NI­COLE KID­MAN TOUCHE LE FOND

Destroyer

Le Journal de Quebec - Weekend - - CINÉMA - ISA­BELLE HON­TE­BEY­RIE Agence QMI

Un film de Ka­ryn Ku­sa­ma Avec Ni­cole Kid­man, To­by Keb­bell, Ta­tia­na Mas­la­ny

Dans ce drame po­li­cier de Ka­ryn Ku­sa­ma, Ni­cole Kid­man in­carne une po­li­cière au bout du rou­leau.

Les yeux bleus de l’af­fiche sont les siens et Destroyer s’ouvre sur un gros plan de son vi­sage. Erin (Ni­cole Kid­man, qua­si mé­con­nais­sable) est dans sa voi­ture. Elle vient de se rendre sur les lieux d’un crime. Al­coo­lique, les yeux cer­nés, vides, elle exa­mine le ca­davre au grand dam de deux col­lègues af­fec­tés à l’en­quête. Par contre, ce qu’elle dé­couvre sur le corps lui per­met d’ap­prendre que Si­las (To­by Keb­bell), son en­ne­mi, est de re­tour.

Pour nous faire com­prendre les te­nants et abou­tis­sants de cette in­trigue, les scé­na­ristes Phil Hay et Matt Man­fre­di se servent et abusent de re­tours en ar­rière. On y voit une Erin moins amo­chée par la vie. On y fait la connais­sance de Ch­ris (Se­bas­tian Stan), son ex, de qui elle est tom­bée amou­reuse en in­fil­trant le gang dont Si­las est le chef.

Les al­lers et re­tours par­viennent, de ma­nière sur­pre­nante, à exa­cer­ber le sen­ti­ment de claus­tro­pho­bie qu’éprouve le spec­ta­teur. La vie d’Erin, quel que soit le mo­ment au­quel on l’ob­serve, est un cul-de-sac, de mau­vaises dé­ci­sions et d’oc­ca­sions ra­tées. À des­sein ou non, elle n’est en­tou­rée que de per­sonnes glauques à sou­hait, y com­pris sa fille (Jade Pet­ty­john), tom­bée sous la fé­rule d’un homme peu re­com­man­dable.

BIEN, MAIS SANS PLUS...

Même si le long mé­trage est une sorte de casse-tête pa­tiem­ment as­sem­blé par la ci­néaste, on ne sait que trop bien – et ce, fort ra­pi­de­ment – que toute cette his­toire se ter­mi­ne­ra à l’amé­ri­caine, avec ré­demp­tion et sa­cri­fice à la clé.

Ni­cole Kid­man est consi­dé­ra­ble­ment en­lai­die pour les be­soins de ce rôle. Au contraire de son éblouis­sante pres­ta­tion dans Les heures, où elle in­carne Vir­gi­nia Woolf (ce qui lui a d’ailleurs va­lu un Os­car), son Erin ne par­vient ja­mais à nous ha­bi­ter.

On a l’impression, pen­dant les 123 mi­nutes de Destroyer, que Ka­ryn Ku­sa­ma tient à main­te­nir une dis­tance entre le pu­blic et les per­son­nages, comme s’ils ne consti­tuaient qu’une al­lé­go­rie. Mal­heu­reu­se­ment, on peine à trou­ver un mes­sage sous-ja­cent pro­fond, si bien que le film s’avère un polar psy­cho­lo­gique ni meilleur ni pire que d’autres du même genre.

Ni­cole Kid­man

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