Pri­son­niers

Ou­bliez le Hugh Ja­ck­man que vous avez connu dans la sé­rie X-Men. Car, dans Pri­son­niers, le film de De­nis Ville­neuve qui sort en salle ce week-end, vous ver­rez le grand gaillard sous un tout autre jour.

Le Journal de Quebec - Weekend - - LA UNE - Liz Braun Agence QMI

En ef­fet, l’ac­teur de 44 ans joue un père de fa­mille dans Pri­son­niers et son dé­sir de ven­geance est violent et plus fort que tout.

Ja­ck­man et Ma­ria Bel­lo sont les pa­rents d’une jeune fille qui a dis­pa­ru sans lais­ser de traces; Ja­ck­man dé­cide de se faire jus­tice lui-même et se met sur la trace du sus­pect nu­mé­ro un de l’en­lè­ve­ment (Paul Da­no). D’autres ve­dettes fi­gurent au gé­né­rique, dont Jake Gyl­len­hall dans la peau du dé­tec­tive char­gé de l’en­quête.

L’ac­teur aus­tra­lien, lui-même père de deux en­fants âgés de 8 et de 13 ans, doit af­fron­ter dans ce long-mé­trage le pire cau­che­mar d’un parent.

«Cette peur est ir­ré­pres­sible, que vous soyez parent ou non, a dit l’ac­teur. Pen­sez à l’hor­reur que tout le monde a res­sen­tie d’ins­tinct face à l’his­toire d’Ariel Cas­tro (qui a sé­ques­tré et vio­lé trois femmes pen­dant 10 ans, puis qui s’est pen­du après avoir été condam­né à la pri­son à per­pé­tui­té). Il y a quelque chose de fon­da­men­tal dans la re­la­tion parent-en­fant. C’est une re­la­tion dans la­quelle l’en­fant dé­pend com­plè­te­ment de ses pa­rents. Quand on vous l’en­lève, la peur d’être in­ca­pable de pro­té­ger vos proches s’ins­talle, vous ne contrô­lez plus rien. À titre d’ac­teur, c’était un im­mense dé­fi. Toute l’ac­tion au­de­là de la page 7 du scé­na­rio était as­sez in­tense.»

UN BON GARS

Ja­ck­man a la ré­pu­ta­tion d’être un bon gars et, se­lon le réa­li­sa­teur De­nis Ville­neuve, il est le gars rê­vé avec qui tra­vailler. Ce sen­ti­ment est ré­ci­proque. «Il fal­lait voir De­nis et Ro­ger Dea­kins (le di­rec­teur pho­to) tra­vailler, c’était très spé­cial.» Le pre­mier jour du tour­nage, Dea­kins a re­çu son 10e Os­car pour sa ci­né­ma­to­gra­phie. Et Ja­ck­man re­ce­vait son pre­mier pour sa pres­ta­tion dans Les Mis

érables. «Dea­kins pen­sait ne pas al­ler au ga­la. Alors que moi, je por­tais pra­tique- ment mon smo­king sous mon cos­tume. J’étais prêt», a dit l’in­ter­prète de Wolverine. Et que dire du mot Os­car qui com­mence à cou­rir sur toutes les lèvres… «Je se­rais sur­pris, mais c’est pro­ba­ble­ment mieux ain­si, a dit Ja­ck­man. J’avais été es­to­ma­qué lors­qu’on m’a de­man­dé d’ani­mer les Os­cars en 2009. Mais ça m’a tel­le­ment ex­ci­té.» L’ac­teur dit ai­mer suivre son ins­tinct «si vous in­tel­lec­tua­li­sez votre tra­vail, peut-être pas­sez-vous à cô­té de ce que vos tripes vous dictent. Vous faites ce qui vous semble bien, mais les choses les plus ex­tra­or­di­naires qui nous ar­rivent n’ont sou­vent au­cun sens.»

UN GRAND MAÎTRE

Comme ce film, par exemple. Ja­ck­man était trop ner­veux pour ac­cep­ter de jouer dans Pri­son­niers jus­qu’à ce qu’il ap­prenne que De­nis Ville­neuve al­lait en être le réa­li­sa­teur.

«Je n’ai pas ac­cep­té avant que De­nis le fasse», a-t-il dit.

«J’ai vu dans ce film le po­ten­tiel de drame, dou­blé de sus­pense. J’adore cette dua­li­té, mais il faut que le film soit entre de bonnes mains pour ob­te­nir ce ré­sul­tat. Le film n’au­rait pas cette di­men­sion, ces nuances et cette vio­lence sans le tra­vail de De­nis.»

«Ma­ria Bel­lo a dit qu’on se ré­fé­re­ra bien­tôt à De­nis Ville­neuve comme à un grand maître. Il l’est dé­jà au Ca­na­da, alors je suis du même avis.»

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