JO­SEPH AR­THUR: Entre New York, Montréal et L.A.

Peu d’ar­tistes sont aus­si créa­tifs que Jo­seph Ar­thur. Le New-Yor­kais de 39 ans, amou­reux éper­du de Montréal, lance des al­bums de fa­çon ré­gu­lière de­puis 14 ans, tout en conti­nuant d’as­sou­vir sa pas­sion pour les arts vi­suels.

Le Journal de Quebec - Weekend - - MUSIQUE - Ra­phaël Gen­dron-Mar­tin

On at­trape Jo­seph Ar­thur au bout du fil alors qu’il vient de ter­mi­ner un test de son à Ber­lin. Pour la pre­mière fois de sa car­rière, l’ar­tiste amé­ri­cain ef­fec­tue une mi­ni-tour­née en Al­le­magne de six dates.

« Je n’ai pas vrai­ment de fans ici. C’est un nou­veau ter­ri­toire pour moi, men­tionne-t-il. En fait, il y a beau­coup de pre­mières fois cette an­née. Je suis aus­si al­lé jouer pour la pre­mière fois en Aus­tra­lie et en Chine. Ça fait trois mois et de­mi que je suis sur la route. Je com­mence à avoir hâte de re­tour­ner chez moi. »

INS­PI­RÉ PAR LA GUI­TARE

Ja­mais at­teint du syn­drome de la page blanche (il a sor­ti quatre mi­ni-al­bums en cinq mois en 2008), Jo­seph Ar­thur plan­chait dé­jà sur deux autres al­bums lorsque la mu­sique d’un autre disque lui est ve­nue.

« Je me suis ren­du chez un ami à Los An­geles et j’ai com­men­cé à grat­ter la gui­tare. Je cher­chais un son simple et beau. Ra­pi­de­ment, une poi­gnée de chan­sons me sont ve­nues en tête. On a en­re­gis­tré Out On a Limb. Le len­de­main, je suis re­tour­né en stu­dio et on a en­re­gis­tré neuf autres chan­sons en un seul après-mi­di. »

Ce qui n’était jusque-là que des ses­sions acous­tiques a com­men­cé à prendre da­van­tage forme lorsque Ar­thur a contac­té le bat­teur Jim Kelt­ner pour y ajou­ter sa touche per­son­nelle. Le mu­si­cien avait tra­vaillé avec le chan­teur sur

Come To Where I’m From.

En­fin, le réa­li­sa­teur John Ala­gia est em­bar­qué dans l’aven­ture pour peau­fi­ner le ré­sul­tat de ce qui al­lait de­ve­nir

The Gra­dua­tion Ce­re­mo­ny.

Au fait, pour­quoi ce titre d’al­bum ? « C’est une ligne de la der­nière chan­son [ Love Ne­ver Asks You To Lie]. J’aime ça quand le titre est en lien avec quelque chose de l’al­bum. Et le disque est à pro­pos de la fin d’une re­la­tion. C’est une sorte de gra­dua­tion, c’est la mort, d’une cer­taine fa­çon. »

MÉ­LO­DIQUE ET PER­SON­NEL

Quand on lui de­mande com­ment il dé- crit son nou­vel al­bum mu­si­ca­le­ment et tex­tuel­le­ment, Jo­seph Ar­thur évoque les mots « mé­lo­dique » et « beau », de même que « per­son­nel » et « riche ».

« Tu fais un tra­vail et tu es­pères que les gens vont l’ap­pré­cier. C’est im­por­tant d’avoir des gens qui prêtent at­ten­tion à ce que je fais, car ça coûte de l’ar­gent, faire des al­bums. »

Pas­sion­né des arts vi­suels, Jo­seph Ar­thur s’adonne à la pein­ture de­puis plu­sieurs an­nées. C’est donc tout na­tu­rel­le­ment qu’il illustre lui-même la po­chette de la plu­part de ses al­bums.

« Pour le nou­veau, c’est une vieille toile que j’avais faite. Elle doit faire 10 pieds par 6 pieds. Elle a les di­men­sions pour être dans un mu­sée. Ha­bi­tuel­le­ment, je n’aime pas les an­ciennes toiles que j’ai faites, mais je suis tom­bé sur celle-là et elle ca­drait bien pour le nou­vel al­bum. Ç’a été la po­chette la plus simple à faire. »

SON AMOUR POUR MONTRÉAL

Ha­bi­tant à New York de­puis plu­sieurs an­nées, Jo­seph Ar­thur re­marque qu’il se sent beau­coup plus ins­pi­ré lors­qu’il se rend à Los An­geles.

« À chaque fois que j’y vais, je me ra- masse à faire une col­la­bo­ra­tion. Il y a beau­coup de gens là-bas qui sont ou­verts et so­ciables. »

Mal­gré cet as­pect, l’ar­tiste n’a pas l’in­ten­tion de dé­mé­na­ger sur la côte Ouest. « J’aime trop New York. En fait, je dé­mé­na­ge­rais à Montréal avant. J’ai même dé­jà re­gar­dé pour un en­droit à Montréal. »

« Je suis tou­jours à Montréal. C’est une très belle ville. J’aime son cô­té eu­ro­péen avec les gens qui parlent fran­çais. Il y a beau­coup de po­ten­tiel là­bas. J’aime les gens qui sont cha­leu­reux. Ma com­pa­gnie de gé­rance est à Montréal. »

Lui qui a dé­jà écrit une chan­son ap­pe­lée Chi­ca­go, Jo­seph Ar­thur n’avait ja­mais en­vi­sa­gé d’écrire une pièce sur Montréal.

« Mais c’est une bonne idée. Der­niè­re­ment, tout le monde par­lait de « Rap­ture » [la fin du monde] et j’avais cette phrase : « We made it to the Rap­ture ». Je me di­sais que ça son­nait comme une chan­son que Leo­nard Co­hen n’avait ja­mais écrite. Peut-être que je pour­rais in­cor­po­rer cette phrase dans une chan­son sur Montréal, et y ajou­ter la ré­fé­rence à Co­hen. »

AVEC BEN HAR­PER

Cet été, Jo­seph Ar­thur se­ra de pas­sage au Qué­bec pour y jouer dans le cadre du Fes­ti­val Oshea­ga, à Montréal, de même qu’au Fes­ti­val d’été, à Qué­bec.

Dans le cas du Fes­ti­val d’été, il joue­ra juste avant Ben Har­per, avec qui il avait en­re­gis­tré un al­bum en 2010, avec le groupe Fist­ful of Mer­cy.

« On avait fait une tour­née d’en­vi­ron 20 spec­tacles avec Dha­ni Har­ri­son. Estce que je vais faire quelque chose avec Ben sur la scène à Qué­bec ? C’est pos­sible. En fait, je ne sa­vais même pas qu’il al­lait être là ! »

« THE GRA­DUA­TION CE­RE­MO­NY » PHO­TO AGENCE QMI | MY­RIAM SAN­TOS

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