Tou­jours aus­si plai­sante à conduire

Le Journal de Quebec - Autonet.ca - - LA UNE - Fré­dé­ric Mer­cier

Pour les amou­reux d’automobile, la Volks­wa­gen Golf GTI est sou­vent ci­tée en exemple comme le com­pro­mis idéal, le ma­riage par­fait entre la pas­sion et la rai­son.

Com­pacte, mais pas trop, la pe­tite voi­ture à hayon est as­sez po­ly­va­lente pour la vie de tous les jours. Et pour le Gilles Ville­neuve qui som­meille en vous, son mo­teur tur­bo dé­ve­lop­pant 210 che­vaux et 258 livres-pied de couple ne manque pas d’at­trait.

Le meilleur des deux mondes. Et pour un peu moins de 30 000 $, à part ça.

Ce­pen­dant, plu­sieurs re­prochent à la GTI d’avoir pris beau­coup de poids avec les an­nées. D’avoir per­du son âme, en quelque sorte. De pe­tite voi­ture toute lé­gère, l’ico­nique Volks­wa­gen s’est ef­fec­ti­ve­ment em­bour­geoi­sée au fil des dé­cen­nies.

Mais est-ce vrai­ment une mau­vaise chose? TROIS DÉ­CEN­NIES PLUS TARD

Je suis moi-même pro­prié­taire d’une Volks­wa­gen Golf GTI 1986. Pour la pe­tite his­toire, j’ai ache­té cette voi­ture sur in­ter­net, mi­sant sur un en­can que je ne pen­sais hon­nê­te­ment pas rem­por­ter.

Mais j’ai ga­gné! Et la voi­ture ap­par­te­nait à une dame de San Fran­cis­co, à l’autre bout du con­tinent. En jan­vier der­nier, ac­com­pa­gné de mon frère et de sa jo­lie che­ve­lure, j’ai pris un avion vers la Ca­li­for­nie et j’ai conduit la vieille Volks jus­qu’au Qué­bec. 5800 ki­lo­mètres de pure fo­lie.

Tout ça pour dire que pour com­pa­rer la GTI d’au­jourd’hui à celle qu’elle a dé­jà été, je ne manque pas de ré­fé­rences.

C’est vrai qu’elle a pris du poids en 30ans, la pe­tite Volks­wa­gen. 456 ki­los, pour être exact. De ses 920 ki­los en 1986, elle en pèse dé­sor­mais 1376. Avec la confi­gu­ra­tion à cinq portes et la trans­mis­sion au­to­ma­tique, la ba­lance monte même à 1418 ki­los.

Sauf qu’il n’y a pas que le poids qui a aug­men­té. La puis­sance aus­si. En 1986, le pe­tit mo­teur de 1,8 litre de la GTI dé­ve­lop­pait 110 che­vaux et 114 livres-pied de couple. Au­jourd’hui, même une Co­rol­la fait mieux que ça.

La ver­sion ac­tuelle de la GTI dé­ve­loppe à peu près le double, avec un to­tal de 210 che­vaux et de 258 livres-pied. En termes de rap­port poids/puis­sance, la nou­velle mou­ture l’em­porte haut la main.

La tech­no­lo­gie a aus­si fait des pas de géant au cours des trois der­nières dé­cen­nies, et la Golf GTI en est un exemple pro­bant.

En 86, ce n’était pas com­pli­qué. Trois pé­dales, un vo­lant… et c’est à peu près ça! Pas de freins ABS, pas d’an­ti­pa­ti­nage, rien de tout ça. L’homme et la ma­chine, sans in­ter­fé­rence.

En 2017, on est à l’autre bout du spectre. La GTI peut dé­sor­mais ré­gu­ler sa vi­tesse en s’adap­tant à celle du vé­hi­cule qui la pré­cède, dé­tec­ter et évi­ter les

chan­ge­ments de voie in­vo­lon­taires et même se sta­tion­ner toute seule.

La nou­velle GTI est aus­si plus confor­table, mieux in­so­no­ri­sée et net­te­ment plus sé­cu­ri­taire. Ce qui ne veut pas dire qu’elle a per­du sa rai­son d’être pour au­tant.

LE PLAI­SIR AVANT TOUT

Bien des choses ont chan­gé en 30 ans, mais la no­tion de plai­sir de conduire de­meure la même. C’est tout ce qu’on de­mande, au fond.

Mal­gré sa prise de poids, la GTI de­meure un vé­hi­cule com­pact et agile qu’on conduit avec le sou­rire étam­pé au vi­sage. Sauf qu’avec le mo­dèle d’au­jourd’hui, on a du plai­sir sans sa­cri­fier le confort. Les sièges offrent un bon sup­port et le sys­tème d’in­fo­di­ver­tis­se­ment per­met de pro­fi­ter des tech­no­lo­gies de notre époque.

Pro­po­ser da­van­tage de com­mo­di­tés fait évi­dem­ment aug­men­ter son poids, mais c’est un pe­tit prix à payer quand on pense à tout ce qu’elle offre par rap­port à son an­cêtre.

Pour une der­nière fois cette an­née, la GTI de­meure dis­po­nible en ver­sion à trois portes. Dès l’an pro­chain, celle-ci se­ra dis­con­ti­nuée. Le mo­dèle à cinq portes de­vien­dra la seule confi­gu­ra­tion pro­po­sée.

Une trans­mis­sion ma­nuelle de­meure évi­dem­ment dis­po­nible pour les pu­ristes. Si­non, la trans­mis­sion au­to­ma­tique à double em­brayage de Volks­wa­gen est l’une des meilleures sur le mar­ché. À ce cha­pitre, il n’y a pas de mau­vais choix.

Alors, est-ce que la GTI d’au­jourd’hui a per­du sa rai­son d’être? Pas du tout. Volks­wa­gen n’a fait qu’amé­lio­rer une re­cette qui était dé­jà dé­li­cieuse.

Conduire une GTI 1986, c’est l’équi­valent de prendre le vo­lant d’un go-kart. En 2017, la GTI est une voi­ture plus ma­ture, aus­si à l’aise dans le tra­fic que sur une route si­nueuse.

Un vé­hi­cule beau­coup plus com­plet, en somme.

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