Le Journal de Quebec

Une seconde vie pour la vieille peinture

L’entreprise produit trois millions de litres de peinture recyclée par année

- AMÉLIE ST-YVES

VICTORIAVI­LLE | Six mille tonnes de peinture usagée convergent chaque année vers Victoriavi­lle, avec lesquelles on produit trois millions de litres de peinture recyclée, 15 fois plus qu’au début des années 2000.

Bleu foncé, bleu pâle, jaune, mauve. Tous les vieux contenants de peinture rapportés dans les écocentres de la province sont transporté­s à Victoriavi­lle, où quatre robots séparent les couleurs en une trentaine de teintes différente­s. Quelque 9000 pots de peinture peuvent ainsi être triés dans un seul quart de travail à l’usine de Laurentide re/sources.

Des grands contenants de 1000 litres accumulent les mixtures qui serviront de base à la création des peintures neuves recyclées de marque Boomerang.

Un système informatis­é est en mesure de calculer la recette exacte pour concocter la vingtaine de couleurs offertes par la marque, comme «Caffe latte» ou «Château en Espagne».

«On a des équipement­s informatiq­ues qui nous permettent de comparer les standards. On réussit à recréer les mêmes couleurs, avec les mêmes spectres. On fait des couleurs à la mode avec des pots d’il y a 10 ans», explique le directeur des opérations Jean-françois Desnoyers.

NOUVEAUX PRODUITS

L’entreprise travaille également en recherche et développem­ent à créer des produits qui permettrai­ent la réutilisat­ion de teintes difficile à inclure dans les couleurs actuelleme­nt à la mode. Le but est d’accumuler moins de réserves de teintes comme le rose intense et le vert pâle, qu’on a de la difficulté à inclure dans les teintes actuelles.

Le directeur général Mario Clermont dit que le produit ne peut pas être de mauvaise qualité.

«De façon générale, au Québec, les gens achètent une bonne qualité de peinture, ils paient 45-50 $ le gallon. Ce sont ces produits-là qu’on récupère. Il faut juste faire attention à nos couleurs et bien filtrer le produit pour que ce soit lisse», explique-t-il.

Le bas prix de la Boomerang – moins de 20 $ le gallon – reste le principal argument de vente et explique pourquoi la moitié de la production trouve preneur au Canada et l’autre dans des pays africains comme le Sénégal, où les ventes sont bonnes.

80 employés travaillen­t actuelleme­nt à l’usine de Victoriavi­lle.

ÉCOLE SECONDAIRE

Le projet de recyclage de peinture a commencé au milieu des années 1990 à l’école secondaire Le Boisé de Victoriavi­lle.

L’enseignant Normand Maurice pilotait ce programme travail-étude, qui visait à contrer le décrochage scolaire. Les peintures étaient initialeme­nt mélangées à la main, à partir de ce que les étudiants parvenaien­t à trouver.

Le projet a grandi au point où une usine s’est implantée un peu plus loin de l’école à la fin des années 1990. La Société Laurentide s’en est portée acquéreuse en 2003.

Normand Maurice, que plusieurs considèren­t comme le «père de la récupérati­on au Québec», est décédé en 2004.

 ??  ?? Le directeur des opérations JeanFranço­is Desnoyers et le directeur général Mario Clermont sont fiers de la marque Boomerang, qui évite l’enfouissem­ent des restes de peinture.
Le directeur des opérations JeanFranço­is Desnoyers et le directeur général Mario Clermont sont fiers de la marque Boomerang, qui évite l’enfouissem­ent des restes de peinture.

Newspapers in French

Newspapers from Canada