MAËLLE, CONFRON­TÉE À ELLE-MÊME

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES -

La ro­man­cière qué­bé­coise Judith Ban­non offre à ses lec­teurs l’his­toire de la bouillante Maëlle dans le der­nier tome de La tri­lo­gie des soeurs

Reed – Re­jaillir. Le mys­tère lié à une ex­pé­ri­men­ta­tion for­cée sur une « pi­lule du dé­sir fé­mi­nin » crée une si­tua­tion ten­due qui bou­le­verse com­plè­te­ment la vie de la jeune femme.

Les soeurs Reed, hé­roïnes de cette tri­lo­gie, ont vé­cu un drame fa­mi­lial, ex­po­sé dès le dé­but : le dé­cès des pa­rents dans des cir­cons­tances tra­giques. Cha­cun des tomes est consa­cré à l’his­toire d’une des soeurs, Ka­ciane, Za­ra et Maëlle, qui ont chacune un style bien dif­fé­rent.

« Leurs liens fa­mi­liaux sont très forts. On voit que ce sont des soeurs qui s’en­traident les unes les autres, à la vie à la mort, ce qui plaît beau­coup à mes lec­trices », ex­plique Judith Ban­non, en en­tre­vue. « Il y a tou­jours un cô­té en­quête et in­trigue dans mes ro­mans. »

UN KID­NAP­PING

Maëlle, em­ployée dans le do­maine phar­ma­ceu­tique, est kid­nap­pée par des in­di­vi­dus qui la sé­questrent et lui font tes­ter, contre son gré, les ef­fets d’une pi­lule ayant un ef­fet boos­tant sur le dé­sir fé­mi­nin. « Une pi­lule a dé­jà été mise en mar­ché en Eu­rope. C’est d’ac­tua­li­té et c’est très contro­ver­sé. » Judith ex­plique que l’his­toire de Maëlle est très at­ten­due des lec­trices, à cause du ca­rac­tère très fort du per­son­nage. « Elle est prompte, dans ses propos, dans sa fa­çon d’agir. C’est la ca­dette. Elle prend sa place. Elle bous­cule les gens, mais elle le fait avec une can­deur na­tu­relle, qui fait qu’on l’aime et qu’on s’y at­tache, mal­gré une at­ti­tude très re­belle, très dure. »

CONFRON­TA­TIONS

Dans ce troi­sième tome, le tem­pé­ra­ment de Maëlle se­ra mis à l’épreuve. « Maëlle se­ra confron­tée... alors que c’est le style de femme qu’il ne faut sur­tout pas mettre en cage. Je trou­vais in­té­res­sant de voir comment elle al­lait ré­agir. Cette si­tua­tion crée des fis­sures en elle et l’oblige à se re­gar­der, à s’au­toa­na­ly­ser. »

Voi­là pour­quoi Judith Ban­non a in­ti­tu­lé le ro­man Re­jaillir. « Je vou­lais qu’elle puisse se re­le­ver après avoir es­suyé un coup dur. On va com­prendre que le coup vient au­tant de l’ex­té­rieur – des kid­nap­peurs – que d’elle : ça va l’obli­ger à re­jaillir de ce qu’elle traîne de­puis le dé­cès des pa­rents. Ça boucle vrai­ment la sé­rie. »

COM­PRENDRE

Judith Ban­non dévoile qu’elle res­sem­blait un peu à Maëlle dans sa jeu­nesse, et qu’elle s’est as­sa­gie avec l’âge. « Celle qui me res­semble le plus, à ce jour, c’est Ka­ciane, l’aî­née. C’est une fille plus tem­pé­rée, qui va ana­ly­ser les si­tua­tions avant d’agir. »

« Maëlle a été du bon­bon à écrire... mais il y a des jour­nées où je fi­nis­sais l’écri­ture en étant moi-même ir­ri­table parce qu’elle est tou­jours dans une si­tua­tion de co­lère ou de vengeance ! C’était l’fun d’al­ler creu­ser un peu pour que mes lec­trices com­prennent d’où ça vient. »

MA­RIE-FRANCE BORNAIS Le Jour­nal de Qué­bec

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