Les 10 choses qu’on dé­teste du ci­né­ma hol­ly­woo­dien

TO­RON­TO La sai­son hol­ly­woo­dienne des ré­com­penses étant ter­mi­née de­puis dé­jà de nom­breuses se­maines, le temps est main­te­nant ve­nu de payer les coû­teuses fac­tures, avec des films de su­per hé­ros et d’ex­plo­sions, avec des lu­nettes 3D à 3 $ et des sacs de maï

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Jim Slo­tek

Tout ça est d’abord et avant tout une ques­tion de peur : la peur des stu­dios de Hol­ly­wood de pro­po­ser quelque chose de nou­veau et d’échouer, per­dant du coup des cen­taines de mil­lions de dol­lars. Il y a aus­si la peur de s’écar­ter de ce qui a fait de l’ar­gent l’an der­nier, voire au cours de la der­nière dé­cen­nie. Bref, c’est la peur qui est à l’ori­gine de la sai­son es­ti­vale des « block­bus­ters », qui com­mence ces jours-ci pour se ter­mi­ner en sep­tembre.

Je vois près de 200 films chaque an­née pour que vous n’ayez pas à le faire. Après un cer­tain temps, on a en­vie de dire « ça suf­fit ! », et ce, même si, grâce à mes col­lègues, je ne vois pas toutes les co­mé­dies ro­man­tiques ou les films de su­per hé­ros.

Voi­ci la liste des 10 choses qui de­vraient être ré­glées dans l’in­dus­trie ci­né­ma­to­gra­phique hol­ly­woo­dienne avant qu’une ca­tas­trophe na­tu­relle ne sur­vienne dans le sud de la Ca­li­for­nie.

1. LA 3D :

Ça n’a pas fonc­tion­né jus­qu’à main­te­nant. Ça a même des al­lures de sys­tème py­ra­mi­dal, cette af­faire. Le pre­mier gars qui a uti­li­sé la 3D (James Ca­me­ron) s’est rem­pli les poches. Le se­cond (Tim Bur­ton), lui aus­si. Mais après ce­la, tous ceux qui ont osé ont per­du de l’ar­gent.

Le réa­li­sa­teur James Ca­me­ron en est tel­le­ment accro qu’il a pro­duit un film en 3D, Sanc­tum, qui se dé­roule presque ex­clu­si­ve­ment dans de sombres grottes sous-ma­rines. Belle uti­li­sa­tion de cette nou­velle tech­no­lo­gie, Jim ! Les adultes n’en ont ja­mais raf­fo­lé, et les en­fants sont aus­si im­pres­sion­nés par la 3D que par la console de jeux PlayS­ta­tion 1. Des na­vets comme The Nut­cra­cker in

3D ou Les voyages de Gul­li­ver met­traient les gens en co­lère dans n’im­porte quel for­mat. Les faire payer pour un sup­plé­ment, c’est ajou­ter l’in­sulte à l’in­jure. 2. LA CAP­TA­TION DE MOU­VE­MENTS (« MO­TION CAP­TURE ») :

Le réa­li­sa­teur Ro­bert Ze­me­ckis semble vé­ri­ta­ble­ment ob­sé­dé par la re­pro­duc­tion réa­liste de l’hu­main en for­mat

nu­mé­rique. C’est pour­quoi nous avons vu des per­son­nages aux yeux ca­da­vé­riques et à la peau pâ­teuse pseu­do­hu­maine dans des films comme Bo­réal Ex­press, La lé­gende de Beo­wulf, Des

ma­mans pour Mars. Il au­ra fal­lu près d’une dé­cen­nie pour que Ze­me­ckis com­prenne le mes­sage. Plus im­por­tant en­core, les gens qui le fi­nan­çaient semblent en­fin avoir com­pris que ce n’était pas l’idée du siècle.

3. LA CA­MÉ­RA À L’ÉPAULE :

Il y a main­te­nant près de deux dé­cen­nies, Lars von Trier lan­çait un col­lec­tif ap­pe­lé Dogme 95 qui, iro­ni­que­ment, prô­nait l’adop­tion de tech­niques ci­né­ma­to­gra­phiques an­ti­hol­ly­woo­diennes, comme l’uti­li­sa­tion de la ca­mé­ra à l’épaule. Quelques an­nées plus tard, plu­sieurs réa­li­sa­teurs ont eu re­cours à ce pro­cé­dé, comme en té­moignent les films

Tor­nade et Il faut sau­ver le sol­dat Ryan. La ca­mé­ra à l’épaule est même de­ve­nue la norme dans les films ayant pour pré­misse la cap­ta­tion vi­déo d’un évé­ne­ment spec­ta­cu­laire ou dra­ma­tique par un pro­ta­go­niste ( Le pro­jet Blair, Clo­ver­field, Diary of the Dead, Dans la val­lée d’Elah). On a com­pris le concept. Sauf qu’il s’agit d’une tech­nique qui date. Mes­sage aux réa­li­sa­teurs : ou bien vous vous ache­tez un tré­pied, ou bien vous four­nis­sez l’as­pi­rine.

4. DES SÉ­RIES TÉ­LÉ­VI­SÉES POUR BA­BY-BOO­MERS ET GENS DE LA GÉ­NÉ­RA­TION X ADAP­TÉES AU GRAND ÉCRAN :

Shé­rif, fais-moi peur ? Stars­ky et Hutch ? Char­lie et ses drôles de dames

? Ma sor­cière bien-ai­mée ? Deux flics à Mia­mi ? L’agence tous risques ? Et après on se de­mande pour­quoi les gé­né­ra­tions Y et Z nous dé­testent ?

5. DES FILMS « POP-CORN » QUI DURENT PLUS DE DEUX HEURES :

Lors­qu’un film comme Trans­for­mers dure plus de deux heures et de­mie juste pour pou­voir mon­trer un com­bat de ro­bots, on se dit que, pour notre san­té men­tale, quel­qu’un au­rait dû cou­per dans le mon­tage fi­nal du réa­li­sa­teur Mi­chael Bay. C’est aus­si vrai pour les trois pre­miers

Pi­rates des Ca­raïbes de Gore Ver­bins­ki.

6. ADAM SAND­LER :

L’éter­nel homme en­fant. Dans son pro­chain film, Jack and Jill, il in­carne une drag-queen. Que joue­ra-t-il la pro­chaine fois ? Une drag-queen obèse ? Com­bien vou­lez-vous pa­rier qu’il frappe quel­qu’un au vi­sage dans ce film ? Il a at­teint les 45 ans, il est un ma­ri et un père de fa­mille. Gran­dis un peu !

7. RAN­DY NEW­MAN :

Lorsque j’étais à l’école se­con­daire (il y a belle lu­rette !), Ran­dy New­man com­po­sait des chan­sons qui se vou­laient des sa­tires so­ciales, no­tam­ment

Po­li­ti­cal Science. Il a par la suite dé­cou­vert à quel point ce­la pou­vait être payant d’écrire des trucs mi­gnons et gen­tils pour des mé­ga­pro­duc­tions d’abord des­ti­nées aux en­fants. Il a même ob­te­nu une no­mi­na­tion aux Os­cars pour son tra­vail. S’il vous plaît, Ran­dy, écri­vez une vraie chan­son à nou­veau.

8. LES FA­MEUX REMAKES D’HOL­LY­WOOD, DE FILMS AN­GLAIS, FRAN­ÇAIS, SUÉ­DOIS :

Sé­rieu­se­ment, est-ce que le film sué­dois d’en­fants-vam­pires Let The

Right One In de­vait vrai­ment être re­fait à la sauce amé­ri­caine ( Laisse

moi en­trer) ? La femme Ni­ki­ta a aus­si fait l’ob­jet d’un in­utile « re­make » , tout comme The Wi­cker Man, qu’on doit ab­so­lu­ment voir dans sa ver­sion ori­gi­nale, soit celle qui ne met pas en ve­dette Ni­co­las Cage. Et je ne parle même pas de la ver­sion de Ro­land Em­me­rich de God­zilla.

9. DES JOUETS FAI­SANT

L’OB­JET DE FILMS :

Histoire de jouets avait une ex­cuse, mais G. I. Joe ? Trans­for­mers ? Ins­pi­ré du cé­lèbre jeu de pe­tits ba­teaux,

Bat­tle­ship sor­ti­ra pro­chai­ne­ment sur nos écrans. Ce der­nier opus fait par­tie d’un contrat de six ans que Has­bro a si­gné avec Uni­ver­sal, qui com­prend éga­le­ment des pro­jets de films pour Mo­no­po­ly, Clue et Oui­ja, entre autres jeux. Je suis impatient de voir un film en 3D por­tant sur le Slin­ky !

10. DES CHAN­SONS À SUC­CÈS QUI DE­VIENNENT DES TITRES DE FILMS :

Quand une chan­son da­tant des an­nées 1980 de­vient le titre d’un film sans qu’il n’y ait au­cun lien entre les deux, qu’on pense no­tam­ment à Ame

ri­can Pie (heu­reu­se­ment, il y avait bel et bien une tarte dans le film), One Fine Day, So­me­thing To Talk About,

Pret­ty Wo­man ou à The Kids Are Al­right, vous sa­vez que tout le monde lors de la réunion de pro­duc­tion fouillait dans son iTunes à la re­cherche d’ins­pi­ra­tion. Force est de consta­ter que le cô­té droit de leur cer­veau, où loge la créa­ti­vi­té, est en panne de­puis bien long­temps.

James Ca­me­ron, avec son film Ava­tar, a été le pre­mier à uti­li­ser la tech­no­lo­gie 3D. Une for­mule ga­gnante qui a per­mis au réa­li­sa­teur et pro­duc­teur ca­na­dien de se rem­plir les poches.

Le film sué­dois Let The Right One In a fait l’ob­jet d’un re­make amé­ri­cain, Laisse-moi en trer. Était-ce bien né­ces­saire ? Adam Sand­ler joue l’éter­nel homme en­fant dans la plu­part de ses films. Il y a dé­jà deux dé­cen­nies, le réa­li­sa­teur da­nois Lars von...

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