FLASH DANCE DÉ­JÀ 35 ANS !

Le 15 avril 1983, Fla­sh­dance, qui met en ve­dette Jen­ni­fer Beals et Mi­chael Nou­ri, prend l’af­fiche dans les salles de ci­né­ma d’Amé­rique du Nord. Per­sonne – et sur­tout pas le réa­li­sa­teur Adrian Lyne qui juge le scé­na­rio « idiot » – ne se doute que le long m

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - ISA­BELLE HON­TE­BEY­RIE Agence QMI

En 1983, ce­la fait deux ans que la chaîne MTV est ar­ri­vée en ondes et le clip fait dé­sor­mais par­tie in­té­grante, non seule­ment de la pro­mo­tion d’un al­bum, mais aus­si (et sur­tout) de la cul­ture po­pu­laire.

Sou­hai­tant at­ti­rer une clien­tèle de jeunes ci­né­philes, les pro­duc­teurs Don Simp­son et Jer­ry Bruck­hei­mer pensent faire de Fla­sh­dance (qui a eu droit au titre mé­con­nu Le feu de la danse au Qué­bec) une sé­rie de scènes dan­sées mises en mu­sique, exac­te­ment à la ma­nière d’un clip (Bruck­hei­mer re­pren­dra d’ailleurs l’idée de pro­mou­voir un film avec une chan­son pour

Top Gun quelques an­nées plus tard).

L’idée fonc­tionne à mer­veille, car, mal­gré des cri­tiques ex­trê­me­ment né­ga­tives, le film car­tonne. La trame so­nore s’ar­rache comme des pe­tits pains chauds (20 mil­lions d’exem­plaires ven­dus à tra­vers le monde), et le look (jam­bières et chan­dail) de Jen­ni­fer Beals de­vient une mode à suivre im­pé­ra­ti­ve­ment. LA PE­TITE HIS­TOIRE DER­RIÈRE LA GRANDE…

« Je n’ai­mais pas du tout l’his­toire et j’ai re­fu­sé deux ou trois fois, confie­ra Adrian Lyne des an­nées plus tard. Quand j’ai vu qu’ils al­laient vrai­ment dé­pen­ser huit mil­lions pour ce film, j’ai fi­na­le­ment dit oui. » Il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir re­fu­sé, car Da­vid Cro­nen­berg avait éga­le­ment pas­sé son tour et Brian De Pal­ma avait plu­tôt choi­si de réa­li­ser Scar­face!

Une fois le réa­li­sa­teur trou­vé pour mettre en images ce scé­na­rio de Tom Hed­ley et Joe Esz­te­rhas, il ne reste plus qu’à cher­cher les ac­teurs. Le rôle prin­ci­pal d’Alex Owens, une jeune sou­deuse de 18 ans rê­vant de de­ve­nir dan­seuse et qui tra­vaille dans un club après son tra­vail, fait l’ob­jet d’au­di­tions aux­quelles pas moins de 4000 ac­trices, dont Ky­ra Sedg­wick, par­ti­cipent.

Au bout de quelques mois, trois can­di- dates de­meurent en lice : Jen­ni­fer Beals, De­mi Moore et Les­lie Wing. Il faut alors les dé­par­ta­ger. L’his­toire of­fi­cielle veut que Mi­chael Eis­ner, pa­tron des stu­dios Paramount à l’époque, fasse le tour de toutes ses em­ployées et leur de­mande la­quelle est leur pré­fé­rée. L’his­toire of­fi­cieuse, ra­con­tée par Joe Esz­te­rhas, veut que l’homme ait plu­tôt de­man­dé aux em­ployés par­ti­cu­liè­re­ment ma­chos des stu­dios avec quelle ac­trice ils vou­draient cou­cher ! Le rôle de Nick Hur­ley, pa­tron d’Alex qui l’aide à ob­te­nir une au­di­tion au con­ser­va­toire, fait aus­si l’ob­jet de re­cherches as­si­dues. Gene Sim­mons (oui, le chan­teur de KISS) est le pre­mier choix, mais il dé­cline, ne vou­lant sur­tout pas dé­faire son image de mau­vais gar­çon. Ke­vin Cost­ner, en­core in­con­nu à l’époque, fait des pieds et des mains pour être choi­si. Adrian Lyne et les pro­duc­teurs re­gardent du cô­té de John Tra­vol­ta, Pierce Bros­nan, Tom Hanks, Ri­chard Gere et même Mel Gib­son !

Une fois Jen­ni­fer Beals et Mi­chael Nou­ri em­bau­chés, il reste à trou­ver les dou­blures de la jeune ac­trice, in­ca­pable de dan­ser comme le pré­voit le scé­na­rio (c’est d’ailleurs pour cette rai­son que les scènes de danse se­ront fil­mées en contre-jour). La dan­seuse fran­çaise Ma­rine Ja­han, qui avait d’ailleurs pas­sé les au­di­tions pour le rôle d’Alex, est choi­sie. Elle signe le contrat, mais s’aper­çoit le jour du vi­sion­ne­ment en équipe qu’elle a ou­blié de né­go­cier sa men­tion au gé­né­rique… Son nom ne fi­gure donc nulle part. Autre dou­blure, Sha­ron Sha­pi­ro, qui ef­fec­tue le saut de la fin du film, et Cra­zy Legs qui fait la tou­pie au sol. Oui, Cra­zy Legs est un homme, son en­tre­jambe pro­émi­nent est d’ailleurs vi­sible quelques se­condes lors de cette scène. Preuve que, 35 ans plus tard, Flas

hdance n’a ja­mais ces­sé de faire par­tie de la cul­ture po­pu­laire, Mat­tel a sor­ti une Bar­bie Alex Owens en 2010 et l’af­fiche pro­mo­tion­nelle de Dead­pool

2 re­prend la cé­lèbre pause de la jeune femme sur sa chaise !

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