Les in­cen­dies cau­sés par les feux de foyer

C’est tou­jours agréable de chauf­fer le poêle à bois…, mais un in­ci­dent peut vite ar­ri­ver. Votre ap­pa­reil est-il bien ins­tal­lé et êtes-vous cer­tain de bien l’uti­li­ser ? Ne pre­nez pas de chance et re­dou­blez de vi­gi­lance !

Le Journal de Quebec - Immo - - MAISON EXTRA -

Nos mai­sons ne sont mal­heu­reu­se­ment pas à l’abri des in­cen­dies dé­clen­chés par les feux de foyer : « Se­lon le mi­nis­tère de la Sé­cu­ri­té pu­blique du Qué­bec, plus de 1200 feux de che­mi­née sur­viennent en moyenne à chaque an­née dans la pro­vince », rap­pelle Bill Noo­nan, of­fi­cier mé­dias-pré­ven­tion au sein du Ser­vice de pro­tec­tion contre l’in­cen­die pour la Ville de Qué­bec. Plu­sieurs causes ex­pliquent ces in­ci­dents qui peuvent avoir des consé­quences dra­ma­tiques. Si vous avez pla­cé vous-même votre poêle à bois, une mau­vaise ins­tal­la­tion pour­rait pro­vo­quer un in­cen­die. Pour une rai­son bien évi­dente de sé­cu­ri­té, la pose d’un ap­pa­reil de­vrait tou­jours se faire par un pro­fes­sion­nel ac­cré­di­té.

Créo­sote

L’ac­cu­mu­la­tion de créo­sote est aus­si res­pon­sable de nom­breux feux de che­mi­née. « Il s’agit d’un dé­pôt in­flam­mable for­mé par la fu­mée qui ré­sulte d’une com­bus­tion in­com­plète ou d’une mau­vaise com­bus­tion du bois », ex­plique M. Noo­nan. De cou­leur noire, cette sub­stance toxique se forme à l’in­té­rieur des pa­rois de la che­mi­née. Il est donc très im­por­tant de la faire net­toyer et ra­mo­ner mi­ni­ma­le­ment une fois par an­née. Si vous uti­li­sez votre ap­pa­reil de fa­çon as­sez fré­quente, il est re­com­man­dé de faire un ra­mo­nage à toutes les 5 cordes de bois. Vous de­vriez d’ailleurs tou­jours uti­li­ser du bois franc sec de bonne qua­li­té, comme le me­ri­sier ou le bou­leau. « Le bois vert n’est pas sec et il va aug­men­ter la for­ma­tion de créo­sote », ajoute-t-il. Les ma­tières plas­tiques, avec de la colle, sont à pros­crire éga­le­ment : en plus d’être no­cives et pol­luantes, elles fa­vo­risent l’ap­pa­ri­tion de créo­sote.

Cendres chaudes

Les cendres chaudes mal dis­po­sées peuvent éga­le­ment en­gen­drer de graves dom­mages : « Chaque an­née, on dé­nombre en moyenne 140 in­cen­dies de ré­si­dences cau­sés par la ma­ni­pu­la­tion des cendres chaudes », si­gnale M. Noo­nan. Afin d’évi­ter une tra­gé­die, n’uti­li­sez pas l’as­pi­ra­teur pour ra­mas­ser les cendres. Un ti­son, en ap­pa­rence éteint, peut vite al­lu­mer un feu ! Ne met­tez pas non plus les cendres dans un conte­nant com­bus­tible, comme le plas­tique ou le car­ton, mais pri­vi­lé­giez plu­tôt une chau­dière en mé­tal, avec le fond sur­éle­vé, mu­ni d’un cou­vercle éga­le­ment mé­tal­lique.

Cer­taines per­sonnes font l’er­reur de conser­ver ce conte­nant à l’in­té­rieur de la mai­son, ce qui est une très mau­vaise idée, puisque vous al­lez vous re­trou­ver avec du mo­noxyde de car­bone. Ino­dore et in­co­lore, ce gaz peut me­ner à l’in­toxi­ca­tion et conduire à la mort… Pla­cez les cendres loin de la mai­son à une dis­tance d’au moins un mètre et plus, sur une sur­face in­com­bus­tible. Elles peuvent res­ter chaudes pen­dant 5 à 7 jours : une fois qu’elles se­ront bien re­froi­dies, vous pour­rez les je­ter.

Aver­tis­seur et ex­tinc­teur de fu­mée

Il doit tou­jours y avoir un aver­tis­seur de fu­mée bien fonc­tion­nel, qui a moins de 10 ans, à chaque étage de la mai­son. Idéa­le­ment, ins­tal­lez aus­si un aver­tis­seur de mo­noxyde de car­bone, ain­si qu’un ex­tinc­teur de fu­mée. « L’ex­tinc­teur de­vrait seule­ment être uti­li­sé pour un pe­tit dé­but d’in­cen­die. Il ne faut ja­mais mettre votre vie en dan­ger », sou­tient M. Noo­nan. On le place le plus près pos­sible de la sor­tie et non sous l’évier de la cui­sine pour évi­ter d’être coin­cé entre le feu et la porte ex­té­rieure. Si ja­mais vous êtes ca­pable d’éteindre des pe­tites flammes, ap­pe­lez tout de même votre ser­vice in­cen­die. L’équipe spé­cia­li­sée se­ra en me­sure de tout exa­mi­ner avec des ca­mé­ras ther­miques pour s’as­su­rer que le feu est com­plè­te­ment éteint.

La mai­son brûle : que faire ?

Vous de­vez évi­dem­ment sor­tir de la mai­son au plus vite ! En prin­cipe, vous au­rez dé­jà conve­nu d’un point de ras­sem­ble­ment com­mun sur votre ter­rain, sur­tout si vous avez de jeunes en­fants. Cette me­sure vise à vous ras­sem­bler ra­pi­de­ment au lieu de vous épar­piller. Tou­te­fois, si vous êtes tous coin­cés au sous-sol, les fe­nêtres de­vraient être ac­ces­sibles au­tant de l’in­té­rieur que de l’ex­té­rieur. Elles doivent être dé­nei­gées en tout temps, car elles re­pré­sentent une bonne is­sue de se­cours. Vous vous trou­vez à l’étage pen­dant l’in­cen­die, sans pos­si­bi­li­té de quit­ter la mai­son ? En­fer­mez-vous dans une chambre en re­fer­mant bien la porte. Met­tez une cou­ver­ture dans le bas des portes pour évi­ter que la fu­mée pé­nètre dans la pièce, vous ga­gne­rez ain­si de pré­cieuses mi­nutes. Il existe aus­si des échelles pliables qui se fixent aux fe­nêtres, mais vous de­vez les avoir en main : n’al­lez sur­tout pas les cher­cher ! Si­non, at­ten­dez l’ar­ri­vée des pom­piers en criant pour les in­for­mer de votre em­pla­ce­ment. Ils vous sor­ti­ront ra­pi­de­ment de la mai­son…

Plus de 1200 feux de che­mi­née sur­viennent en moyenne chaque an­née dans la pro­vince. As­su­rez-vous de bien ins­tal­ler et de bien uti­li­ser votre poêle à bois !

Na­dia BER­GE­RON Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

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