LA­RA FA­BIAN TOU­CHÉE EN PLEIN COEUR

Les per­son­na­li­tés pu­bliques sont constam­ment sol­li­ci­tées pour épou­ser telle ou telle cause. Plus rares sont celles qui pro­posent leurs ser­vices avant même qu’on leur ait de­man­dé quoi que ce soit. La­ra Fa­bian entre dans cette der­nière ca­té­go­rie.

Le Journal de Quebec - Weekend - - NEWS - MARC-AN­DRÉ LE­MIEUX Le Jour­nal de Mon­tréal marc-andre.le­mieux @que­be­cor­me­dia.com

Le tout s’est pas­sé en oc­tobre der­nier au Hot Dog Ca­fé de Bros­sard, où La­ra Fa­bian, son conjoint Ga­briel Di Gior­gio, et leur chien Kay­la ont dé­ci­dé de s’ar­rê­ter par ha­sard. Une fois dans l’éta­blis­se­ment, une jeune femme aborde la chan­teuse, lui ré­vèle com­bien sa mère l’aime de­puis très long­temps, etc.

La conver­sa­tion prend une tour­nure in­at­ten­due quand La­ra Fa­bian de­mande à son in­ter­lo­cu­trice ce qu’elle fait dans la vie. « Je me bats pour qu’une fon­da­tion existe », lui ré­pond Marie-Eve Gi­rard, men­tion­nant au pas­sage qu’elle di­rige la Fon­da­tion Les­ki, un or­ga­nisme à but non lu­cra­tif ayant comme mis­sion de venir en aide aux per­sonnes vic­times d’actes cri­mi­nels, de même qu’aux per­sonnes souf­frant de troubles de santé men­tale ou d’une forme par­ti­cu­lière d’au­tisme.

« Elle m’ex­plique qu’elle se bat pour per­mettre aux gens qui, comme elle, souffrent d’an­goisse, d’être ac­com­pa­gnés par quelque chose de ponc­tuel, comme un ani­mal d’as­sis­tance », ra­conte La­ra Fa­bian en en­tre­vue au Jour­nal.

Le dis­cours de Marie-Eve Gi­rard touche éga­le­ment Ga­briel Di Gior­gio, plus par­ti­cu­liè­re­ment quand elle in­dique qu’un ani­mal lui a sau­vé la vie. « Sans ani­mal, je serais in­com­plet, in­siste le com­pa­gnon de l’au­teure-com­po­si­trice. Je serais ex­trê­me­ment déso­rien­té en so­cié­té. »

Émue par tout ce qu’elle en­tend, La­ra Fa­bian dé­cide de s’im­pli­quer et d’of­frir ses ser­vices à titre de porte-pa­role. « Pen­dant que Marie-Eve me par­lait, j’en­ten­dais l’his­toire de mon chum, ra­conte-t-elle. Il a per­du un ani­mal il y a trois ans. Ça a été très, très dif­fi­cile. Quand Kay­la est ar­ri­vée dans notre vie, je l’ai vu chan­ger du tout au tout. »

UNE DIF­FÉ­RENCE

En dé­but de car­rière, La­ra Fa­bian a vite com­pris qu’elle pou­vait jouer un rôle so­cial im­por­tant, non seule­ment en uti­li­sant sa cé­lé­bri­té pour mettre en lu­mière des causes lé­gi­times, mais en abor­dant des su­jets sen­sibles dans ses chan­sons. Elle se sou­vient no­tam­ment d’un té­moi­gnage re­çu après la sor­tie du disque Pure (1996), sur le­quel fi­gu­rait La

dif­fé­rence, une bal­lade dans la­quelle elle par­lait d’ho­mo­sexua­li­té.

« Un jour, un jeune gar­çon est ve­nu me voir et m’a dit : “Si vous n’aviez pas écrit La dif­fé­rence, je serais mort au­jourd’hui.” Ça m’a fait réa­li­ser qu’on peut mettre notre image et notre art au ser­vice de quelque chose de plus grand que nous. »

« Ma vie, c’est don­ner au sui­vant, ajoute celle qui était ré­cem­ment à Cannes pour chan­ter au Glo­bal Gift Ini­tia­tive Ga­la d’Eva Lon­go­ria. Ma vie, c’est contri­buer d’une fa­çon ou d’une autre. Ma vie, c’est faire quelque chose qui de­main, pour­rait faire une pe­tite dif­fé­rence. »

Dans un mes­sage trans­mis au Jour­nal, la pré­si­dente de Les­ki, Marie-Eve Gi­rard, par­tage sa joie de pou­voir comp­ter sur La­ra Fa­bian pour faire rayon­ner sa jeune fon­da­tion.

« La­ra est une femme ex­trê­me­ment sen­sible et gé­né­reuse, écrit-elle. Grâce à sa no­to­rié­té, elle est en me­sure de don­ner une voix à notre clien­tèle, qui elle, en est sou­vent tout sim­ple­ment in­ca­pable. »

« UN VRAI MI­RACLE »

Le chien de La­ra Fa­bian et Ga­briel Di Gior­gio, Kay­la, a sui­vi un en­traî­ne­ment ri­gou­reux pour ob­te­nir sa cer­ti­fi­ca­tion d’ani­mal d’as­sis­tance Les­ki. Comme tous les autres chiens ayant réus­si à pas­ser les tests, il pour­rait ac­com­pa­gner un intervenan­t dans dif­fé­rentes si­tua­tions, comme sou­te­nir une per­sonne du­rant son pro­cès contre son agres­seur ou bien ac­com­pa­gner une victime à des ren­dez-vous mé­di­caux.

« Ce que j’aime, c’est de voir à quel point c’est concret, in­dique La­ra Fa­bian. Quand Marie-Eve amène un des chiens pas­ser une jour­née au­près d’une pe­tite fille qui s’est fait vio­ler, qui a be­soin de ré­con­fort et qui ne peut pas par­ler de ce qui s’est pas­sé parce qu’elle n’a pas les mots pour l’ex­pri­mer, le chien sent ce lan­gage non ver­bal et gué­rit l’en­fant en l’es­pace de quelques heures. C’est un vrai mi­racle. » La Fon­da­tion Les­ki tient sa pre­mière soi­rée-bé­né­fice le ven­dre­di 14 juin au Mar­ché Bon­se­cours à Mon­tréal. Les dé­tails au fon­da­tion­les­ki.com

La­ra Fa­bian avec son conjoint, Ga­briel Di Gior­gio, et leur chien, Kay­la.

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