DEUX PAS­SIONS COM­PLÉ­MEN­TAIRES

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - BRU­NO LA­POINTE Le Jour­nal de Mon­tréal bru­no.la­pointe @que­be­cor­me­dia.com

Du plus loin qu’il se sou­vienne, le Dr Christian Bou­ka­ram a uti­li­sé son pia­no pour s’éva­der loin de ses tra­cas quo­ti­diens. Au fil des ans, ses iden­ti­tés de mu­si­cien et de mé­de­cin se sont scin­dés, de­ve­nant à ja­mais in­dis­so­ciables.

« La musique fait par­tie de moi; elle se­ra tou­jours dans ma vie. C’est un be­soin in­né. Beau­coup plus qu’une pas­sion, c’est une thé­ra­pie », confie le spé­cia­liste en can­cé­ro­lo­gie.

Il n’avait que 5 ans lors­qu’il a po­sé ses doigts sur le pia­no familial pour la pre­mière fois, dans son Li­ban na­tal.

La musique est ra­pi­de­ment de­ve­nue une bouée de sau­ve­tage pour tra­ver­ser la dure réa­li­té de l’époque.

« Pen­dant la guerre, on ne vou­lait pas sor­tir de la mai­son parce qu’on avait peur des bombes. Un en­fant a be­soin de s’échap­per, et le pia­no était par­fait pour ça. Ça a été ma ma solution », dit-il.

Cette pas­sion l’a sui­vi jus­qu’au Québec où sa fa­mille s’est ins­tal­lée lors­qu’il avait 13 ans. Et elle ne l’a ja­mais quit­té. À ses connais­sances de base, ac­quises au Moyen-Orient, s’est ajou­tée une for­ma­tion plus ap­pro­fon­die à Mon­tréal, en plus de cours pri­vés de chant sui­vis en marge de sa car­rière mé­di­cale.

Car Dr Bou­ka­ram n’a ja­mais en­vi­sa­gé dé­lais­ser la musique au pro­fit de la mé­de­cine.

Il a tou­jours été clair pour lui que les deux pas­sions de­vaient co­ha­bi­ter afin de main­te­nir un équi­libre qu’il juge né­ces­saire à sa pra­tique.

« Les émo­tions que je vis au tra­vail ali­mentent ma musique. Et la musique m’ap­porte l’équi­libre qui me per­met d’être un meilleur mé­de­cin. C’est com­plé­men­taire. Jouer du pia­no est ma ma­nière de ca­na­li­ser toutes les émo­tions que je vis ici [à l’hô­pi­tal]. La musique, c’est ma ca­thar­sis », dit-il.

CHO­RALE

Voyant à quel point la musique lui était bé­né­fique, Dr Bou­ka­ram a dé­ci­dé de par­ta­ger sa pas­sion pour la musique avec ses patients. Ain­si nais­sait la cho­rale CROIRE, un choeur de quelques di­zaines de cho­ristes se réunis­sant sur une base heb­do­ma­daire pour ré­pé­ter.

Et les ef­fets n’ont pas tar­dé à se faire re­mar­quer.

« Ils ar­rivent aux ré­pé­ti­tions fa­ti­gués et ils en res­sortent épa­nouis. Ça leur fait réel­le­ment du bien de se chan­ger les idées en­semble. Les études dé­montrent que la musique peut di­mi­nuer la per­cep­tion de la dou­leur. Car la dou­leur a une im­por­tante com­po­sante psy­cho­lo­gique, en plus de phy­sique », ex­plique le spé­cia­liste.

Le pu­blic peut dé­cou­vrir le fruit de leurs ef­forts avec deux concerts bé­né­fices se­mes­triels. Les sommes amas­sées au cours de ces soi­rées sont alors in­ves­ties dans le fonds CROIRE, vi­sant à amé­lio­rer la qua­li­té de vie des patients au cours de leur lutte contre le can­cer.

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