D’UN AUTRE TEMPS

Le « nou­veau » Duke Nu­kem Fo­re­ver est ré­so­lu­ment an­cré dans l’époque du jeu ori­gi­nal. Au point qu’on di­rait presque un titre ré­tro dont on a res­tau­ré le vi­suel pour l’of­frir comme ar­té­fact aux jeunes joueurs mo­dernes.

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Steve Tilley

Rap­pe­lons que le pro­jet a pas­sé 14 longues an­nées en dé­ve­lop­pe­ment. Une ges­ta­tion sou­vent à la dé­rive, mar­quée par plu­sieurs re­ports et faux dé­parts. Des mil­lions de dol­lars ont ain­si été in­uti­le­ment en­glou­tis de­puis 1997. Fi­na­le­ment ré­cu­pé­ré et me­né à terme par Gear­box Soft­ware, Duke Nu­kem Fo­re­ver a donc eu le temps de vieillir pré­ma­tu­ré­ment en cou­lisses.

Les vé­té­rans du jeu vi­déo connaissen­t dé­jà l’histoire en­tou­rant Duke Nu­kem et ont pro­ba­ble­ment tou­ché à l’in­no­va­teur Duke Nu­kem 3D (1996). Il ne s’agit pas ici de res­sas­ser le pas­sé trouble du jeu, mais plu­tôt de dé­ter­mi­ner s’il vaut le dé­tour.

Duke Nu­kem Fo­re­ver n’est pas un grand jeu. Pas même un bon jeu. Il est bour­ré de cli­chés et vieillot, pué­ril et in­sul­tant, peu ins­pi­ré et pas très ins­pi­rant. Une perte de temps to­tale ? Pas pour au­tant.

Dans ce nou­veau scé­na­rio, Duke vit pai­si­ble­ment dans le luxe oi­sif de Las Ve­gas. Une in­va­sion d’ex­tra­ter­restres ve­nus de Duke Nu­kem 3D force tou­te­fois le hé­ros à sor­tir de sa re­traite.

MO­MENTS FORTS

Duke Nu­kem Fo­re­ver offre quelques mo­ments de pur plai­sir. Il y a un af­fron­te­ment contre une vague d’ex­tra­ter­restres dé­bar­quant sur un toit qui est à la fois ten­du, élec­tri­sant et dé­li­cieu­se­ment vieux jeu. Il y a aus­si un pe­tit seg­ment gé­nial où un Duke mi­nia­tu­ri­sé par­court les comp­toirs et éta­gères d’une cui­sine, im­pli­qué dans des fu­sillades fra­cas­santes contre l'en­ne­mi. Les sé­quences de pi- lo­tage de ca­mions géants, vers la fin du jeu, sont éga­le­ment cap­ti­vantes. Les en­vi­ron­ne­ments sont par ailleurs jon­chés de toutes sortes d’ob­jets in­ter­ac­tifs à la dis­po­si­tion des joueurs, de la ma­chine à boule au dis­tri­bu­teur de tam­pons.

MAU­VAIS GOÛT

On dé­plore par contre les casse-tête sté­réo­ty­pés du jeu, ses ni­veaux li­néaires et ses im­pen­sables ré­fé­rences à la culture pop d’une autre époque. Éga­le­ment à si­gna­ler au rayon du mau­vais goût : ex­cré­ments hu­mains, seins nus, vi­bra­teurs en marche et des tonnes de blagues gé­ni­tales.

Les images sont d’un autre temps et le jeu im­pose d’in­ter­mi­nables at­tentes de char­ge­ment. Comme Duke Nu­kem 3D,

Duke Nu­kem Fo­re­ver s’adresse ma­ni­fes­te­ment aux jeunes gar­çons pré­ado­les­cents. Le jeu cultive sans re­te­nue le concept de la femme-ob­jet. Mais contrai­re­ment à Duke Nu­kem 3D, ces tra­vers ne sont pas com­pen­sés par des trou­vailles sur le plan de la joua­bi­li­té.

Mal­gré tout, on ne peut tour­ner fran­che­ment le dos à cette re­lique gros­sière et idiote de jeu vi­déo de­ve­nu culte. L’idéal se­rait de re­mon­ter le temps pour of­frir à la ver­sion 1997 de nous-mêmes le jeu Duke Nu­kem Fo­re­ver. Ce­la nous per­met­trait de pro­fi­ter, dans un contexte plus ap­pro­prié à l’époque, d’un meilleur vi­suel et d’un hé­ros do­té d’ha­bi­le­tés nou­velles. Mais pas d'un meilleur jeu.

VER­DICT

Outre quelques mo­ments de bon­heur,

Duke Nu­kem Fo­re­ver se tient gé­né­ra­le­ment entre l’en­nui et la pué­ri­li­té. C’est l’histoire der­rière ce titre et sa per­son­na­li­té toute par­ti­cu­lière qui donnent un cer­tain at­trait à une nou­veau­té d’un autre temps.

JEUX VI­DÉO DUKE NU­KEMFO­RE­VER

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