UNE HIS­TOIRE D’AMOUR ATY­PIQUE

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - MAXIME DEMERS Le Jour­nal de Mon­tréal maxime.demers @que­be­cor­me­dia.com Le film Quand l’amour se creuse un trou a pris l’af­fiche hier.

À 73 ans, France Cas­tel ob­tient son pre­mier vrai grand rôle au ci­né­ma enin­car­nant dans le film Quand l’amour se creuse un trou une femme sep­tua­gé­naire qui tombe amou­reuse d’un ado­les­cent de 17 ans. « C’es­tun film qui va for­cé­ment être très dis­cu­té parce qu’il aborde un su­jet ta­bou », af­firme l’ac­tri

France Cas­tel ad­met avoir été dé­sta­bi­li­sée quand le ci­néaste qué­bé­cois Ara Ball l’a ap­pro­chée pour lui pro­po­ser de jouer le per­son­nage prin­ci­pal fé­mi­nin de son pre­mier long mé­trage, Quand

l’amour se creuse un trou. D’abord, parce qu’à son âge (elle au­ra 74 ans cet été), les rôles d’amou­reuse se font rares. Et puis parce qu’on ne voit pas sou­vent au ci­né­ma des his­toires d’amour entre une femme de 73 ans et un ado­les­cent de 17 ans.

« En li­sant le scé­na­rio, j’ai ai­mé la poé­sie du film et le clin d’oeil à Ha­rold et Maude », sou­ligne France Cas­tel en entrevue au Jour­nal.

« Ara Ball est un réa­li­sa­teur qui aime dé­fendre dans ses films des su­jets ta­bous et ça m’a plu. Je trouve que c’est né­ces­saire de pré­sen­ter ce genre de su­jets au ci­né­ma et dans d’autres formes d’art parce qu’il y a tou­jours une bonne rai­son ar­tis­tique d’en par­ler. » Cam­pé en 1995, le ré­cit de Quand

l’amour se creuse un trou tourne au­tour d’un couple de pro­fes­seurs de phi­lo­so­phie (Ju­lie Le Bre­ton et Pa­trice Ro­bi­taille) qui dé­cident d’em­me­ner leur fils Mi­ron (Ro­bert Nay­lor) pen­dant quelques se­maines à la cam­pagne afin qu’il puisse ter­mi­ner ses études se­con­daires. Le jeune ado­les­cent re­belle de 17 ans se lie­ra d’ami­tié avec Flo­rence, sa nou­velle voi­sine, une femme de 73 ans un peu dé­lu­rée (France Cas­tel). Cette ami­tié se trans­for­me­ra ra­pi­de­ment en idylle.

« C’est la pre­mière fois que je fais un pre­mier rôle de cette am­pleur-là dans un film, rap­pelle France Cas­tel. J’ai fait beau­coup de pé­che­resses dans les films d’An­dré For­cier. Mais c’est la pre­mière fois que j’ai la chance de dé­fendre un per­son­nage comme ça au ci­né­ma. Ça m’a fait plai­sir qu’on m’offre ce genre de rôle, mais ça m’a confron­tée en même temps. J’ai ac­cep­té de le faire jus­te­ment parce que j’avais peur. Quand on a peur dans ce mé­tier-là, je pense qu’il faut fon­cer. »

DES SCÈNES IN­TIMES SUR­PRE­NANTES

Pen­dant le tour­nage du film, France Cas­tel a dû par­ta­ger quelques scènes d’amour avec l’ac­teur Ro­bert Nay­lor qui est plus de 50 ans plus jeune qu’elle.

« La confron­ta­tion des corps et les scènes un peu plus in­times sont for­cé­ment plus dé­li­cates à re­gar­der, ad­met l’ac­trice. Pour l’ins­tant, j’ai juste vu le film sur un iPad, mais j’ima­gine que sur grand écran, ça va fes­ser ! (rires) Une vieille peau avec une jeune peau, ce n’est pas fa­cile ! Mais je pense que pen­dant le tour­nage, ç’a été plus in­ti­mi­dant pour moi que pour Ro­bert. Lui, il était très à l’aise là-de­dans. Quand je lui ai de­man­dé ce que ça lui fai­sait d’être avec une femme plus âgée, il m’a ré­pon­du que pour le per­son­nage, ça fai­sait par­tie de l’ex­ci­ta­tion.

« Mon grand dé­fi a été d’en­le­ver le côté ma­ter­nel du per­son­nage. Parce qu’au dé­part, c’est une grande ami­tié qui évo­lue vers un consen­te­ment mu­tuel. On at­tri­bue tou­jours à la femme le côté plus ma­ter­nel. On a ten­dance à pen­ser qu’à cause de leur côté ma­ter­nel, les femmes de­vraient moins se lais­ser al­ler que les hommes dans ce genre d’ex­pé­rience. »

Et comment le pu­blic re­ce­vra-t-il cette his­toire d’amour aty­pique ?

« C’est sûr que c’est cho­quant pour plu­sieurs per­sonnes de voir ce­la, sur­tout pour les plus vieux, analyse France Cas­tel. Mais je crois que c’est in­té­res­sant de voir qu’à n’im­porte quel âge, les choses peuvent se pro­duire in­dé­pen­dam­ment de la vo­lon­té et de la lo­gique. C’est aus­si in­té­res­sant de re­don­ner à une femme de cet âge une nou­velle ex­pé­rience amou­reuse. J’ai trou­vé ça beau et tou­chant. »

France Cas­tel joue une veuve de 73 ans qui tombe amou­reuse d’un ado de 17 ans dans le film Quand l’amour se creuse un trou.

Mi­ron, un ado de 17 ans. cam­pé par Ro­bert Nay­lor.

Les pa­rents de Mi­ron (Ju­lie Le Bre­ton et Pa­trice Ro­bi­taille).

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