L’AVO­CATE DE­VE­NUE

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - MA­RIE-FRANCE BORNAIS

Sixième ro­man tra­duit en fran­çais de l’au­teure sué­doise Vi­ve­ca Sten, Re­tour sur l’île met en ve­dette l’ins­pec­teur Tho­mas An­dreas­son et No­ra Linde sur l’île de Sand­hamn. Ce sont jus­te­ment les deux per­son­nages qu’on re­trouve dans la té­lé­sé­rie à suc­cès Meurtres

à Sand­hamn (Arte), sui­vie par plus 70 mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs.

Vi­ve­ca Sten, une avo­cate de Stock­holm de­ve­nue une des stars du po­lar sué­dois au cours des der­nières an­nées, ne s’ima­gi­nait pas du tout connaître pa­reil suc­cès avec ses ro­mans, ni voir ses per­son­nages évo­luer au pe­tit écran. Ses livres ont été ven­dus à plus de 5 mil­lions d’exem­plaires dans 30 pays. La for­mi­dable aven­ture des

Meurtres à Sand­hamn a dé­bu­té il y a quelques an­nées, alors qu’elle se pro­me­nait sur une plage de l’île de Sand­hamn, qu’elle fré­quente de­puis très long­temps.

« J’ai pas­sé tous mes étés à Sand­hamn. Nous avons eu une mai­son de­puis cent ans, alors on a une grande tra­di­tion dans la fa­mille de pas­ser tous nos étés à Sand­hamn. En 2005, je me ba­la­dais sur la plage et tout à coup, j’ai eu une vi­sion, dans ma tête : j’ai ima­gi­né un corps dans un fi­let de pêche. C’était très clair. Et je me suis dit : qu’est-ce qu’on peut ima­gi­ner s’il y avait vrai­ment un corps sur cette plage, dans ce pa­ra­dis d’été, où il y a des en­fants qui jouent et où tout le monde est heu­reux ? », com­mente Vi­ve­ca Sten, qui parle un ex­cellent fran­çais.

UN GRAND SE­CRET

Vi­ve­ca est ren­trée à la mai­son et, en une se­maine, a écrit le pre­mier et le der­nier cha­pitre de son pre­mier thril­ler. « J’ai conti­nué à écrire et après 18 mois, j’avais un ma­nus­crit. C’était un grand se­cret : mon ma­ri et ma mère étaient les deux seules per­sonnes qui sa­vaient que je vou­lais écrire un po­lar. Mon ma­ri l’a lu et m’a dit : tu de­vrais vrai­ment en­voyer ça à une mai­son d’édi­tion. Et moi, je pen­sais que tout le monde al­lait rire... j’étais avo­cate, il n’était pas ques­tion d’écrire des po­lars. »

Fi­na­le­ment, elle a en­voyé son ma­nus­crit à deux mai­sons d’édi­tion et après deux ou trois se­maines, la plus grande mai­son d’édi­tion de Suède a com­mu­ni- qué avec elle pour lui dire qu’ils vou­laient ache­ter les droits pour faire un livre. « C’était un choc! J’étais une avo­cate, je ne vou­lais pas tra­vailler comme écri­vain, juste voir si c’était pos­sible d’écrire autre chose. J’avais écrit d’autres livres, des livres de droit vrai­ment très en­nuyants. »

Son pre­mier livre a connu un énorme suc­cès en Suède, d’autres pays ont ache­té les droits et la té­lé­vi­sion a pro­po­sé une adap­ta­tion. « Après quatre ans, c’était im­pos­sible de conti­nuer mon tra­vail d’avo­cate. C’est comme ça que je suis de­ve­nue écri­vain. Ça m’étonne tou­jours! »

UN DUO AT­TA­CHANT

Re­tour sur l’île est la sixième en­quête de Tho­mas et No­ra. « Je trouve beau­coup d’ins­pi­ra­tion sur l’île, sans doute parce que je connais l’ar­chi­pel très bien. J’ai créé le per­son­nage de No­ra parce que je connais bien l’uni­vers ju­ri­dique et j’ai pen­sé que c’était une bonne idée de pou­voir uti­li­ser ces connais­sances. Mais je vou­lais aus­si avoir un po­li­cier : c’était presque im­pos­sible à évi­ter. »

Elle vou­lait que Tho­mas sorte des cli­chés des po­li­ciers mal­heu­reux, di­vor­cés, d’une na­ture trou­blée qu’on re­trouve sou­vent dans les po­lars. « J’ai pen­sé qu’on pou­vait bien avoir un en­quê­teur sym­pa­thique, un co­pain... quel­qu’un avec qui on pour­rait prendre un coup. Main­te­nant, beau­coup de gens aiment Tho­mas et je re­çois même des cour­riels de gens qui ai­me­raient com­mu­ni­quer avec lui ! J’ai aus­si des co­pines qui ai­me­raient bien que je leur pré­sente Tho­mas. Mais il n’existe pas – c’est une in­ven­tion! »

RE­TOUR SUR L’ÎLE, VI­VE­CA STEN Édi­tions Al­bin Mi­chel en­vi­ron 455 pages

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