AUX CÔ­TÉS DE LOU REED À NEW YORK

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - MARIE-FRANCE BORNAIS Le Jour­nal de Qué­bec

L’ac­teur et réa­li­sa­teur Mi­chael Im­pe­rio­li ( Les So­pra­no) a mê­lé des élé­ments de sa propre vie à ceux du chan­teur amé­ri­cain Lou Reed dans un pre­mier ro­man ac­cla­mé par la cri­tique et très bien ac­cueilli par les lec­teurs, Wild Side. Son livre dé­peint ma­gni­fi­que­ment le New York des an­nées 1970, du point de vue d’un ado­les­cent qui cherche sa voie.

Mat­thew, 16 ans, éle­vé dans le Queens, a une vie so­li­taire aux cô­tés d’une mère dé­pres­sive. Lorsque cel­le­ci re­çoit un hé­ri­tage in­at­ten­du, le duo dé­mé­nage au coeur de Man­hat­tan.

La vie de Mat­thew change du tout au tout lors­qu’il fait la connais­sance de son étrange voi­sin d’im­meuble, Lou Reed. Un ar­tiste pau­mé qui crée dans le chaos aux cô­tés d’une femme trans­genre.

« J’ai com­men­cé à écrire le livre en 2013 quand mon fils aî­né avait 16 ans et tra­ver­sait une pé­riode dif­fi­cile. J’es­sayais de me rap­pe­ler cet état d’es­prit en créant le per­son­nage de Mat­thew », ex­plique Mi­chael Im­pe­rio­li, en en­tre­vue.

« J’ai pla­cé mon his­toire en 1976 à New York parce que c’est une époque newyor­kaise que j’aime beau­coup, même si je n’avais que 10 ans à l’époque. J’aime la mu­sique et les films de ce temps. »

Quelques mois après le dé­but du pro­ces­sus d’écriture, Lou Reed est dé­cé­dé. « J’ai été tou­ché, d’abord comme fan, puisque j’aime sa mu­sique de­puis long­temps, et en­suite parce que j’ai fait sa connais­sance en 1999 au cours d’un évé­ne­ment et nous nous sommes liés d’ami­tié. »

« Lou Reed a vé­cu dans un im­meuble cos­su pen­dant une année ou deux, ce qui est étrange, car c’était da­van­tage un homme du genre à ha­bi­ter Green­wich Vil­lage. Il vi­vait avec une femme trans­genre et se dro­guait beau­coup. Il était aus­si très créa­tif et très fer­tile à cette époque. »

Où se trouve la li­mite de la fic­tion et de la bio­gra­phie ? « Lou Reed vi­vait dans l’East Side, avec Ra­chel, et c’est à peu près tout. Tous les évé- ne­ments sont de l’ordre de la fic­tion. »

CHAN­GÉ

Lors­qu’il l’a ren­con­tré, Lou Reed était dans une autre phase de sa vie.

« Il était ai­mable et gé­né­reux. Lou était boud­dhiste ti­bé­tain, comme moi. Nous avons ce­la en com­mun et nous avons tous les deux été très ac­tifs pour des col­lectes de fonds pour le Ti­bet. Nous avons aus­si sou­te­nu la Jazz Foun­da­tion. J’ai pas­sé un après-mi­di en stu­dio avec lui, vers 2008. Il m’a joué de nou­velles pièces et m’a mon­tré des gui­tares bi­zarres qu’il avait. J’étais au coeur de son pro­ces­sus de créa­tion », se sou­vient-il.

« C’est un mo­ment que je n’ou­blie­rai ja­mais. Il me manque beau­coup. »

Mi­chael Im­pe­rio­li ad­mire la ca­pa­ci­té de Lou Reed d’al­ler tou­jours de l’avant, sans ja­mais s’as­seoir sur ses lau­riers.

« Jus­qu’à la fin, il a tou­jours créé quelque chose de nou­veau, sans ja­mais sim­ple­ment s’ap­puyer sur ses plus grands suc­cès des an­nées 1970 et 1980. Sa mis­sion, je crois, était d’ap­por­ter une sen­si­bi­li­té lit­té­raire au rock’n’roll – je pense qu’il a réus­si. Ly­ri­que­ment, il est dif­fi­cile à battre en ma­tière de mu­sique rock. C’est un pi­lier, comme Bob Dy­lan. »

DANS SON ÉLÉ­MENT

L’ac­teur, grand ad­mi­ra­teur de Vol­taire et de Jean Gio­no, a pas­sé un bon mo­ment en écri­vant Wild Side.

« J’ai écrit plu­sieurs scé­na­rios, deux ont été adap­tés au ci­né­ma, et j’ai écrit plu­sieurs épi­sodes des So­pra­no. L’écriture de fic­tion est le mode d’ex­pres­sion ar­tis­tique que je pré­fère – en­core plus que le ci­né­ma. »

Mi­chael Im­pe­rio­li est né en 1966 dans l’État de New York.

Il a in­car­né pen­dant 10 ans Ch­ris­to­pher Mol­ti­san­ti dans la sé­rie culte Les So­pra­no.

Il a joué, entre autres, pour Mar­tin Scor­sese, Spike Lee et Abel Fer­re­ra.

WILD SIDE Mi­chael Im­pe­rio­li Édi­tions Au­tre­ment 290 pages

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