DANS LA PEAU D’UN MÉ­CHANT !

Pour plu­sieurs, Vincent Grat­ton reste l’at­ta­chant Marc Tru­deau qu’il a cam­pé du­rant 15 ans dans L’au­berge du chien noir. Or, Ro­nald, le per­son­nage sombre qu’il joue dans la nou­velle sé­rie dra­ma­tique Une autre his­toire, risque fort de nous le faire ou­blier

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - NA­THA­LIE SLIGHT

Vincent, lors de la dif­fu­sion du der­nier épi­sode de L’au­berge du chien noir, nous t’avions de­man­dé ce que tu sou­hai­tais pour la suite. Tu avais ré­pon­du : « Un rôle de mé­chant! » Ton sou­hait a été exau­cé...

On m’a sou­vent confié des rôles de gars bien­veillants, gen­tils, un peu bo­nasses... parce que ça se rap­proche de l’éner­gie que je dé­gage dans la vie. J’ai ra­re­ment joué les mé­chants ; le der­nier étant un bum dans Chambres en ville. Puis j’ai cam­pé Ga­briel dans Au se­cours de

Béa­trice, un être men­teur, ma­ni­pu­la­teur, nar­cis­sique, co­lé­rique et har­ce­leur. J’ai ado­ré me glis­ser dans la peau de cet homme trou­blé... et trou­blant. Et ça se pour­suit avec Ro­nald dans Une autre his­toire... J’ai pas­sé une au­di­tion pour dé­cro­cher ce rôle ; je me prête vo­lon­tiers au jeu, parce que c’est une fa­çon de vé­ri­fier la chi­mie entre les co­mé­diens. J’ai beau of­frir une su­perbe pro­po­si­tion du per­son­nage de Ro­nald, si ça ne

fitte pas avec ceux qui in­carnent ses en­fants, les gens n’y croi­ront pas. À mon grand bon­heur, la chi­mie était au ren­dez­vous !

Parle-nous de ton per­son­nage. Ro­nald est l’ex de Manon (Ma­ri­na Or­si­ni).

Parce qu’il était violent, cette der­nière l’a quit­té — en lui lais­sant leurs trois en­fants — pour re­faire sa vie sous une nou­velle iden­ti­té, celle d’Ané­mone. Cet homme com­plexe traîne de lourds se­crets. Il dé­sire se prendre en main, mais quelque chose gronde en lui. J’ai dé­vo­ré les pre­miers textes de l’au­teure Chan­tal Ca­dieux comme s’il s’agis­sait d’un vé­ri­table ro­man à sus­pense.

Com­ment fais-tu pour te glis­ser dans la peau d’un être aus­si sombre?

Lorsque j’in­carne un bon gars, comme Marc dans L’au­berge du chien noir, je me connecte à moi­même, sur le conjoint et le père ai­mant que je suis. Quand je dois me mettre dans la peau d’un per­son­nage bri­sé en de­dans, je me connecte aus­si à moi­même, parce qu’on a tous et toutes une part d’ombre quelque part. Je suis un gars qui dit sou­vent tout haut ce que les autres pensent tout bas. J’ai un pe­tit cô­té im­pul­sif : je parle, et je ré­flé­chis en­suite! Alors, je mul­ti­plie ce sen­ti­ment par 100 et je le mets au ser­vice de mon per­son­nage.

Le per­son­nage de Manon/Ané­mone a cou­pé les ponts avec Ro­nald. Tu n’au­ras donc pas de scène avec Ma­ri­na Or­si­ni...

Lors­qu’Ané­mone ap­prend qu’elle est at­teinte d’Alz­hei­mer pré­coce et que cette ma­la­die peut être hé­ré­di­taire, elle en­tre­pren­dra des dé­marches pour

re­nouer avec son pas­sé. J’au­rai donc quelques scènes avec la belle Ma­ri­na. Et avec l’écri­ture de Chan­tal Ca­dieux, ce se­ra épique !

Une autre his­toire se­ra pré­sen­tée au cours de la sai­son 2018-2019 à Ra­dio-Ca­na­da.

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