Le Journal de Quebec

L’union fait la force

- KARINE GAGNON Adjointe au directeur de l'informatio­n karine.gagnon @quebecorme­dia.com

Le jour où le maire de Québec a fait part de son souhait d’organiser une conférence de presse commune avec le Port, l’aéroport, l’université Laval et L’INO en prévision des élections fédérales, Jean-guy Paquet a, de son propre aveu, sauté de joie sur sa chaise.

C’est que M. Paquet, qui est président du conseil de l’institut national d’optique (INO), fut l’un des premiers intervenan­ts de la région à sonner l’alarme au début des années 80. On venait d’annoncer la création de 15 centres de recherche à travers le Canada. Il y en avait un peu partout, mais pas à Québec.

M. Paquet croit qu’on avait un peu «dormi sur la switch» à l’époque. Alors recteur de l’université Laval, il s’est dit: il est temps qu’on se réveille. Le Groupe d’action pour l’avancement technologi­que et industriel de la région de Québec (GATIQ) fut alors fondé, et M. Paquet a lancé en conférence un appel à la révolution technologi­que.

DEUXIÈME SOUFFLE

Une trentaine d’années plus tard, l’heure est venue de donner un second souffle à ce virage. En ces temps où le discours de rigueur budgétaire occupe l’espace public, il faut aussi penser à l’avenir et faire place à l’innovation. Parce que ça va vite, et que la compétitio­n est forte partout sur la planète, souligne ce passionné: en Chine, on ouvre un aéroport par mois.

Le meilleur moyen pour Québec de tirer son épingle du jeu paraît très logique, c’est d’y aller avec l’union des dirigeants de quatre grandes organisati­ons de Québec, qui s’appuient sur des acquis pour faire de Québec une ville encore plus dynamique et progressiv­e.

Est-il vraiment normal que L’INO, qui s’impose pourtant en leader mondial en optique et photonique, doive sans cesse se battre pour son budget? Est-il vraiment raisonnabl­e que le fédéral n’ait toujours pas donné son appui à un centre de prédédouan­ement pour l’aéroport de Québec? C’est une condition qu’impose le gouverneme­nt américain, et il n’y a pas de nombre limite ni de compétitio­n au Canada, selon le pdg de l’aéroport de Québec.

IMPORTANT VIRAGE

Le maire a de son côté effectué un important virage en ce qui a trait à cette liste d’épicerie. En 2011, il était plutôt question de tramway et surtout de TGV, pour lequel il réclamait un signal clair. Le Canada, selon lui, était encore à l’âge de pierre pour son réseau de transport. L’anneau de glace figurait aussi parmi les priorités, il y a quatre ans, le maire disant souhaiter qu’une grande injustice soit réparée. L’argent est réservé, tant au fédéral qu’au provincial, mais on attend un signal de la Ville et les enveloppes ne seront pas disponible­s indéfinime­nt.

Le maire parle aujourd’hui, pour ces trois cas, de «demandes génériques», ce qu’il a corrigé pour «générales» après la conférence de presse. Il a voulu, m’a-t-il expliqué, y aller cette fois avec de grands projets structuran­ts qui viendront consacrer l’économie de Québec.

Quant au pont de Québec, on le classe plutôt comme «cas spécial», pour employer les termes du maire. Dommage, on a raté une belle occasion d’en faire une priorité.

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