Or­ne­ments ar­chi­tec­tu­raux

Plu­sieurs or­ne­ments em­bel­lissent la fa­çade d’une mai­son, comme les cor­niches, les den­telles ou les co­lonnes. Ils font par­tie de notre pa­tri­moine architectural. Il est donc im­por­tant de bien les en­tre­te­nir !

Le Journal de Quebec - Immo - - MAISON EXTRA - Na­dia BERGERON Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

Dis­per­sés un peu par­tout dans le pay­sage qué­bé­cois, les or­ne­ments ar­chi­tec­tu­raux sont es­thé­tiques, mais ils servent aus­si à dé­fi­nir le style et même le sec­teur d’une pro­prié­té. « Dans les quar­tiers ou­vriers de l’époque, on re­trou­vait des or­ne­ments aux cou­leurs vives », ajoute Éric Vincent, pro­prié­taire de l’en­tre­prise Les Tour­nages du Nord. Tan­dis que les quar­tiers chics étaient agré­men­tés de cou­leurs plus clas­siques, comme le blanc, le noir ou le beige. Di­vers types d’ha­bi­ta­tions ca­rac­té­risent le mar­ché pa­tri­mo­nial. La ré­si­dence la plus or­ne­men­tée est conçue dans le style vic­to­rien et pos­sède beaucoup de den­telles et de boi­se­ries. On re­con­naît la mai­son ca­na­dienne par son bal­con sur le de­vant, re­haus­sé de quatre co­lonnes ain­si que deux ou quatre lu­carnes dans le toit. Le look an­glais est re­pré­sen­té par les mai­sons Tu­dor avec du bois et du cré­pi dans le haut. Se­lon le sec­teur où vous ha­bi­tez, vous de­vez en gé­né­ral res­pec­ter l’ar­chi­tec­ture dé­jà en vi­gueur lorsque vous faites ré­pa­rer vos or­ne­ments.

Pin blanc et cèdre es­pa­gnol

M. Vincent et son équipe de tour­neurs et de sculp­teurs sont spé­cia­li­sés dans la re­pro­duc­tion his­to­rique. Ils tra­vaillent avec le bois, en par­ti­cu­lier le pin blanc qui est ré­sis­tant et abor­dable. Il pos­sède en outre une bonne sta­bi­li­té di­men­sion­nelle. Le cèdre rouge de l’ouest est aus­si ap­pré­cié, tout comme le cèdre es­pa­gnol qui est un aca­jou. Ce bois exo­tique as­sure éga­le­ment une bonne ré­sis­tance. « Le bois exige da­van­tage d’en­tre­tien qu’un autre ma­té­riau, mais les gens ne veulent pas mettre de l’alu­mi­nium pour leur mai­son an­ces­trale », confie M. Vincent. Ils veulent conser­ver le ca­chet par­ti­cu­lier et cha­leu­reux du bois, dont la du­rée de vie dé­pend de la qua­li­té de son en­tre­tien, de sa concep­tion et de son ins­tal­la­tion. Si les or­ne­ments sont orien­tés du cô­té sud, le so­leil as­sèche bien le bois et tue les bactéries. Les moi­sis­sures vont ain­si moins se dé­ve­lop­per. Du cô­té nord de la mai­son, les gar­ni­tures en bois vont se dé­gra­der plus ra­pi­de­ment.

Pré­ser­ver le bois

Tou­te­fois, même si les or­ne­ments pro­fitent d’un bon en­so­leille­ment, des me­sures pré­ven­tives s’im­posent afin de bien pré­ser­ver le bois. Il faut sur­tout s’as­su­rer qu’il n’y ait pas d’eau stag­nante nulle part. On vé­ri­fie ain­si l’état et le bon fonc­tion­ne­ment des gout­tières pour éloi­gner l’eau de la mai­son. « Le bois peut être mouillé, mais il doit sé­cher et il ne doit pas être hu­mide en per­ma­nence, si­non il va pour­rir », pré­vient M. Vincent. De plus, on doit mettre les boi­se­ries à une cer­taine dis­tance par rap­port au sol, car les pre­miers 12 pouces sont très hu­mides.

Si vous de­vez re­faire la cou­leur, il est re­com­man­dé de choi­sir une tein­ture plu­tôt qu’une pein­ture. La tein­ture a une meilleure adhé­rence. Elle offre plus de flexi­bi­li­té et elle suit bien les mou­ve­ments du bois. « Les cou­leurs pâles sont pré­fé­rables, car les teintes fon­cées vont faire chauf­fer le bois, ce qui au­ra pour ef­fet de le faire cra­quer et de di­mi­nuer sa du­rée de vie », sou­tient M. Vincent. La teinte de­vrait se faire aux 5 ans en­vi­ron, mais chaque an­née, on doit pro­cé­der à une bonne ins­pec­tion des élé­ments dé­co­ra­tifs. Dès qu’il y a une fente et que l’eau pé­nètre derrière le bois sans sé­cher adé­qua­te­ment, des problèmes de pour­ri­ture sur­gissent. Pe­tit truc : pi­quez le bois comme on le fait dans une pa­tate cuite : si c’est mou, le bois com­mence à se dé­com­po­ser. Bou­chez les trous ra­pi­de­ment et faites bien ré­pa­rer vos jo­lis ac­ces­soires.

An­ciennes ou ré­centes

Pour as­su­mer les frais de ré­pa­ra­tion, si la mai­son est pro­té­gée – car elle est clas­sée dans le pa­tri­moine –, elle peut être sub­ven­tion­née au ni­veau pro­vin­cial par le mi­nis­tère de la Culture, se­lon M. Vincent. « Les villes donnent des sub­ven­tions de plus en plus, si­non c’est trop cher à ré­pa­rer », dit-il. Au fil des ans, il n’y a pas que les or­ne­ments à re­faire, mais aus­si la toi­ture et les gout­tières en cuivre, ain­si que la ma­çon­ne­rie de pierre. La fac­ture peut grim­per ra­pi­de­ment…

Vous pou­vez évi­dem­ment mettre de belles fio­ri­tures sur une mai­son neuve ou plus ré­cente, mais sans trop char­ger la fa­çade ou dé­na­tu­rer le look. Le style an­glais, par exemple, est très sy­mé­trique : vous de­vez bien équi­li­brer l’es­thé­tisme si vous vou­lez avoir un de­si­gn har­mo­nieux !

Pho­tos : Courtoisie Les Tour­nages du Nord

Les or­ne­ments ar­chi­tec­tu­raux em­bel­lissent la mai­son et font par­tie de notre pa­tri­moine his­to­rique.

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