Le phé­no­mène de sur­en­chère

Le phé­no­mène de sur­en­chère semble ga­gner du ter­rain dans les ré­gions mé­tro­po­li­taines de re­cen­se­ment (RMR) de la pro­vince. Voi­ci ce que la Fé­dé­ra­tion des chambres im­mo­bi­lières du Qué­bec (FCIQ) a dé­cou­vert.

Le Journal de Quebec - Immo - - LA MAISON DE LA SEMAINE - Pa­mé­la EGAN

Quand le bas­sin de pro­prié­tés à vendre di­mi­nue, comme c’est le cas de­puis un peu plus d’un an, les condi­tions de mar­ché se res­serrent. Cette si­tua­tion en­traîne ha­bi­tuel­le­ment une hausse des prix de vente, sur­tout quand les ven­deurs ont l’avan­tage lors des né­go­cia­tions. Les offres multiples de­viennent alors plus fré­quentes, bien qu’elles ne soient pas re­cen­sées. Les sur­en­chères, elles, peuvent être dé­nom­brées. On dit qu’il y a sur­en­chère quand une pro­prié­té se vend au-des­sus du prix de­man­dé.

Condi­tions du mar­ché

De mai 2017 à avril 2018, seule la RMR de Mon­tréal af­fi­chait des condi­tions de mar­ché à l’avan­tage des ven­deurs. Dans les RMR de Ga­ti­neau et de Trois-rivières, les condi­tions étaient équi­li­brées, alors que les condi­tions du mar­ché étaient à l’avan­tage des ache­teurs dans les RMR de Qué­bec, Sher­brooke et Sa­gue­nay.

Pro­por­tion de sur­en­chères se­lon la RMR

Le constat de la FCIQ : la sur­en­chère a pro­gres­sé pen­dant l’an­née dans toutes les RMR. « Sans sur­prise, ce sont dans les ré­gions où le nombre de mois d’in­ven­taire est le plus bas que ce phé­no­mène est le plus ré­pan­du, soit à Mon­tréal et à Ga­ti­neau. Dans la ré­gion de Mon­tréal, où le mar­ché est à l’avan­tage des ven­deurs, c’est une pro­prié­té sur dix qui s’est ven­due plus cher que le prix de­man­dé. Dans la ré­gion de Ga­ti­neau, cette pro­por­tion est de 7,2 %, ce qui cor­res­pond à en­vi­ron une vente sur 14 », in­dique M. Paul Car­di­nal, di­rec­teur du service Ana­lyse du mar­ché de la FCIQ.

Pro­por­tion de sur­en­chères par ca­té­go­ries de pro­prié­tés se­lon la RMR

Constat de la FCIQ : les plex (pe­tits im­meubles lo­ca­tifs de deux à cinq lo­ge­ments) font gé­né­ra­le­ment da­van­tage l’ob­jet de sur­en­chère. « C’est no­tam­ment le cas dans les RMR de Mon­tréal, de Qué­bec, de Sher­brooke et de Trois-rivières. La ré­gion de Ga­ti­neau fait ici ex­cep­tion, les uni­fa­mi­liales y do­mi­nant à ce cha­pitre. À l’in­verse, il y a moins de sur­en­chères dans le seg­ment de la co­pro­prié­té, où les condi­tions du mar­ché sont gé­né­ra­le­ment plus dé­ten­dues », ex­plique M. Car­di­nal.

Écart moyen entre le prix de vente et le prix af­fi­ché pour les cas de sur­en­chère

Constat de la FCIQ : les écarts en pour­cen­tage ne semblent pas si im­por­tants d’une ré­gion à l’autre, alors qu’en dol­lars, les écarts sont plus mar­qués. « Les écarts en pour­cen­tage va­rient de 2,5 %, à Ga­ti­neau, à 3,7 %, à Qué­bec. Mais bien sûr, en dol­lars, c’est dans la RMR de Mon­tréal que les écarts sont les plus im­por­tants, les ache­teurs en­ga­gés dans des offres multiples ayant payé en moyenne 15 072 $ de plus que le prix de­man­dé par les ven­deurs. Viennent en­suite les RMR de Qué­bec et de Sher­brooke, avec des primes de 10 030 $ et de 7958 $ res­pec­ti­ve­ment à ce cha­pitre », men­tionne M. Car­di­nal.

Le phé­no­mène à plus long terme

Se­lon M. Car­di­nal, il est peu pro­bable que le phé­no­mène de sur­en­chère prenne de l’am­pleur à court terme. « Du cô­té de la de­mande, la re­mon­tée des taux d’in­té­rêt va re­froi­dir gra­duel­le­ment, quoique lé­gè­re­ment, les ar­deurs des ache­teurs. Du cô­té de l’offre, les nou­veaux ven­deurs dans les quar­tiers chauds risquent de s’adap­ter à cette réalité en de­man­dant des prix plus éle­vés. Aus­si, à moyen et à long terme, l’offre de nou­velles pro­prié­tés peut s’ajus­ter par une hausse des mises en chan­tier. Néan­moins, dans les quar­tiers cen­traux, ce sont sur­tout des pro­jets de co­pro­prié­tés qui ver­ront le jour. Les nou­velles uni­fa­mi­liales et les nou­veaux plex de­meu­re­ront une den­rée rare, ce qui main­tien­dra une cer­taine pres­sion sur les prix », rap­porte-t-il. Il ajoute éga­le­ment que la FCIQ va sur­veiller étroi­te­ment la si­tua­tion au cours des pro­chains mois.

Le phé­no­mène de la sur­en­chère a pro­gres­sé pen­dant l’an­née dans toutes les RMR de la pro­vince. Cré­dit : Can Stock Pho­to / Ru­fous

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