LE GRAND RE­TOUR D’EMI­LY

Le Journal de Quebec - Weekend - - LIVRES - MARIE-FRANCE BORNAIS Le Jour­nal de Québec

Quinze ans après la pu­bli­ca­tion du best-sel­ler Le Diable s’ha

bille en Pra­da, adap­té à l’écran avec l’in­ou­bliable pres­ta­tion de Me­ryl Streep en Mi­ran­da Priest­ly, la dé­tes­table édi­trice d’un ma­ga­zine de mode, la ro­man­cière amé­ri­caine Lau­ren Weis­ber­ger replonge dans l’uni­vers gla­mour mais exi­geant d’Emi­ly Charl­ton, l’ex-sta­giaire, dans son nou­veau ro­man, L’enfer est pa­vé de bonnes in­ten­tions.

Les fans re­trou­ve­ront avec plai­sir Emi­ly dans cette dé­cli­nai­son ( spin-off) très at­ten­due et hu­mo­ris­tique du Diable s’ha­bille en Pra­da.

Cette fois, l’ac­tion du ro­man se dé­roule non pas au coeur de Man­hat­tan, mais dans la chic ban­lieue de Green­wich, au Con­nec­ti­cut.

Une ville où les pe­louses sont ma­gni­fi­que­ment en­tre­te­nues, où les femmes sont tout aus­si parfaites, et où tout le monde est à la re­cherche d’une bonne ru­meur ou d’un com­men­taire à faire sur ses voi­sins.

Dans cette ban­lieue par­faite, Miriam, ex-as­so­ciée dans un des plus grands ca­bi­nets d’avo­cats de New York, ap­pri­voise sa nou­velle vie de « femme au foyer ».

Ka­ro­li­na, une ex- top model main­te­nant ma­riée avec le nou­veau sé­na­teur de l’État de New York, est ar­rê­tée pour conduite en état d’ébrié­té et tente de sau­ver la face.

Cette mésa­ven­ture tombe dans les cordes d’Emi­ly, qui s’est re­con­ver­tie en consul­tante en image à Hol­ly­wood, de­puis sa dé­mis­sion du ma­ga­zine de mode Run­way.

Les trois femmes de­vront faire front com­mun pour se sor­tir de la crise dans la­quelle elles sont plon­gées. DÉ­MÉ­NA­GE­MENT

Lau­ren Weis­ber­ger a eu beaucoup de plai­sir à re­trou­ver les per­son­nages du Diable s’ha­bille en Pra­da, dit-elle en en­tre­vue.

Son ro­man — une sa­tire so­ciale bien sen­tie — est rem­pli de piques bien ai­gui­sées, de re­marques crous­tillantes et de re­bon­dis­se­ments in­at­ten­dus.

« J’ai ré­cem­ment quit­té la ville pour al­ler vivre en ban­lieue. Ce que j’y ai re­trou­vé m’a beaucoup sur­prise... au point où je trou­vais que c’était du ma­té­riel sen­sa­tion­nel pour un nou­veau ro­man. Je n’ai pas pu m’em­pê­cher de don­ner une nou­velle chance à Emi­ly, puis­qu’elle est l’un de mes per­son­nages pré­fé­rés. » AU GOÛT DU JOUR

Lau­ren Weis­ber­ger ajoute qu’elle adore écrire à par­tir du point de vue d’Emi­ly.

« Elle dit ce que tout le monde sou­hai­te­rait dire... mais n’a pas vrai­ment le courage de le dire. C’était agréable de re­vi­si­ter sa vie, mais en la re­pla­çant dans un en­vi­ron­ne­ment com­plè­te­ment neuf et frais. J’étais cu­rieuse de voir où mes per­son­nages étaient ren­dus, au­jourd’hui. »

« Lorsque le ro­man com­mence, Emi­ly tra­verse une pé­riode que plu­sieurs femmes de son âge tra­versent : consta­ter qu’une per­sonne plus jeune qu’elle ar­rive dans son mi­lieu, une per­sonne qui com­prend beaucoup mieux qu’elle tout ce qui concerne les ré­seaux so­ciaux, la di­ver­si­té, la pro­mo­tion, l’au­to­pro­mo­tion. J’aime cette idée : Emi­ly est une femme forte, in­tel­li­gente, qui a confiance en elle. Elle est ma­riée, elle a sa propre en­tre­prise, mais elle a tou­jours des doutes, comme tout le monde. » Quand elle a écrit Le Diable s’ha­bille

en Pra­da, les ré­seaux so­ciaux étaient absents du pay­sage.

« Que ça nous plaise ou pas, les ré­seaux so­ciaux se sont infiltrés par­tout », dit la ro­man­cière. « C’était na­tu­rel que mes per­son­nages y soient confron­tés. » Lau­ren Weis­ber­ger est née en Penn­syl­va­nie en 1976. Elle est l’au­teure de la co­mé­die Le Diable s’ha­bille en Pra­da, adap­té au cinéma, et de La Ven­geance en Pra­da.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.