JOUER L’HO­MO­SEXUA­LI­TÉ AU-DE­LÀ DES CLI­CHÉS

Il joue un pro­fes­seur de yo­ga ho­mo­sexuel dans le té­lé­ro­man O’, où il est en couple avec Éric O’Ha­ra. Dans L’Échap­pée, il em­brasse la policière Ma­rie-Louise Cyr. Éric Ro­bi­doux in­ter­prète ces deux per­son­nages avec la même pas­sion.

Le Journal de Quebec - Weekend - - TÉLÉVISION - YVES LE­CLERC Le Jour­nal de Qué­bec yves.le­clerc @que­be­cor­me­dia.com

Le co­mé­dien n’a ja­mais abor­dé le rôle de Re­naud par l’ho­mo­sexua­li­té du per­son­nage. Il n’a pas, non plus, en­tre­pris de dé­marche afin d’ap­pro­fon­dir cet as­pect. Il vou­lait s’éloi­gner des sté­réo­types et des pré­ju­gés.

« J’ai joué ma ten­dresse, mon amour, ma dou­ceur et ce que j’ai de zé­ni­tude. La par­ti­tion était là. J’avais juste à être vrai et je sa­vais que c’était pour fonc­tion­ner », a-t-il lan­cé, lors d’un en­tre­tien.

Dans le té­lé­ro­man L’Échap­pée, on a vu son per­son­nage de Da­niel La­plante, un gars rustre et vi­ril, em­bras­ser pas­sion­né­ment la policière Ma­rie-Louise Cyr, in­ter­pré­tée par Bian­ca Ger­vais.

« On l’a aus­si vu, en­suite, du­rant la même se­maine, fren­cher Éric avec au­tant de ten­dresse, de pas­sion et d’amour. Et ça, c’est mon da­da. J’aime mon­trer que c’est vrai. La pas­sion et les sen­ti­ments amou­reux vont au-de­là des ques­tions d’orien­ta­tion sexuelle. J’ai joué ces deux per­son­nages avec in­tel­li­gence émo­tion­nelle, dans la vé­ri­té et avec ce que je suis », a-t-il ex­pli­qué.

Éric Ro­bi­doux n’avait ja­mais joué un per­son­nage ho­mo­sexuel. Il était heu­reux de se lan­cer dans ce dé­fi de jeu. Il est re­con­nais­sant qu’on lui de­mande de jouer un gars de bois un peu rustre et un prof de yo­ga su­per zen plein de dou­ceur.

« C’est une grande ri­chesse qu’on m’offre la pos­si­bi­li­té de jouer des axes dra­ma­tur­giques com­plè­te­ment dif­fé­rents », a-t-il dit.

CRÉER L’ILLU­SION

Le co­mé­dien de­vait, à l’ori­gine, jouer le rôle de Tho­mas Bou­chard, qui est in­ter­pré­té par Maxime De­nom­mée, dans le té­lé­ro­man O’, mais un conflit d’ho­raire l’a for­cé à re­fu­ser.

Il a plus tard été contac­té pour le rôle de Re­naud, pro­fes­seur de yo­ga et « coach de vie » de Jac­que­line O’Ha­ra (Ma­rie Ti­fo).

« Je sa­vais, à ce mo­ment, que j’étais pour vivre une re­la­tion amou­reuse avec Éric. L’idée était de brouiller les pistes », a-t-il men­tion­né.

Les in­trigues pou­vaient lais­ser croire qu’il tom­be­rait en amour avec Jac­que­line ou avec sa fille Glo­ria, mais les spec­ta­teurs n’ont ja­mais vu ve­nir cette his­toire avec Éric.

« C’était vou­lu et j’ai bien ai­mé jouer avec les spec­ta­teurs qui ont tous ima­gi­né autre chose. C’était notre pa­ri et nous l’avons re­le­vé. L’en­thou­siasme des té­lé­spec­ta­teurs a comme été dé­cons­truit. Ils ont été hap­pés et éton­nés », a-t-il fait re­mar­quer.

Le co­mé­dien a re­çu d’ex­cel­lentes ré­ac­tions face au per­son­nage de Re­naud. Il constate, tou­te­fois, qu’il y a en­core du che­min à par­cou­rir.

« Je n’ai rien re­çu de mé­chant, de violent ou d’ho­mo­phobe, mais j’ai par­fois sen­ti un cer­tain in­con­fort de cer­taines per­sonnes, sur­tout chez les femmes qui sem­blaient dé­çues de dé­cou­vrir l’ho­mo­sexua­li­té de Re­naud. Ça trouble les gens et ça m’a beau­coup éton­né », a-t-il confié.

Éric Ro­bi­doux précise que l’adap­ta­tion avec Guillaume Gau­thier, qui joue le rôle d’Éric, s’est très bien dé­rou­lée.

« On trans­porte l’am­biance que l’on re­trouve entre les prises sur le pla­teau de tour­nage. Il faut dire qu’on se connais­sait dé­jà. On se pro­mène bras des­sus, bras des­sous. Il y a de la conni­vence, de la ten­dresse, de la com­pli­ci­té et un dé­sir de faire ça en­semble. C’est du jeu et c’est lu­dique », a-t-il re­la­té.

Le co­mé­dien avoue avoir quelques traits de per­son­na­li­té en com­mun avec Re­naud.

« On a pas mal les mêmes ré­fé­rences cultu­relles. Je me fais pas mal de smoo­thies aus­si. J’ai une part de son hu­ma­ni­té et de son calme. Je ne suis pas très loin, mais je suis un peu plus dé­sin­volte, im­pul­sif et in­tem­pes­tif », a-t-il dé­crit.

CHO­RÉ­GRAPHE DANS CHE­VAL-SER­PENT

Éric Ro­bi­doux se­ra de la deuxième et der­nière sai­son de la sé­rie Che­val

Ser­pent, que l’on ver­ra en jan­vier, sur ICI Ra­dio-Ca­na­da, et qui se dé­roule dans le monde des dan­seurs nus. Non, il ne joue­ra pas un dan­seur.

« Je joue le nou­veau cho­ré­graphe du club, un gars qui vient de la danse contem­po­raine et qui de­vra s’adap­ter à un nou­vel uni­vers et où il de­vra adap­ter son style. C’est un per­son­nage qui a as­sez d’au­to­ri­té sur les dan­seurs », a pré­ci­sé le co­mé­dien qui a par­ti­ci­pé à plu­sieurs spec­tacles de danse. On le ver­ra aus­si dans le film Il pleu

vait des oi­seaux de Louise Ar­cham­bault, en 2019, et au Théâtre du Nou­veau Monde, en mars et en avril, dans le rôle titre de la pièce Bri­tan­ni­cus.

L’Échap­pée est dif­fu­sée les lun­dis à 20 h et O’ les mar­dis à 20 h sur les ondes de TVA.

ÉRIC RO­BI­DOUX

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.