La toi­ture blanche

Il ne s’agit pas d’un toit re­cou­vert de neige : la toi­ture « blanche » fait plu­tôt ré­fé­rence à un re­vê­te­ment qui ré­flé­chit la cha­leur au lieu de l’ab­sor­ber. Une belle fa­çon d’éco­no­mi­ser et de ré­duire votre fac­ture d’éner­gie !

Le Journal de Quebec - Immo - - MAISON EXTRA - Na­dia BER­GE­RON

Ras­su­rez-vous, même s’il vous pa­raît long et froid, l’hi­ver ne du­re­ra pas éter­nel­le­ment : il faut dès main­te­nant pré­voir les pro­chaines tem­pé­ra­tures éle­vées de l’été ! Avec l e chan­ge­ment cli­ma­tique, nos sai­sons es­ti­vales de­viennent de plus en plus chaudes. Les mem­branes de toit blanches per­mettent de ré­duire cet ef­fet en ré­flé­chis­sant la lu­mière du so­leil. « Il y a moins de cha­leur qui entre dans le bâ­ti­ment », ex­plique Jé­ré­my Fla­mand, pro­prié­taire de l’en­tre­prise Toi­ture de la Ca­pi­tale. En fai­sant moins fonc­tion­ner le sys­tème de cli­ma­ti­sa­tion, on ob­tient ain­si des éco­no­mies d’éner­gie. Les toits blancs sont donc ap­pe­lés à jouer un rôle non né­gli­geable dans la lutte aux chan­ge­ments cli­ma­tiques.

Gra­nules de cé­ra­mique

La toi­ture blanche fait par­tie de la même fa­mille que celle des toits verts et vé­gé­ta­li­sés. Sa prin­ci­pale com­po­sante est gé­né­ra­le­ment re­con­nue par le pro­gramme de cer­ti­fi­ca­tion LEED. De plus, son étan­chéi­té em­pêche la cha­leur d’al­té­rer la toi­ture et pro­longe sa du­rée de vie. À la base, les tra­vaux de construc­tion d’un toit blanc à faible pente res­semblent beau­coup à ceux réa­li­sés pour une toi­ture stan­dard. C’est la mem­brane de fi­ni­tion qui est dif­fé­rente, puis­qu’elle est conçue avec des gra­nules de cé­ra­mique blanches ré­flé­chis­sant la cha­leur. Le toit de­meure froid, mal­gré la tem­pé­ra­ture éle­vée. « Cette mem­brane élas­to­mère vient en rou­leaux. On les dé­roule sur place en les sou­dant avec des torches », ajoute M. Fla­mand. Cette tâche doit être ef­fec­tuée par des ex­perts et des as­su­rances spé­cia­li­sées sont né­ces­saires pour l’uti­li­sa­tion des cha­lu­meaux. On ne s’im­pro­vise pas po­seur de toit blanc !

Ré­duire la cha­leur

Pour fa­vo­ri­ser et ac­croître la ré­duc­tion des îlots de cha­leur en mi­lieu ur­bain, M. Fla­mand rap­pelle qu’il est obli­ga­toire d’avoir une toi­ture blanche dans cer­tains quar­tiers, no­tam­ment dans les grands centres comme à Mon­tréal.

Si­non, peu im­porte la lo­ca­li­sa­tion de votre mai­son, ins­tal­ler un toit blanc au­ra comme avan­tage de ré­duire la cha­leur dans votre gre­nier. Le comble de­vient très chaud avec du bar­deau d’as­phalte, ce qui nous amène à po­ser des ven­ti­la­teurs sur le toit. « Avec une toi­ture blanche, en plus d’être bien ven­ti­lée, elle conserve une bonne fraî­cheur dans le comble et ça va pa­raître dans l’en­semble de la mai­son », dit-il.

Si vous êtes ten­té par un toit gris pâle, rap­pe­lez-vous qu’il n’est pas « blanc » et qu’il n’of­fri­ra pas les mêmes at­tri­buts : à 30 de­grés sous le so­leil, vous vous brû­le­rez les mains avec la toi­ture grise, tan­dis que la blanche de­meu­re­ra fraîche. En hi­ver, étant don­né la fraî­cheur de ce re­vê­te­ment, la neige ne col­le­ra pas et il se­ra fa­cile de l’en­le­ver.

En­tre­tien et du­ra­bi­li­té

En ce qui concerne l’en­tre­tien, vous n’avez pas be­soin de por­ter une at­ten­tion par­ti­cu­lière aux gra­nules : elles sont moins chaudes et moins fra­giles. « De plus, en cas de fis­sure ou de dé­faut d’étan­chéi­té, ces mem­branes sont plus fa­ciles à ré­pa­rer », sou­tient M. Fla­mand. Il s’agit d’un re­vê­te­ment qui « tra­vaille » moins et qui dure plus long­temps qu’une sur­face en bar­deaux. Vous pour­rez at­tendre fa­ci­le­ment 20 ou 30 ans avant de chan­ger votre toit blanc…

Si vous le sou­hai­tez, il est pos­sible de choi­sir une mem­brane élas­to­mère blanche avec un in­dice de ré­flec­teur so­laire su­pé­rieur in­cluant des ga­ran­ties éga­le­ment su­pé­rieures.

Pour ce type de re­vê­te­ment, l’ins­pec­tion an­nuelle n’est pas né­ces­saire, mais il est re­com­man­dé de faire exa­mi­ner votre toi­ture en fin de vie. On vé­ri­fie­ra par exemple les ven­ti­la­teurs ain­si que le scel­lant au­tour des so­lins.

Ré­no­vert

Comme le si­gnale M. Fla­mand, la dif­fé­rence de prix entre une mem­brane stan­dard et celle de gra­nules blanches est de quelques cen­taines de dol­lars seule­ment : « Le pro­gramme Ré­no­vert rem­bourse la dif­fé­rence. » Ef­fec­ti­ve­ment, vous pour­riez pro­fi­ter de ce cré­dit d’im­pôt. Ce pro­gramme gou­ver­ne­men­tal en­cou­rage ain­si la mise au point de pro­duits in­no­va­teurs et la ré­duc­tion des émis­sions de gaz à ef­fet de serre. Il s’ap­plique uni­que­ment aux tra­vaux qui ont pour but d’amé­lio­rer le ren­de­ment éco­éner­gé­tique d’une ha­bi­ta­tion. « On peut donc main­te­nant bé­né­fi­cier du pro­gramme Ré­no­vert pour amé­na­ger un toit blanc », conclut M. Fla­mand.

La toi­ture blanche ré­flé­chit la cha­leur au lieu de l’ab­sor­ber, ce qui vous pro­cure de la fraî­cheur et des éco­no­mies d’éner­gie ! Cré­dits : Cour­toi­sie Toi­ture de la Ca­pi­tale

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