De­hors, les vieux poêles à bois !

Vous êtes fa­ti­gué de votre poêle à bois qui ne sert plus et qui prend de la place in­uti­le­ment au sous-sol ? En­le­vez-le, mais as­su­rez-vous de le faire adé­qua­te­ment !

Le Journal de Quebec - Immo - - LA MAISON DE LA SEMAINE -

Un poêle à bois peut être très lourd et pe­ser entre 400 à 500 livres ! La pre­mière chose à faire consiste à l’al­lé­ger en re­ti­rant la porte et les pierres qui se trouvent à l’ in­té­rieur. Au préa­lable, vous au­rez aus­si en­le­vé les cendres pour mieux ma­ni­pu­ler les pierres. En­suite, vous al­lez le por­ter à l’ex­té­rieur en pre­nant quelques pré­cau­tions : « Il faut mettre des cour­roies de dé­mé­na­ge­ment, si­non vous au­rez mal au dos en des­cen­dant les marches », pré­vient Stéphane Bouf­fard, for­ma­teur et di­rec­teur tech­nique au sein de l’as­so­cia­tion des pro­fes­sion­nels du chauf­fage (APC). Ôtez en­suite le tuyau noir en met­tant un sac de plas­tique bien col­lé à chaque ex­tré­mi­té. Vous évi­te­rez ain­si de lais­ser une traî­née de suie der­rière vous qui pour­rait ta­cher le plan­cher et les murs.

Éco­centre ou fer­railleur

Pour vous dé­bar­ras­ser de votre poêle et du tuyau, vous pour­riez par exemple al­ler les por­ter à votre éco­centre, si c’est pos­sible, ou en­core chez le fer­railleur, com­mu­né­ment ap­pe­lé cour à scrap ! Ne pla­cez pas une pan­carte « À don­ner » sur votre vieux ma­té­riel, comme le rap­pelle M. Bouf­fard, qui sou­haite ap­por­ter cette pré­ci­sion : « De­puis sep­tembre 2009, une ré­gle­men­ta­tion pro­vin­ciale sti­pule qu’on ne peut pas vendre ou dis­tri­buer les ap­pa­reils non ho­mo­lo­gués », dit-il. Le but est d’ex­traire les ap­pa­reils désuets et pol­luants sur le mar­ché afin de fa­vo­ri­ser l’as­sai­nis­se­ment de l’en­vi­ron­ne­ment. En re­ti­rant les portes, on al­lège non seule­ment le poêle à bois, mais il de­vient ain­si ca­duc et hors ser­vice !

Condam­ner les en­trées

À l’in­té­rieur de la mai­son, pour bou­cher her­mé­ti­que­ment le trou cau­sé par le tuyau, on met de la laine mi­né­rale et on ajoute un bou­chon qu’on peut ache­ter dans une quin­caille­rie. « Il s’agit d’un bou­chon gal­va­ni­sé pour ob­tu­rer les trous pour les sys­tèmes au ma­zout », pré­cise M. Bouf­fard. En­suite, vous faites la fi­ni­tion se­lon vos goûts : cer­tains vont po­ser du pla­co­plâtre et mettre de la pein­ture pour ob­te­nir un ca­mou­flage parfait. D’autres vont lais­ser le ca­pu­chon du trou vi­sible : leur but est de ré­cu­pé­rer de l’es­pace tout en lais­sant l’ori­fice dis­po­nible si ja­mais ils dé­cident de vendre leur mai­son. On donne ain­si le choix au pro­chain pro- prié­taire d’ins­tal­ler ou non un poêle à bois.

Il reste en­suite à condam­ner la che­mi­née si­tuée sur le toit. Si la per­sonne est ha­bile et qu’elle pos­sède le bon équi­pe­ment, elle va faire la même opé­ra­tion qu’à l’in­té­rieur.

Ma­çon­ne­rie ou acier in­oxy­dable

Il y a deux types de che­mi­née dans l’in­dus­trie : celle conçue en ma­çon­ne­rie, avec de la brique ou de la pierre et celle qui est ronde et pré­fa­bri­quée en acier in­oxy­dable. « La che­mi­née de ma­çon­ne­rie, on ne l’en­lève pas, parce que si­non, vous al­lez mo­di­fier la struc­ture de la mai­son », sou­ligne M. Bouf­fard. Si vous le faites, vous de­vrez pré­voir de grands tra­vaux et une fac­ture éga­le­ment vo­lu­mi­neuse !

Vous n’êtes pas non plus obli­gé de dé­faire la che­mi­née pré­fa­bri­quée. Dans les deux cas, vous ajou­tez de la laine mi­né­rale et un ca­pu­chon sur le des­sus pour bien scel­ler l’ou­ver­ture. Vous pour­riez par contre vous dé­bar­ras­ser com­plè­te­ment de votre che­mi­née pré­fa­bri­quée – qui tra­verse le toit – lors de la ré­no­va­tion de votre toi­ture. Le maître cou­vreur en charge de ce pro­jet re­ti­re­ra toutes les pièces, fe­ra une nou­velle struc­ture et vous ob­tien­drez ain­si une belle toi­ture lisse. Si la che­mi­née est si­tuée sur le cô­té de la mai­son, ça ne vaut pas la peine de l’ôter : les tra­vaux se­raient d’ailleurs très dis­pen­dieux.

Bar­rière ther­mique

Il existe évi­dem­ment dif­fé­rentes gran­deurs de ca­pu­chon pour mas­quer l’en­trée de votre che­mi­née. Pour vous ai­der, pre­nez une feuille de tôle plus grande que le contour de la che­mi­née. « On fait le tour avec un crayon feutre pour dé­li­mi­ter l’ori­fice. En­suite, on taille, on met de la si­li­cone et on écrase la tôle par-des­sus pour avoir la même di­men­sion », ajoute M. Bouf­fard.

On dé­pose préa­la­ble­ment en­vi­ron un ou deux pieds de laine mi­né­rale dans les deux trous. La laine agit comme une bar­rière ther­mique entre l’ex­té­rieur et l’in­té­rieur en blo­quant les cou­rants d’air. Le but de la laine n’est pas d’iso­ler, mais de faire un scel­lant sup­plé­men­taire. Vous pour­riez par exemple contac­ter un membre de L’APC pour les tra­vaux d’iso­la­tion.

Lorsque le poêle est re­ti­ré et les trous bien col­ma­tés, faut-il faire ve­nir un ins­pec­teur en bâ­ti­ment ? « Ce n’est pas né­ces­saire. Il n’y a plus d’ap­pa­reil au chauf­fage au bois, donc ce n’est plus as­su­jet­ti à au­cune rè­gle­men­ta­tion », confie M. Bouf­fard.

Idéa­le­ment, on ap­porte notre poêle à bois à l’éco­centre ou chez le fer­railleur. Cré­dit: Na­dia Ber­ge­ron

Na­dia BER­GE­RON Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

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