FA­BRI­QUER L’AUBE PIÈCE PAR PIÈCE

Le Journal de Quebec - Weekend - - VINCENT VALLIÈRES - Ra­phaël Gen­dron-Martin Agence QMI

EN RE­GAR­DANT FI­NIR LE MONDE

«Elle est née à la suite de la lec­ture d’un re­cueil de Ma­rie Uguay, J’irai par­tout ailleurs. On y re­trouve les lignes: “Je re­garde fi­nir le monde et naître mes dé­si­rs”. Je trou­vais cette idée-là mo­derne avec ce que je vi­vais, même si ça avait été écrit entre 1978 et 1982. C’est après que j’ai su qu’elle avait écrit toute son oeuvre avant 24 ans, car elle est dé­cé­dée d’un can­cer des os.»

STONE

«C’est une chan­son peut-être plus en fi­lia­tion avec les chan­sons plus pop que j’ai faites avant. Elle a été com­po­sée en plu­sieurs mois. Ç’a vrai­ment été un long work in pro­gress pour fi­na­le­ment ar­ri­ver à la forme su­per simple de la chan­son. J’ai­mais le fee­ling de chan­son de route et je vou­lais qu’on la sorte pour l’été. Tout a été fait très ra­pi­de­ment. Elle a été en­voyée aux ra­dios une se­maine après l’en­re­gis­tre­ment. C’était vrai­ment old school comme mé­thode, je me sen­tais en 1962 comme mes idoles! Cette chan­son a don­né l’élan à nos ses­sions.»

AVEC TOI

«Elle a été cap­tée par les six mu­si­ciens en­semble. Tout a été fait en même temps, dans le stu­dio. On l’a peut-être faite 25 fois. C’est une chan­son qui re­pré­sente bien la thé­ma­tique de Fa­bri­quer l’aube. »

L’AMOUR C’EST PAS POUR LES PEU­REUX

«J’avais toute la chan­son, les cou­plets, mais pas de re­frain. En feuille­tant le re­cueil de Pa­trice Desbiens, un poète fran­co-on­ta­rien, je suis tom­bé sur la ligne “l’amour c’est pas pour les peu­reux”. C’était très beau et très vrai. C’est l’idée qui ra­mas­sait ce que je di­sais dans les cou­plets. J’ai­mais l’idée d’être ca­pable de s’ac­cro­cher dans une his­toire d’amour.»

LI­LI

«Une chan­son écrite pour ma fille, qui s’ap­pelle Li­li-Rose. Elle a huit ans. Mais au-de­là de tout ça, je pense que c’est une chan­son d’ami­tié, sur ce qu’on di­rait pour conso­ler quel­qu’un.»

LOIN

«Ça parle d’écri­ture, de l’es­pèce de buzz que je vis dans ma tête quand j’écris une chan­son, le mou­ve­ment, l’élan. C’est une chan­son sur le dé­sir d’avan­cer.»

FER­MONT

«Un hom­mage aux tra­vailleurs qui doivent s’ex­pa­trier pour al­ler ga­gner leur vie. Le fait d’être al­lé deux fois à Fer­mont, j’ai ren­con­tré ces gens-là qui m’ont un peu ra­con­té la chan­son. J’ai hâte d’al­ler les re­voir pour leur chan­ter ça.»

MÉLIE

«Une chan­son très pop qui parle d’une his­toire d’amour un peu im­pos­sible entre un gars et une fille. C’est peut-être ma chan­son la plus “spring­stee­nienne” du disque, avec le type de pia­no, le genre de gui­tare, les har­mo­nies vo­cales.»

PAS À VENDRE

«Ma chan­son la plus rock du disque. J’aime beau­coup l’idée que je suis libre, jus­qu’à un cer­tain point, d’as­su­mer mes choix, mes idées. As­su­mer ses choix de vie, c’est la seule fa­çon, pour moi, d’être libre. J’ai été ca­pable, jus­qu’à date, de faire la paix avec mes moins bons coups dans le pas­sé et de conti­nuer à avan­cer.»

AS­BES­TOS

«Mes deux grands-pères ont fait la grève de 1949 d’As­bes­tos. Ça fai­sait dix ans que je vou­lais écrire une chan­son sur ce mo­ment-là de l’his­toire. Au dé­but, c’était une chan­son à ca­rac­tère his­to­rique où l’as­pect émo­tion­nel était ab­sent. Je l’ai re­bâ­tie et c’est de­ve­nu une chan­son de l’in­té­rieur.»

JE BÛCHE

«Ça parle d’un gars qui a un tra­vail très phy­sique. Il rentre chez lui et il est brû­lé. Pour les tra­vailleurs qué­bé­cois, il n’y a pas tant de va­cances dans une an­née. Où est-ce que tu trouves tes mo­ments de paix? C’est peut-être quand tu dors que tu peux t’en­vo­ler et rê­ver.»

LA CHAN­SON DE LA DER­NIÈRE CHANCE

«J’avais fait une énu­mé­ra­tion avec le mot “der­nier”, mais ça don­nait une chan­son in­in­té­res­sante. Pen­dant l’été, je me suis le­vé un ma­tin et j’ai pen­sé au gars en se­con­daire 5 qui est à son bal de fi­nis­sants et qui doit sai­sir sa chance, parce que la fille qu’il a tou­jours ai­mée va dé­mé­na­ger pen­dant l’été. J’aime cette chan­son-là qui passe du plus pe­tit au plus grand. Pour notre si­tua­tion col­lec­tive, il n’est pas trop tard pour chan­ger. Mais il fau­dra éven­tuel­le­ment pen­ser à bou­ger, car notre temps se­ra pé­ri­mé et on au­ra man­qué notre coup.»

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