDN dès la fin de 1951 à par­tir de pièces four­nies par Willys et le construc­teur a fa­bri­qué plus de 2400 vé­hi­cules de ce type au Canada en 1952. Le M-38 de M. Ga­gnon est équi­pé du mo­teur d’ori­gine à quatre cy­lindres en ligne à tête plate qui dé­ve­loppe 60 che­vaux à 4000 tr/min et un couple de 105 lb-pi.

PRE­MIÈRE RES­TAU­RA­TION

La pre­mière res­tau­ra­tion du M-38 est ef­fec­tuée vers 1976 par M. La­rouche et son com­parse, M. Ga­gnon. À ce mo­ment, M. La­rouche conver­tit le sys­tème élec­trique am­phi­bie de 24 volts pour un de 12 volts, car les pièces 24 volts uti­li­sées par les mi­li­taires sont pra­ti­que­ment im­pos­sibles à trou­ver à l'époque. Il rem­place donc toute l’ins­tru­men­ta­tion et l’éclai­rage. Par­mi les nom­breuses mo­di­fi­ca­tions, comp­tons le câ­blage neuf, les es­suie-glaces, le dis­tri­bu­teur, la pompe à es­sence élec­trique, l’ajout de moyeux avant dé­brayables, les freins avec conver­sion des tam­bours de 9 pouces vers des 11 pouces. Ce der­nier chan­ge­ment a d’ailleurs per­mis de doubler la ca­pa­ci­té de frei­nage ori­gi­nale qui était lar­ge­ment in­suf­fi­sante. La liste conti­nue avec l’ajout d’une trans­mis­sion sur­mul­ti­pliée, d’un treuil mé­ca­nique et d’une prise de force Ram­sey, d’un nou­veau pa­re­choc avant pour ac­com­mo­der le treuil, d’une at­tache re­morque style CJ-3A et d’un cro­chet d’at­te­lage. En­fin, une toute nou­velle pein­ture «sable du dé­sert» et le rem­bour­rage des sièges font par­tie de cette res­tau­ra­tion. «Mon ami s’est en­suite dés­in­té­res­sé du pro­jet, pro­ba­ble­ment à cause de pro­blèmes d’al­lu­mage dus à une mau­vaise bo­bine 12 V et un mau­vais “kit” de car­bu­ra­teur», men­tionne M. Ga­gnon. De plus, la san­té de son ami s’est dé­té­rio­rée ra­pi­de­ment ce qui fait que le pro­jet n’a ja­mais été com­plé­té.

DEUXIÈME RES­TAU­RA­TION

M. Ga­gnon achète le M-38 le 9 juillet 2011 de la suc­ces­sion de son ami. Quand il en prend pos­ses­sion, le vé­hi­cule a vu de meilleurs jours. De nom­breuses pièces sont man­quantes. No­tons le

ré­ser­voir d’es­sence et ses ac­ces­soires, le câble de frein à main, les ma­nilles avant et ar­rière, les «bum­pe­rettes», les pla­quettes d’ins­truc­tion, les bou­chons de drain, le mi­roir et la bat­te­rie. De plus, la toile de ca­bine est hors d’usage, la pein­ture «sable du dé­sert» se sou­lève par plaques, le ca­pot est en­dom­ma­gé, l’em­brayage est col­lé, l’une des sou­papes d’ad­mis­sion est cor­ro­dée, les cy­lindres de frein et le maître-cy­lindre sont hors d’usage, les pneus sont cra­que­lés et les pointes du dis­tri­bu­teur 12 V sont à rem­pla­cer même si elles ont à peine six heures d’utilisation au comp­teur. M. Ga­gnon, mé­ca­ni­cien du di­manche, s’at­taque aux pro­blèmes un à un. Pro­blèmes qui lui ont don­né bien du fil à re­tordre, mais il en vient fi­na­le­ment à bout. «Mon M-38 est main­te­nant en­tiè­re­ment fonc­tion­nel et a fière al­lure mal­gré de simples re­touches de pein­ture à la ca­nette», sou­ligne-t-il. Il se dit d’ailleurs par­ti­cu­liè­re­ment fier d’avoir contri­bué à pré­ser­ver un tel vé­hi­cule.

DES ANEC­DOTES

L’ac­qui­si­tion du M-38 par Mau­rice La­rouche, mé­rite d’être ra­con­tée. Au dé­but de ses études à l’Uni­ver­si­té La­val, ses pa­rents lui re­mettent 600 $ pour qu’il s’achète une au­to d’oc­ca­sion fiable pour qu’il re­tourne à Baie-Saint-Paul les fins de se­maine. «Pour eux, son vieux Dodge 1952 n’était pas fiable», se sou­vient M. Ga­gnon. Mau­rice, qui avait toute confiance en la fia­bi­li­té de son Dodge re­fait et mo­di­fié, pré­fère ache­ter le jeep qu’il a aper­çu en voya­geant en au­to­bus. «Ses pa­rents n’avaient pas du tout ap­pré­cié, d’au­tant plus que la vi­tesse maxi­male du jeep était de 70 km/h et que sans chauf­fe­rette, Mau­rice avait dû en­fi­ler son ha­bit de mo­to­neige pour le ra­me­ner à Baie-Saint-Paul en hi­ver», ra­conte M. Ga­gnon en sou­riant.

SA PAS­SION

Comme M. Ga­gnon ha­bite sur une ferme, il a éga­le­ment res­tau­ré un vieux trac­teur. Main­te­nant, le M-38 lui sert de vé­hi­cule tout-ter­rain. «Au lieu d’avoir un quatre roues, j’ai un Willys», rap­porte-t-il. Il avoue que les gens le re­marquent quand il se pro­mène dans son champ. L’homme n’a pas l’in­ten­tion de se pro­cu­rer d’autres vé­hi­cules an­ciens, lui qui garde dé­sor­mais une par­tie de sa jeu­nesse bien vi­vante et pré­serve ce vé­hi­cule en l’hon­neur de son grand ami. Le pro­chain dé­sir de M. Ga­gnon: ex­po­ser son Jeep au Ga­la d’élé­gance des Belles Autos d’hier. Il va donc ten­ter de le faire im­ma­tri­cu­ler pour pou­voir s’y rendre. Si vous vi­vez une his­toire d’amour avec votre vé­hi­cule comme M. Ga­gnon, et que vous sou­hai­tez faire connaître votre pas­sion, com­mu­ni­quez avec nous par cour­riel: jai­me­mon­[email protected]­nal­de­que­bec.com. En­voyez-nous des pho­tos de votre vé­hi­cule et une pe­tite des­crip­tion, qui sait, vous se­rez peut-être le pro­chain can­di­dat de la chro­nique

J’aime mon char!

Quand M. Gaé­tan J. Ga­gnon prend pos­ses­sion de son Willys M-38 CDN 1952, le vé­hi­cule a vu de meilleurs jours.

Le mo­teur à quatre cy­lindres en ligne à tête plate dé­ve­loppe 60 che­vaux à 4 000 tr/min et un couple de 105 lb-pi.

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