L’AVEN­TURE HOL­LY­WOO­DIENNE

TO­RON­TO | Après un dé­part ca­non aux fes­ti­vals de Tel­lu­ride et de To­ron­to, où il a souf­flé le pu­blic et où il s’est at­ti­ré les éloges de la presse amé­ri­caine et in­ter­na­tio­nale, Pri­son­niers, le pre­mier film hol­ly­woo­dien du ci­néaste qué­bé­cois De­nis Ville­neuv

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - Maxime De­mers

Dans un hô­tel de luxe du centre-ville de To­ron­to, De­nis Villeneuve mul­ti­plie les en­tre­vues de­puis l’heure du dé­jeu­ner, dans le cadre de la pre­mière de trois so­lides jour­nées de pro­mo­tion. En voyant en­trer dans la pièce le re­pré­sen­tant du Jour­nal et deux autres jour­na­listes qué­bé­cois, le ci­néaste sou­rit.

«En­fin des vi­sages que je connais!» lance-t-il, vi­si­ble­ment heu­reux de re­trou­ver la presse qué­bé­coise.

Le réa­li­sa­teur d’In­cen­dies et Po­ly­tech­nique ne cache d’ailleurs pas qu’il se sent dé­pay­sé et étour­di au coeur d’une si grosse ma­chine (c’est le géant War­ner qui dis­tri­bue son film Pri­son­niers).

«Ce ma­tin, j’ai vrai­ment eu un choc, ad­met-il. J’ai écrit un email à mon ami Phi­lippe Fa­lar­deau pour lui dire: “Tu ne te rends pas compte, c’est la NA­SA! C’est comme si on al­lait lan­cer une fu­sée dans l’es­pace!” L’autre jour, je suis al­lé chez War­ner pour qu’ils m’ex­pliquent le plan de mise en mar­ché du film. Et quand ils ont ter­mi­né, j’avais l’im­pres­sion qu’on s’ap­prê­tait à en­va­hir un pays!»

Tour­né l’hi­ver pas­sé à At­lan­ta avec un bud­get d’en­vi­ron 55 mil­lions de dol­lars, Pri­son­niers (Pri­so­ners) réunit une bro­chette de ve­dettes hol­ly­woo­diennes, dont Hugh Ja­ck­man, Jake Gyl­len­haal, Vio­la Da­vis, Paul Da­no, Ter­rence Ho­ward, Ma­ria Bello et Me­lis­sa Leo.

LI­BER­TÉ

Le film, un thril­ler psy­cho­lo­gique, ra­conte l’his­toire d’un père de fa­mille (Ja­ck­man) qui, in­sa­tis­fait du tra­vail d’un en­quê­teur de po­lice (Gyl­len­haal), dé­cide de prendre lui-même les choses en main en kid­nap­pant l’homme soup­çon­né d’avoir en­le­vé sa fille de six ans et la meilleure amie de celle-ci.

«Ce sont les pro­duc­teurs d’Al­con En­ter­tain­ment [la boîte qui a pro­duit le film] qui m’ont en­voyé le scé­na­rio, que j’ai tout de suite beau­coup ai­mé», ex­plique Villeneuve.

«Ils avaient ai­mé In­cen­dies et ils m’ont ap­pro­ché en me di­sant qu’ils avaient fait un film avec Ch­ris­to­pher No­lan qui s’in­ti­tule In­som­nia, et que c’était dans cette di­rec­tion qu’ils vou­laient al­ler.»

«On m’avait aus­si dit que c’était un qui avait en­vie de don­ner de l’es­pace au réa­li­sa­teur, ce qui me plai­sait. Au fi­nal, j’ai été très heu­reux de tra­vailler avec eux. Ils m’ont don­né les ou­tils et la li­ber­té pour faire le film que je vou­lais. J’ai été chan­ceux. Je suis conscient que ce n’est pas comme ça avec tous les pro­duc­teurs hol­ly­woo­diens.»

Le ci­néaste qué­bé­cois a même eu droit de re­gard sur la ver­sion fi­nale du film, chose rare pour les réa­li­sa­teurs qui dé­butent à Hol­ly­wood. «On m’a pré­ve­nu que, quand on réa­li­sait un pre­mier film à Hol­ly­wood, c’était im­pos­sible d’avoir le contrôle sur la ver­sion fi­nale du film. Or, ce n’est pas du tout ce qui est ar­ri­vé. J’ai été très chan­ceux. J’ai eu carte blanche et j’ai pu faire le film que je vou­lais. C’est peut-être la chance du dé­bu­tant...» √ Pri­son­niers ( Pri­so­ners en ver­sion ori­gi­nale an­glaise) prend l’af­fiche le ven­dre­di le 20 sep­tembre.

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