L’ESPOIRet L’AMOUR dans un pre­mier ro­man

L’ac­teur et pro­duc­teur Christophe Lam­bert a mis deux dé­cen­nies avant d’of­frir au pu­blic son tout pre­mier ro­man. La fille por­te­bon­heur, une histoire belle et sen­sible, tra­duit un être ré­so­lu­ment po­si­tif qui croit à l’amour, à l’es­poir et au des­tin.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - Ma­rie-France Bor­nais

« Ça fait 20 ans que je tra­vaille cette histoire dans ma tête sans sa­voir si je vou­lais en faire un scé­na­rio ou un ro­man. Quand j’ai ren­con­tré Mu­riel Beyer, la di­rec­trice de Plon, elle m’a dit, fais-moi 15 pages de ro­man. Elle les a lues. Elle m’a dit : vas-y, écris ton livre », ra­conte le hé­ros de Greys­toke, High­lan­der et Sub­way, en en­tre­tien té­lé­pho­nique.

Pour­quoi avoir at­ten­du si long­temps? « Parce que la vie est comme ça. Il y a des mo­ments où on est prêt à faire les choses », dit-il d’une voix très po­sée. « Moi, ça m’a pris du temps, entre les tour­nages, les dif­fé­rents bu­si­ness, les voyages. Il fal­lait que je trouve une plage de temps suf­fi­sam­ment longue pour pou­voir m’y at­te­ler et sur­tout, il fal­lait avoir ce but. »

La fille porte-bon­heur met en scène Mike Wil­son, un pia­niste dé­chu à qui le des­tin donne une se­conde chance en lui fai­sant ren­con­trer un pro­duc­teur qui croit en son ta­lent, et double la chance en met­tant sur son che­min Lu­cy, la femme de sa vie.

Christophe Lam­bert a trou­vé l’ex­pé­rience fort agréable. « Il y a une grande li­ber­té dans l’écri­ture. On n’a pas de pa­ra­mètre de bud­get. Je peux in­ven­ter ce que je veux. C’est libre cours à mon ima­gi­na­tion », dit l’au­teur qui a mis neuf mois — « le temps d’un bé­bé » — pour écrire le ro­man.

Il y a un peu de Christophe Lam­bert dans Mike Wil­son, bien qu’il ne s’agisse pas du tout d’une au­to­bio­gra­phie. « Sur l’amour, on est tou­jours à la re­cherche du grand amour parce que c’est la plus belle chose du monde et on ne sait ja­mais quand ça va vous tom­ber des­sus. Sur la vie, je suis un per­son­nage ex­trê­me­ment po­si­tif et op­ti­miste, quoi qu’il ar­rive. J’aime les contes de fées. J’aime les anges. J’aime l’idée d’une en­ti­té pro­tec­trice sur les gens. J’aime ce concept de dire que si on croit en quelque chose, si on a foi en quelque chose, on est pro­té­gé d’une ma­nière ou d’une autre. »

SO­PHIE, SON PORTE-BON­HEUR

Cer­taines per­sonnes de son en­tou­rage sont pour lui un porte-bon­heur, comme Lu­cy l’est pour Mike. « Ma fille est un porte-bon­heur. So­phie (NDLR : Mar­ceau) est un porte-bon­heur. Je pense qu’elle m’amène des choses que peu de gens m’ont ame­né, c’est-à-dire une lu­ci­di­té, une droi­ture, une rai­son de vivre et une com­pré­hen­sion aus­si de ce que veut dire le mot in­té­gri­té. À par­tir du mo­ment où on s’en­gage dans quelque chose, on va jus­qu’au bout. So­phie, c’est tout, sauf quel­qu’un de su­per­fi­ciel. »

PAS­SION­NÉ PAR LA MU­SIQUE

Comme Mike, Christophe Lam­bert est pas­sion­né par le pia­no. « Mal­heu­reu­se­ment, je ne sais pas en jouer, mais c’est l’ins­tru­ment de mu­sique qui me fas­cine le plus. Si, quand j’avais huit ans, j’avais choi­si le pia­no plu­tôt que le ju­do, puisque ma mère m’avait lais­sé la pos­si­bi­li­té du pia­no ou du ju­do, je pense que si je n’étais pas de­ve­nu un grand mu­si­cien, j’au­rais pris énor­mé- ment de plai­sir à en jouer pen­dant toute ma vie. Le pia­no, c’est un com­pa­gnon ex­tra­or­di­naire. »

LA BOU­TEILLE

Christophe Lam­bert a fait de son per­son­nage prin­ci­pal, Mike Wil­son, un homme aux prises avec un pro­blème d’al­cool. C’est une pro­blé­ma­tique qu’il connaît. « Contrai­re­ment à Mike Wil­son, j’ai eu la chance de ren­con­trer des gens, dont So­phie Des­ma­rais, qui était ma com­pagne il y a plu­sieurs an­nées et qui a été un peu mon garde-fou. Mike Wil­son est tom­bé au fond du trou. Moi, je me suis ar­rê­té au bord du pré­ci­pice. Avec l’aide de gens et avec ma prise de conscience per­son­nelle, je me suis aper­çu qu’il y avait un pro­blème et je me suis ar­rê­té au bon mo­ment. »

Comme les amou­reux de son histoire, Christophe Lam­bert ne s’in­té­resse pas au pa­raître. « Mal­heu­reu­se­ment, on est de plus en plus dans une so­cié­té qui n’est ba­sée que sur l’avoir plu­tôt que l’être. C’est très dom­mage parce qu’on n’existe pas à tra­vers ce qu’on a, mais sim­ple­ment à tra­vers ce qu’on est. Quelle que soit la classe so­ciale, quels que soient les êtres hu­mains, on est quel­qu’un de bien ou pas, qu’on soit riche, qu’on soit pauvre. Il ne faut pas ju­ger les ap­pa­rences. »

Lui-même pré­fère vivre en re­trait plu­tôt qu’à l’avants­cène. « Je de­viens un per­son­nage dans un film, et puis une fois que le met­teur en scène a crié « Cou­pez! », je re­de­viens moi. Dans la vie quo­ti­dienne, je suis ce que je suis. On aime ou on n’aime pas, mais on prend ce qu’il ya! » √ Le pre­mier ro­man de Christophe Lam­bert, La fille

porte-bon­heur, a re­çu le prix Claude Cha­brol lors des Jour­nées du livre et du vin de Sau­mur, en France. Cette dis­tinc­tion est at­tri­buée aux livres qui s’adaptent le mieux au ci­né­ma.

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