De la nu­di­té pour Chan­tal Ba­ril et Luc Se­nay

Luc Se­nay et Chan­tal Ba­ril sa­vaient, lors­qu’ils ont été ap­pro­chés pour la deuxième sai­son de la sé­rie Faits Di­vers, qu’ils étaient pour tour­ner plu­sieurs scènes de nu­di­té. En dé­but de soixan­taine, les deux co­mé­diens ont abor­dé le dé­fi dif­fé­rem­ment.

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - YVES LE­CLERC Le Jour­nal de Qué­bec

« Du­rant une longue pé­riode de ma vie, lorsque j’étais plus jeune, j’avais un os­tie de beau bo­dy. J’étais ath­lé­tique, mince, je fai­sais du sport, je n’avais pas de gras et je n’ai ja­mais fait de scènes de nu­di­té. Au­jourd’hui, j’ai une be­daine, les che­veux blancs, j’ai 60 ans et je n’ar­rête pas de jouer tout nu », a lan­cé Luc Se­nay, qui montre en­core son pos­té­rieur dans la co­mé­die La­dies Night.

Le co­mé­dien, qui per­son­ni­fie Pao­lo Fau­teux, avoue avoir de la pu­deur dans la vie, mais que la si­tua­tion est dif­fé­rente lorsque vient le temps de jouer et que c’est bien écrit. Il n’a eu au­cun pro­blème avec les scènes de nu­di­té tour­nées en plein mi­lieu de la nuit, re­cou­vert d’huile à mouche, sur une sec­tion non oc­cu­pée d’un ter­rain de cam­ping en Mon­té­ré­gie.

Le co­mé­dien, qui n’avait pas été re­te­nu pour un autre rôle dans la pre­mière sai­son de Faits Di­vers, a été rap­pe­lé pour au­di­tion­ner à nou­veau, mais pour le rôle de Pao­lo.

« Il n’y avait pas de scènes de sexua­li­té ex­pli­cite et on ne voit pas mes or­ganes sexuels de près. Je n’avais au­cune in­quié­tude à jouer nu », a-t-il lais­sé tom­ber.

IN­QUIÉ­TUDES

Les seules in­quié­tudes de Luc Se­nay concer­naient sur­tout ce qui était pour se pas­ser lors des pauses avec des jour­nées de tour­nage de 14 heures.

« Je me de­man­dais si j’étais pour être tout nu du­rant 14 heures. Je me po­sais des ques­tions et le réa­li­sa­teur Sté­phane La­pointe nous a ex­pli­qué qu’un pro­to­cole était pour être en place pour le tour­nage de ces scènes. Ça s’est fait avec une toute pe­tite équipe avec le réa­li­sa­teur, le pre­mier as­sis­tant, la res­pon­sable de la conti­nui­té, le ca­mé­ra­man et un pre­neur de son. Tout le reste de l’équipe se re­trou­vait dans un cha­pi­teau fer­mé. On met­tait en­suite nos robes de chambre et tout le monde re­ve­nait sur le pla­teau. Il n’y avait au­cune pos­si­bi­li­té de voyeu­risme », a-t-il ex­pli­qué.

Contrai­re­ment à Luc Se­nay, Chan­tal Ba­ril ne s’était ja­mais dé­nu­dée sur les planches ou de­vant les ca­mé­ras. Elle n’était pas du tout à l’aise avec cette idée et avoue avoir eu un gros che­mi­ne­ment à faire. Un che­mi­ne­ment qui lui a été très bé­né­fique.

« Un ac­teur qui a un cer­tain blo­cage est li­mi­té dans son jeu. Il n’est pas com­plè­te­ment libre. Je n’avais pas de blo­cage en­vers tout ce qui est émo­tion et tout ça, mais j’en avais phy­si­que­ment. Cette pro­po­si­tion m’a ame­née à faire le saut et à al­ler au bout de ce dé­fi-là. Ce fut un des plus grands dé­fis que j’ai eu à faire. J’au­rais eu cette offre-là, il y a quelques an­nées, et j’au­rais re­fu­sé », a-t-elle ad­mis.

La co­mé­dienne ra­conte une anec­dote amu­sante ré­vé­lant com­ment elle pou­vait avoir hor­reur de ce qui touche la nu­di­té.

« En 1995, j’ai joué dans la pièce 50 +1, dans une mise en scène de Ro­bert Gra­vel. On était cin­quante et un sur scène et à la fin de la pièce, on pi­geait un nom et le co­mé­dien choi­si de­vait al­ler faire un strip­tease en avant. Je priais tous les soirs pour ne pas être pi­gée. Je n’ai ja­mais été pi­gée et je ne l’au­rais pas fait. J’étais ter­ro­ri­sée », a-t-elle lais­sé tom­ber.

RIEN À PERDRE

Au dé­but de la soixan­taine, Chan­tal Ba­ril s’est dit qu’elle n’avait rien à perdre en ten­tant sa chance pour le rôle de Fran­cine Bien­ve­nue.

« Ça peut être in­té­res­sant, aus­si, de voir un corps nor­mal, qui n’est pas par­fait. On en voit peu. On voit soit des femmes très belles de 30 ans ou on n’en voit pas.

« Vieillir fait par­tie de la vie et je trou­vais qu’il s’agis­sait d’une belle op­por­tu­ni­té. Il a fal­lu que je tra­vaille fort men­ta­le­ment et ce fut beau­coup plus fa­cile que je le pen­sais. C’est in­croyable, pour moi, d’avoir réus­si à pas­ser à tra­vers ça. C’est fou, par­fois, com­ment un rôle peut nous ame­ner à nous dé­pas­ser comme hu­main. C’est ça, aus­si, la beau­té de ce mé­tier », a-t-elle ajou­té.

La co­mé­dienne ex­plique que le pla­teau fer­mé, avec une toute pe­tite équipe, a contri­bué à rendre les choses plus fa­ciles. Tout comme l’ap­pli­ca­tion d’un pro­duit pour uni­for­mi­ser la cou­leur de la peau.

« C’était comme si j’avais une pe­tite pel­li­cule. Je me sen­tais presque ha­billée et c’est fou, la confiance que ça m’a don­né », a ra­con­té celle qui vient d’en­ta­mer, pour une 29e sai­son, les voix de Mil­house et Pat­ty dans la ver­sion qué­bé­coise de la sé­rie Les Simp­sons. Faits Di­vers est dif­fu­sée les mar­dis à 21 h sur ICI Ra­dio-Ca­na­da.

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