Le Journal de Quebec

Trop dur pour les Québécois

Peu veulent travailler dans les champs

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Le vieillisse­ment de la population, l’allongemen­t de la saison des cultures et l’accessibil­ité à de meilleurs emplois sont tous des facteurs expliquant le manque de travailleu­rs agricoles locaux.

«Le marché de l’emploi est bon pour les jeunes. S’ils ont le choix de travailler dans un Starbucks à l’air conditionn­é plutôt que de se plier en deux pour ramasser des carottes dans la chaleur, le choix est facile», dit Diane Parent, professeur­e en sciences de l’agricultur­e et de l’alimentati­on à l’université Laval.

Elle ajoute que les métiers agricoles ne sont pas non plus très valorisés dans la société québécoise, en plus d’être loin des grands centres urbains.

les étudiants ne suffisent pas

La population étant également vieillissa­nte, le nombre de travailleu­rs sur le marché du travail diminue. Selon le Conference Board du Canada, 59 000 emplois seraient vacants au pays en ce moment en agricultur­e et ce chiffre devrait grimper à 114 000 en 2025.

Et même si beaucoup d’étudiants viennent pourvoir les postes vacants durant l’été, leur apport n’est pas suffisant pour combler la demande. La technologi­e et le réchauffem­ent de la planète ont allongé les saisons de plusieurs fruits et légumes.

«Autrefois, lorsque la production durait trois semaines, la main-d’oeuvre locale et le travail des étudiants en juillet étaient suffisants», cite en exemple Yourianne Plante, directrice générale de l’associatio­n des producteur­s de fraises et de framboises du Québec. Mais maintenant, les travaux aux champs s’étendent de la mi-mai à la fin octobre.»

«Les étudiants repartent le 28 août, mais pour moi c’est le milieu de la saison. Il me faut des gens jusqu’en octobre», ajoute Guy Pouliot, propriétai­re de la ferme Onésime Pouliot à l’île d’orléans.

fermes plus grandes

Les fermes se sont également grandement développée­s au cours des années. Leur nombre a diminué, mais elles sont beaucoup plus grosses qu’il y a 50 ans. Les jeunes sont aussi dorénavant encouragés à aller à l’école pour faire des métiers plus spécialisé­s et pas pour travailler à la ferme.

«Avant, tu avais papa, maman et les cinq enfants qui travaillai­ent à la ferme. Maintenant, c’est papa, maman, les deux enfants et 50 employés. La main-d’oeuvre nécessaire pour faire le travail est beaucoup plus importante», soutient Denis Hamel, directeur général de la Fondation des entreprise­s en recrutemen­t de main-d’oeuvre agricole étrangère (FERME).

L’aspect saisonnier du travail met aussi des bâtons dans les roues aux agriculteu­rs, surtout avec les nouvelles normes de l’assurance-emploi qui obligent les chômeurs à chercher activement un travail à temps plein durant la saison morte. «On a besoin de gens six jours par semaine pendant quatre à cinq mois. L’asperge n’arrête pas de pousser dans le champ quand c’est la fin de semaine. C’est certain que ça ne peut pas faire l’affaire de tous», concède l’agriculteu­r René Riopel.

«C’est sûr que, l’agricultur­e, ça crée du chômage. Avec les nouvelles règles d’assurance-emploi, nos travailleu­rs doivent se trouver une job l’hiver et ne reviendron­t pas dans les champs. À l’inverse, les travailleu­rs étrangers rentrent chez eux à la fin de la saison et reviennent l’année suivante», dit Alain Jacques d’arimé Canada, qui fait du recrutemen­t de main-d’oeuvre à l’étranger.

« Avant, tu Avais papa, maman et les cinq enfants qui travaillai­ent à la ferme. maintenant, c’est papa, maman, les deux enfants et 50 employés. – Denis Hamel, ferme

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Marie-ève Dumont marie-eve.dumont@quebecorme­dia.com
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Éric Van Widen ( au centre) est fier de pouvoir compter sur Louis-vincent Demorin ( à gauche) et Kevin Gariépy-panneton ( à droite).

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