JE SUIS DE TOUT COEUR AVEC PARIS »

Le Journal de Quebec - Weekend - - WEEKEND - PA­TRICK DE­LISLE-CREVIER

Lundi 15 avril, peu avant 19 h, heure de Paris, un in­cen­die se dé­clare dans les combles de la ca­thé­drale Notre-Dame de Paris. Il s’en est fal­lu de peu pour que la ca­thé­drale au grand com­plet dis­pa­raisse. Mais le tra­vail de plus de 400 pom­piers a pu sauver in ex­tre­mis la struc­ture du mo­nu­ment. Au len­de­main de cette tra­gé­die, le monde en­tier était sous le choc. Bruno Pel­le­tier, le Grin­goire de la co­mé­die mu­si­cale Notre-Dame

de Paris, qui a chan­té Le temps des ca­thé­drales par­tout dans le monde, était com­plè­te­ment at­ter­ré de voir cet en­droit, si mar­quant pour lui, vic­time des flammes. Bruno, que re­pré­sente la ca­thé­drale Notre-Dame de Paris pour toi?

Cet en­droit est par­mi les plus beaux du monde. C’est un joyau de l’hu­ma­ni­té. Et de voir un tel bi­jou s’en­vo­ler en grande par­tie en fu­mée, ça m’at­triste beau­coup. Il n’y a pas de mots pour dé­crire l’im­men­si­té des pertes. C’est quelque chose de gi­gan­tesque. Je suis de tout coeur avec Paris et j’es­père qu’on pour­ra re­cons­truire ra­pi­de­ment cet en­droit my­thique et unique.

Com­ment as-tu ac­cueilli cette nou­velle?

J’étais trou­blé et je vi­vais beau­coup d’émo­tions. Je me sens étroi­te­ment lié à cette ca­thé­drale et je me sens choyé d’avoir pu chan­ter son his­toire. C’est l’hu­ma­ni­té en en­tier qui perd quelque chose d’im­mense et de si beau. C’est trou­blant de voir un mo­nu­ment ar­chi­tec­tu­ra­le­ment si ma­jes­tueux disparaîtr­e ain­si. Je suis sous le choc. Au­jourd’hui, la pla­nète au com­plet est so­li­daire avec la France, et j’es­père que les pertes se­ront moins im­menses qu’on peut le croire.

Te sou­viens-tu de la pre­mière fois que tu as vi­si­té cet en­droit?

Je me sou­viens qu’en 1996, avant le dé­but du pro­jet Notre-Dame de Paris, j’avais lu le ro­man de Vic­tor Hu­go. En­suite, j’ai eu en­vie d’al­ler voir de mes propres yeux cet en­droit. J’ai vi­si­té la Ci­té et en­suite, je suis en­tré dans la ca­thé­drale. J’ai été alors ébloui par la ma­gni­fi­cence des lieux et éba­hi par tant de beau­té.

Avec Le temps des ca­thé­drales, tu as chan­té en quelque sorte cet en­droit par­tout dans le monde. Est-ce que cette chan­son prend un autre sens pour toi au­jourd’hui?

Oui, elle est en­core plus lourde de sens. Je me rends en­core plus compte de l’am­pleur du sym­bole qu’est No­treDame de Paris. À l’époque du Temps

des ca­thé­drales, ces mo­nu­ments ont été une fa­çon pour l’homme de s’éle­ver et de se rap­pro­cher de Dieu. De là naît le gi­gan­tisme, et c’est ain­si que « l’homme a vou­lu mon­ter vers les étoiles. Écrire son his­toire. Dans le verre ou dans la pierre », comme le dit la chan­son. Luc Pla­mon­don a tel­le­ment su mettre en mots cet as­pect his­to­rique.

Vingt ans après la créa­tion de Notre

Dame de Paris, quel sou­ve­nir gar­des­tu de ce spec­tacle?

À l’époque, nous étions sept chan­teurs à ne pas trop se dou­ter de l’am­pleur qu’al­lait avoir ce spec­tacle. En peu de temps, cette créa­tion a été reconnue par­tout dans le monde, et ç’a aus­si pro­pul­sé nos car­rières. Pour moi, ç’a été deux an­nées fan­tas­tiques de ma vie! Je ne vais ja­mais ou­blier ça. Je vais tou­jours conti­nuer de chan­ter ces chan­sons dans mes spec­tacles. Je suis uni à tout ça pour la vie. En ce mo­ment, Bruno Pel­le­tier en­re­gistre un al­bum avec l’Or­chestre sym­pho­nique de Lon­gueuil, dont la sor­tie est pré­vue en sep­tembre.

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