Le Pro­gramme d’adap­ta­tion de do­mi­cile

Le Pro­gramme d’adap­ta­tion de do­mi­cile de la So­cié­té d’ha­bi­ta­tion du Qué­bec (SHQ) offre une aide fi­nan­cière aux per­sonnes han­di­ca­pées afin de mieux adap­ter et amé­na­ger leur mai­son se­lon leur si­tua­tion par­ti­cu­lière.

Le Journal de Quebec - Immo - - LA MAISON DE LA SEMAINE - Na­dia BERGERON www.ha­bi­ta­tion.gouv.qc.ca/pro­gramme/ pro­gramme/pro­gram­me_­da­dap­ta­tion_ de_­do­mi­cile.html Vi­si­tez le site de la SHQ pour ob­te­nir des in­for­ma­tions sup­plé­men­taires sur le Pro­gramme d’adap­ta­tion de do­mi­cile.

Ce pro­gramme existe depuis 1991. Son ob­jec­tif est de per­mettre à un in­di­vi­du han­di­ca­pé d’en­trer et de sor­tir de sa ré­si­dence, d’ac­cé­der aux pièces es­sen­tielles et de réa­li­ser ses ac­ti­vi­tés de la vie quo­ti­dienne de fa­çon sé­cu­ri­taire.

La Loi as­su­rant l’exer­cice des droits des per­sonnes han­di­ca­pées en vue de leur in­té­gra­tion sco­laire, pro­fes­sion­nelle et so­ciale dé­fi­nit quel­qu’un qui est han­di­ca­pé comme suit :

« Toute per­sonne ayant une dé­fi­cience en­traî­nant une in­ca­pa­ci­té si­gni­fi­ca­tive et per­sis­tante et qui est su­jette à ren­con­trer des obs­tacles dans l’ac­com­plis­se­ment d’ac­ti­vi­tés cou­rantes. » Lors­qu’ils rem­plissent les condi­tions re­quises, ces gens peuvent bé­né­fi­cier d’un sou­tien fi­nan­cier afin d’ap­por­ter les mo­di­fi­ca­tions per­ti­nentes et né­ces­saires à leur pro­prié­té.

Ad­mis­sibles… ou non

La clien­tèle vi­sée par le pro­gramme est très va­riée : « Il peut s’agir d’une per­sonne vieillis­sante qui fait de l’ar­thrite, d’un en­fant qui a des troubles d’au­tisme ou de quel­qu’un at­teint de sclé­rose en plaques », énu­mère An­nie Gré­goire, di­rec­trice des pro­grammes à la So­cié­té d’ha­bi­ta­tion du Qué­bec. Un in­di­vi­du qui se re­trouve pa­ra­ly­sé et en fau­teuil rou­lant à la suite d’une chute peut aus­si se pré­va­loir de cette sub­ven­tion, tout comme les mal­voyants ou les mal­en­ten­dants. Cer­tains groupes ne sont pas ad­mis­sibles, comme les An­ciens Com­bat­tants, les gens ayant eu un ac­ci­dent de la route, qui sont cou­verts par la SAAQ, ou les ac­ci­den­tés au tra­vail, qui peuvent être pro­té­gés par la CNESST.

Aide fi­nan­cière

À la base, ceux qui sont ad­mis­sibles au pro­gramme peuvent re­ce­voir une sub­ven­tion maxi­male de 16 000 $. « Il y a deux aides ex­cep­tion­nelles pos­sibles en plus de celle-ci », si­gnale Mme Gré­goire. Une pre­mière tranche de 7 000 $ ad­di­tion­nelle peut être oc­troyée se­lon cer­taines condi­tions. Par­mi celles-ci, on note par exemple un faible re­ve­nu ou la né­ces­si­té de faire agran­dir son do­mi­cile. Ou en­core, la per­sonne doit vrai­ment pos­sé­der trois équi­pe­ments spé­cia­li­sés pour ré­pondre à ses be­soins es­sen­tiels.

Une deuxième tranche de 10 000 $, comme aide sup­plé­men­taire, peut s’ajou­ter si l’on cu­mule un faible re­ve­nu et qu’il est né­ces­saire d’ins­tal­ler un ap­pa­reil élé­va­teur pour per­sonne han­di­ca­pée ou un lè­ve­per­sonne sur rawl.

Er­go­thé­ra­peute et ins­pec­teur

Dans le mode « stan­dard » du pro­gramme, l’in­di­vi­du est ac­com­pa­gné par un er­go­thé­ra­peute du CLSC et par un ins­pec­teur de la MRC ou de la mu­ni­ci­pa­li­té concer­née. « Ces deux pro­fes­sion­nels vont l’ai­der. C’est une dé­marche qui ne touche pas seule­ment le do­mi­cile, mais la per­sonne éga­le­ment », ajoute Mme Gré­goire.

Ain­si, l’er­go­thé­ra­peute va se concen­trer sur les be­soins des gens, ain­si que sur l’adap­ta­tion fonc­tion­nelle. Tan­dis que l’ins­pec­teur va les gui­der dans leur dé­marche concer­nant les es­quisses pour ré­amé­na­ger leur mai­son. Les plans des de­vis vont leur per­mettre d’al­ler cher­cher des sou­mis­sions au­près des en­tre­pre­neurs.

Lorsque la per­sonne trouve elle-même son en­tre­pre­neur, elle va si­gner un contrat avec lui : « À ce mo­ment-là, on va dé­ter­mi­ner l’aide à la­quelle elle a droit », ex­plique Mme Gré­goire. Les mo­di­fi­ca­tions de la ré­si­dence peuvent en­suite com­men­cer et il y a une vi­site fi­nale avec l’er­go­thé­ra­peute et l’ins­pec­teur pour s’as­su­rer que les tra­vaux cor­res­pondent bien à la réa­li­té de cha­cun.

Adap­ter la mai­son

Les trans­for­ma­tions ef­fec­tuées va­rient, mais en gé­né­ral, on mise sur l’ac­ces­si­bi­li­té au do­mi­cile et sur la bonne cir­cu­la­tion entre les pièces prin­ci­pales, comme la cui­sine, la chambre à cou­cher et la salle de bains. À l’ex­té­rieur, on ajoute sou­vent une rampe d’ac­cès pour se rendre à l’en­trée prin­ci­pale. À l’in­té­rieur, on élar­git les portes afin de per­mettre un dé­pla­ce­ment plus fluide, en par­ti­cu­lier si la per­sonne est en fau­teuil rou­lant.

Dans la salle de bains, on peut ins­tal­ler une douche sans seuil. Un lève-per­sonne sur rail se­ra très ef­fi­cace pour dé­pla­cer un in­di­vi­du lour­de­ment han­di­ca­pé de son lit jus­qu’au bain ou vers la toi­lette. On pour­rait aus­si dé­ga­ger un es­pace sous l’évier pour fa­vo­ri­ser les mou­ve­ments du fau­teuil rou­lant.

Cui­sine et chambre

La cui­sine doit être fonc­tion­nelle et sé­cu­ri­taire. Les comp­toirs et les armoires peuvent être pla­cés à une hau­teur plus basse, les ta­blettes cou­lis­santes se­ront très pra­tiques et un dé­ga­ge­ment sous l’évier op­ti­mi­se­ra les dé­pla­ce­ments.

Dans la chambre à cou­cher, un lève-per­sonne sur rail, pour les cas plus lourds, per­met­tra de faire le trans­fert entre le fau­teuil et le lit. En abais­sant les tringles et les pôles dans la garde-robe, on ac­cé­de­ra plus fa­ci­le­ment aux vê­te­ments. Au be­soin, pour rem­pla­cer l’as­cen­seur – qui est très dis­pen­dieux –, on va plu­tôt mettre une pla­te­forme élé­va­trice.

La per­sonne han­di­ca­pée doit pou­voir vivre dans sa mai­son bien adap­tée, en toute sé­cu­ri­té, mais aus­si dans un cer­tain confort !

Cré­dit : Pixa­bay

Si vous êtes ad­mis­sible, le Pro­gramme d’adap­ta­tion de do­mi­cile vous offre une aide fi­nan­cière pour amé­na­ger votre pro­prié­té se­lon vos be­soins par­ti­cu­liers.

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