Lors d’un dé­cès, qui s’oc­cupe de la mai­son ?

Un dé­cès est éprou­vant pour les proches du dé­funt. Mal­gré la dou­leur, on ne doit pas ou­blier une tâche im­por­tante : prendre soin de la mai­son de la per­sonne disparue…

Le Journal de Quebec - Immo - - LA MAISON DE LA SEMAINE - Na­dia BER­GE­RON

Lors­qu’un pro­prié­taire – qui n’avait pas ou plus de conjoint – dé­cède, il faut d’abord consul­ter le tes­ta­ment : « S’il y a des li­qui­da­teurs ou des exé­cu­teurs tes­ta­men­taires, ce sont eux qui doivent faire quelque chose avec la mai­son et avec tout son conte­nu », pré­cise Jacques Go­beil, di­rec­teur des ser­vices-conseils en ha­bi­ta­tion chez Caa-qué­bec. S’il n’y en a pas, c’est le Cu­ra­teur pu­blic qui pren­dra en charge l’ha­bi­ta­tion.

Dans le cas où il y a des hé­ri­tiers, les deux scé­na­rios les plus simples sont les sui­vants : l’un deux peut ache­ter la mai­son ou elle se­ra ven­due et le mon­tant ob­te­nu re­vien­dra à la suc­ces­sion du dé­funt.

Une mai­son « ha­bi­tée »

La vente de la ré­si­dence peut prendre un cer­tain temps. Il faut donc la main­te­nir en bon état et as­su­rer une cer­taine sur­veillance pour évi­ter qu’elle se dé­grade ou qu’elle se fasse cam­brio­ler. Même s’il n’y a plus d’oc­cu­pant, il faut don­ner l’im­pres­sion qu’elle est en­core ha­bi­tée en dé­nei­geant l’en­trée du­rant l’hi­ver ou en fai­sant tondre le ga­zon l’été. Ins­tal­ler un sys­tème d’éclai­rage au­to­ma­tique qui s’al­lume dès qu’on entre dans la cour peut aus­si dé­cou­ra­ger cer­tains in­trus. Dé­pla­cer les ri­deaux dans le sa­lon montre qu’il y a du mou­ve­ment dans la mai­son…

En plus de cette res­pon­sa­bi­li­té, l’exé­cu­teur tes­ta­men­taire a d’autres tâches à ef­fec­tuer, en voi­ci quelques exemples : ra­mas­ser le cour­rier et avi­ser Postes Ca­na­da, cou­per l’eau de l’en­trée prin­ci­pale, dé­bran­cher les ap­pa­reils élec­triques, ou­vrir les fe­nêtres pour aé­rer les pièces, conser­ver une bonne tem­pé­ra­ture am­biante, etc.

En­tre­tien et ré­no­va­tion

Afin d’op­ti­mi­ser la vente de la ré­si­dence, les hé­ri­tiers peuvent dé­ci­der de faire des pe­tits tra­vaux cor­rec­tifs pour rendre la mai­son plus agréable. « Ça prend de l’argent pour in­ves­tir dans ces ré­nos. L’exé­cu­teur tes­ta­men­taire doit gé­rer ce bud­get et il va en­suite se re­payer à la vente de la mai­son », ajoute M. Go­beil. Re­faire la pein­ture avec une cou­leur plus neutre et chan­ger un lu­mi­naire ain­si que les poi­gnées des ar­moires sont des gestes qui dé­montrent qu’on s’oc­cupe bien de la mai­son. Un bon net­toyage du plan­cher, des murs, des ar­moires et des vitres pour­ra da­van­tage convaincre un ache­teur po­ten­tiel !

Si vous dé­ci­dez de lais­ser les lieux meu­blés, faites le tri en aé­rant bien toutes les pièces. En­le­vez le mo­bi­lier en­com­brant ou les ob­jets trop per­son­nels. Ac­qué­rir une mai­son dont le pro­prié­taire est dé­cé­dé peut avoir une in­fluence sur cer­tains ache­teurs qui sont plus ré­ti­cents. Il vaut mieux par­fois vi­der la pro­prié­té…

As­su­rances

Lorsque le conjoint du dé­funt est toujours vi­vant, il doit avi­ser l’as­su­reur du dé­cès. Il de­meu­re­ra ain­si sur la po­lice d’as­su­rance ha­bi­ta­tion. Tou­te­fois, si la per­sonne dé­cé­dée n’avait pas ou plus de par­te­naire, c’est l’exé­cu­teur tes­ta­men­taire qui doit ap­pe­ler la com­pa­gnie d’as­su­rance. « Pour être sûr qu’on parle vrai­ment à l’exé­cu­teur tes­ta­men­taire, on de­mande d’avoir la co­pie no­ta­riée du tes­ta­ment avec le nom de l’exé­cu­teur », in­dique Su­zanne Mi­chaud, vice-pré­si­dente as­su­rances chez Caa-qué­bec. Une fois le do­cu­ment re­çu, la po­lice est mise au nom de la suc­ces­sion de la per­sonne qui a per­du la vie.

Pour l’as­su­rance au­to, il faut aus­si aver­tir l’as­su­reur. Un membre de la fa­mille va-t-il uti­li­ser la voi­ture du dé­funt ou vou­lez-vous la re­mi­ser ? La moindre in­for­ma­tion doit être in­di­quée. Dans le cas d’une voi­ture re­mi­sée, on conserve la pro­tec­tion pour la res­pon­sa­bi­li­té ci­vile, mais on en­lève les pro­tec­tions pour les ac­ci­dents, ce qui di­mi­nue la prime à payer…

La mai­son est-elle va­cante ?

Idéa­le­ment, la mai­son de­vrait être ha­bi­tée par l’un des hé­ri­tiers, si­non elle de­vient va­cante, ce qui fait aug­men­ter la prime d’as­su­rance ou di­mi­nuer les pro­tec­tions. « On ne donne plus la pro­tec­tion pour les in­fil­tra­tions d’eau, ni celle pour le vol, etc. Chaque as­su­reur a ses propres normes », si­gnale M Mi­chaud. Une ha­bi­ta­tion va­cante aug­mente le risque de si­nistres, tan­dis que lorsque la per­sonne vit dans la ré­si­dence, elle peut ra­pi­de­ment s’oc­cu­per d’un dé­gât d’eau, par exemple.

« Quand la de­meure est in­oc­cu­pée, on de­mande d’en­voyer quel­qu’un tous les 2 ou 3 jours afin de vé­ri­fier que tout va bien », ex­plique M Mi­chaud. De plus, l’agent d’as­su­rance va faire des re­com­man­da­tions d’usage se­lon la sai­son : cou­per l’eau, tondre le ga­zon, dé­nei­ger l’en­trée, etc. Dans le tour­billon émo­tion­nel cau­sé par le dé­cès, on ne pense pas toujours à ces choses-là…

Lors­qu’une per­sonne dé­cède, on doit s’as­su­rer que sa mai­son est bien en­tre­te­nue et sur­veillée jus­qu’à la vente. Cré­dits : Pixa­bay

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