Le Journal de Quebec

La bataille est loin d’être gagnée

- MATHIEU BOULAY

SAINT-HYACINTHE | Le dopage a toujours fait partie des moeurs de l’haltérophi­lie et les nombreux cas dans les compétitio­ns d’envergure au cours des dernières décennies sont là pour le prouver.

Malgré les sanctions imposées aux haltérophi­les russes à quelques jours du début des Jeux de Rio, la bataille est loin d’être gagnée selon Yvan Darsigny.

«Il va y en avoir [du dopage] tant que la Fédération internatio­nale [IWF] ne mettra pas ses vraies culottes, a déclaré le Maskoutain. Ils les ont mises un peu, mais je crois qu’ils veulent doser leurs interventi­ons pour ne pas faire planter notre sport.

«Pour ma part, je veux qu’ils l’éliminent à la grandeur de la planète, car cela permettrai­t à nos athlètes de jouer à armes égales avec ceux des autres pays. Présenteme­nt, ils sont loin des podiums parce qu’il y a encore trop de dopage en Europe et dans les anciens pays de L’URSS.»

une culture présente avant 1988

Avant les Jeux de 1988 présentés à Séoul, les haltérophi­les canadiens n’hésitaient pas à ingérer certains produits dopants afin d’être au même niveau que leurs adversaire­s.

Yvan Darsigny, qui a participé aux Jeux de Los Angeles en 1984, n’a pas peur de l’admettre.

«Je ne m’en cache pas. On a connu le système de dopage, a-t-il affirmé. On était bien encadré sur le plan médical.

«Avec plusieurs années de recul, je regrette d’avoir été initié à cela. Les performanc­es que j’ai réalisées avec ces produits, je les ai répétées quelques années plus tard alors que j’étais propre.»

À l’époque, la pression était forte pour qu’il en consomme.

«Ça m’avait été imposé d’une certaine façon, a raconté Darsigny. On me disait que j’étais assuré de prendre part aux JO si j’en prenais. Ils t’acculent contre le mur et te disent que c’est la seule solution pour t’assurer d’une participat­ion aux Jeux.»

tolérance zéro

Depuis le scandale de Ben Johnson en 1988, le Canada a serré la vis en matière de dopage.

D’ailleurs, Darsigny est convaincu que tous les haltérophi­les de l’unifolié sont propres depuis les Jeux de Barcelone en 1992. «Certains autres pays ont emboîté le pas comme les États-unis, la Suède, la Bulgarie et la Grèce, a mentionné Darsigny. Lorsque certaines nations sont prises en faute, le sport plante souvent par la suite.

«On ne veut plus voir cela, car l’haltérophi­lie a trop souffert dans le passé en raison du dopage. Je ne voudrais pas que ça revienne à ce que nous avons vécu.»

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