Le Journal de Quebec

Allergique aux allergies

-

S’il y a un boulot que je n’aimerais pas faire, c’est bien de travailler dans une cafétéria.

Entre les allergies des uns et des autres, les régimes alimentair­es «religieux», les végétalien­s, les végétarien­s, les antigluten et les capricieux qui multiplien­t les requêtes folichonne­s pour se rendre intéressan­ts, faire de la bouffe est devenu une activité à haut risque.

Faut avoir de bonnes assurances…

ALLERGIQUE­ÀTOUT

Dans les CPE, c’est devenu un véritable casse-tête.

«Aurélie Binet-bonneau: allergique aux oeufs.

Aïda Ben SimonTremb­lay: allergique à la moutarde.

Tchang Trudeau-desroches: allergique aux arachides, au soja et aux légumineus­es.

Hugo Pineau-gonzalez: allergique aux tomates…»

Vous imaginez, nourrir tout ce beau monde?

La seule chose qu’ils peuvent tous manger en même temps, c’est de la gomme. Et encore…

Ajoutez ceux qui mangent halal et ceux qui mangent casher, et vous devenez complèteme­nt dingue…

Coudonc, ça vient d’où, toutes ces allergies?

Je ne veux pas avoir l’air d’un vieux croûton qui passe son temps à dire: «Dans mon temps», mais dans mon temps, on mangeait tout ce qui passait.

Je ne me souviens pas d’un ami qui avait une quelconque allergie.

On bouffait n’importe quoi, n’importe où, n’importe quand.

Du Kik Cola, des chips Fiesta, de la liqueur Lucky One, des pogos, du Denis aux fraises, des lèvres en cire, des Alpha-getti, du Chef Boyardee, des gâteaux faits avec de la mayonnaise Kraft — amenez-en d’la chnoute!

À l’époque, on avait le système immunitair­e tellement fort que même le chef Groleau de RBO aurait pu travailler dans une cafétéria d’école.

«Au menu aujourd’hui: une tourlouche d’astourne avec du crastillon bien dégorgé!»

Travailler dans une cafétéria est devenu un casse-tête...

UN PHÉNOMÈNE AMÉRICAIN ?

Il y a quelques années, on a remarqué que ma fille cadette avait des plaques rouges un peu partout sur le corps quand elle sortait de la piscine.

«Ça a sûrement quelque chose à voir avec le chlore», se disait-on.

Eh non! Le médecin nous a appris que ma fille était allergique au froid. Pas de farce. Elle ne peut plus se lancer tête première dans une piscine trop froide, car elle risque d’avoir une réaction violente. Elle doit «apprivoise­r la températur­e de l’eau» en se mouillant par étapes: d’abord les pieds, ensuite un peu d’eau sur la nuque, etc.

Je n’avais jamais entendu parler de ça.

On me dirait que des enfants sont allergique­s au vent ou à l’air que ça ne me surprendra­it pas.

Chaque fois que je parle de ça à des Québécois originaire­s d’europe, ils me disent toujours la même chose: «En Europe, il n’y a pas autant d’allergies qu’ici. C’est un phénomène typiquemen­t nord-américain.»

Qui sait? On y va peut-être un peu trop fort sur le Purell. Il faudrait réapprendr­e à manger du sable.

TARTARE DE SAUMON

Cela dit, pour revenir à l’histoire du gars qui a dû être hospitalis­é d’urgence après avoir mangé un tartare de saumon à Sherbrooke, c’est vrai que certains serveurs ne prennent pas les allergies au sérieux.

Mais en même temps, quand tu souffres d’une allergie potentiell­ement mortelle, n’est-ce pas ta responsabi­lité première de toujours traîner un Epipen avec toi?

 ??  ??

Newspapers in French

Newspapers from Canada